SVETLANA PAVLENKO AUX MU­NI­CI­PALES D'EDMONTON

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

Svetlana Pavlenko se pré­sente aux élec­tions mu­ni­ci­pales d’Edmonton pour le Ward 5, qui au­ront lieu le 16 oc­tobre pro­chain. Ori­gi­naire de Si­bé­rie en Rus­sie, cette doc­teure en phi­lo­so­phie et so­cio­lo­gie compte bien faire du bilinguisme l’un de ses fers de lance de cam­pagne. Fait in­édit, elle a même fait ré­di­ger ses af­fiches dans la langue de Mo­lière. La can­di­date sou­tient le bilinguisme et as­pire à plus d’in­clu­sion. C’est la pre­mière fois qu’un can­di­dat prend la peine de faire des af­fiches en fran­çais lors de telles élec­tions. C’est en juin 2017, lorsque le gou­ver­ne­ment de l’Al­ber­ta a an­non­cé la po­li­tique de ser­vices en fran­çais, que Svetlana Pavlenko est en­trée en contact avec Ri­car­do Mi­ran­da, mi­nistre de la Culture et du Tou­risme en Al­ber­ta, afin de se por­ter vo­lon­taire : « Je res­sens le be­soin et le de­voir d’ai­der à mettre en place ces ser­vices au ni­veau mu­ni­ci­pal », ex­prime-t-elle (ndlr : tra­duit de l’an­glais).

UNE DÉFENSEUSE DES LANGUES OFFICIELLES

L’in­té­rêt de Svetlana Pavlenko pour la langue fran­çaise ne date pas d’hier : « Étant d’ori­gine russe, j’ai tou­jours eu une re­la­tion par­ti­cu­lière avec la culture fran­çaise. Guerre et Paix de Tol­stoï en par­lait dé­jà », évoque-t-elle. Pour la can­di­date, le contexte est hau­te­ment fa­vo­rable à la fran­co­pho­nie. D’abord, au ni­veau de l’ap­pren­tis­sage de la langue : « Les pro­grammes d’im­mer­sion rem­portent un im­mense suc­cès, de plus en plus de gens veulent ap­prendre le fran­çais », ex­plique-t-elle. Puis, sur le plan éco­no­mique : « Alors que la pro­vince es­saie de de­ve­nir une des­ti­na­tion tou­ris­tique forte, le fran­çais consti­tue un atout in­dé­niable pour at­ti­rer des vi­si­teurs, d’Eu­rope no­tam­ment », ana­lyse-telle. Svetlana Pavlenko veut faire res­pec­ter le bilinguisme. « Nous avons deux langues officielles et ce­la doit res­ter comme tel. Avec de plus en plus de per­sonnes de­ve­nant bi­lingues, il y a de plus en plus d’op­por­tu­ni­tés d’ap­prendre, de voya­ger, de s’im­pli­quer dans des évé­ne­ments cultu­rels », éla­bore-t-elle.

LE BILINGUISME COMME OU­TIL D’IN­CLU­SION

La can­di­date croit for­te­ment dans les bien­faits de l’ap­pren­tis­sage des langues : « Elles dé­fi­nissent notre fa­çon de pen­ser, la struc­ture avec la­quelle nous rai­son­nons et nous ana­ly­sons les choses au­tour de nous. Être ca­pable de par­ler plus d’une langue est un atout in­croyable pour com­prendre son en­vi­ron­ne­ment et les gens qui le com­posent », re­lève la rus­so­phone qui a ap­pris l’an­glais, le ja­po­nais, l’hé­breux et bien­tôt le fran­çais ! « Ap­prendre le fran­çais est sur ma liste de choses à faire. Je dois juste trou­ver le temps ! », s’ex­clame-t-elle. Pour la can­di­date, le bilinguisme c’est aus­si de pou­voir na­vi­guer entre les dif­fé­rentes cultures et opi­nions. « Com­prendre son pro­chain par la langue per­met de trou­ver des com­pro­mis et des so­lu­tions avec des per­sonnes aux dif­fé­rences fortes. Éta­blir de vraies re­la­tions de confiance, via la com­mu­ni­ca­tion, est un ob­jec­tif si l’on veut avan­cer en­semble », pré­cise-t-elle. Son slo­gan de cam­pagne, ‘Amé­lio­rons l’ha­bi­ta­bi­li­té d’Edmonton en­semble’ prend ain­si tout son sens. La can­di­date in­vite alors à nous ras­sem­bler au­tour de pro­jets com­muns tout en fai­sant l’ef­fort de se com­prendre. « C’est im­por­tant de pré­ser­ver son hé­ri­tage mais il faut sa­voir aus­si pou­voir s’iden­ti­fier à la culture ca­na­dienne, qu’on soit fran­co­phone, russe, ou peu im­porte », pense-t-elle. La com­mu­nau­té fran­co­phone semble lui te­nir à coeur. « Plus la com­mu­nau­té fran­co­phone est ou­verte, mieux c’est pour tout le monde », constate-t-elle, avant d’ajou­ter : « Je suis sur­prise de voir à quel point la com­mu­nau­té fran­co­phone d’Edmonton est dy­na­mique et le nombre de pro­jets qu’elle met en place. J’ai­me­rais que de plus en plus de monde l’ap­pré­cie non seule­ment d’un point de vue ar­tis­tique et cultu­rel mais aus­si lin­guis­tique », es­time la can­di­date. Les élec­tions mu­ni­ci­pales se dé­rou­le­ront le 16 oc­tobre pro­chain. Reste à voir si la vi­sion des choses de Svetlana Pavlenko trou­ve­ra écho au­près des élec­teurs.

« PLUS LA COM­MU­NAU­TÉ FRAN­CO­PHONE EST OU­VERTE, MIEUX C’EST POUR TOUT LE MONDE »

- SVETLANA PAVLENKO

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