JEUNES LEA­DERS FRAN­CO­PHONES

Sur de­mande du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral, le co­mi­té sé­na­to­rial dé­po­se­ra une étude sur la mo­der­ni­sa­tion de la loi sur les langues of­fi­cielles de 1969. En près de cin­quante ans, la si­tua­tion de la fran­co­pho­nie a bien évo­lué au Ca­na­da et doit être re­mise au goût

Le Franco - - LA UNE - PAR CHARLES-OLI­VIER DU­MONT

À cet ef­fet, le sé­nat ren­con­tre­ra dif­fé­rents re­grou­pe­ments fran­co­phones pour éta­blir une liste de re­com­man­da­tions. Le pre­mier sur la liste : les jeunes is­sus de com­mu­nau­tés mi­no­ri­taires. Avec l’oreille des sé­na­teurs in­dé­pen­dants Re­né Cor­mier et Lu­cie Mon­cion à leur écoute, les jeunes re­pré­sen­tants fran­co­phones des dif­fé­rents pro­vinces et ter­ri­toires n’ont certes pas man­qué l’oc­ca­sion de se faire en­tendre.

PAYS BI­LINGUE, ÉDU­CA­TION BI­LINGUE

L’un des prin­ci­paux points abor­dés par les jeunes fran­co­phones est l’ac­ces­si­bi­li­té à une édu­ca­tion fran­co­phone d’un océan à l’autre. « Si l’on dé­sire main­te­nir une fran­co­pho­nie vi­vante à tra­vers le Ca­na­da, il faut que les jeunes aient ac­cès à une édu­ca­tion post­se­con­daire dans la langue de leur choix », ac­quiesce le sé­na­teur Cor­mier.

Quant à Mar­tin Krei­ner, re­pré­sen­tant de l’Al­ber­ta, la ques­tion de l’ac­cès à l’édu­ca­tion fran­co­phone post­se­con­daire passe d’abord et avant tout par un plus grand nombre de cam­pus et de pro­grammes en langue fran­çaise. « Per­son­nel­le­ment, je me consi­dère chan­ceux. Mon pro­gramme est an­glo­phone, mais je peux suivre trois cours en fran­çais du­rant mon bac­ca­lau­réat de quatre ans. C’est vrai­ment pas beau­coup », men­tion­net-il.

Tou­te­fois, se­lon ce der­nier, l’édu­ca­tion fran­co­phone en mi­lieu mi­no­ri­taire ne doit pas sim­ple­ment se conten­ter d’amé­lio­rer son offre post­se­con­daire. Il y a éga­le­ment un man­que­ment au ni­veau des en­fants en bas âge : « Se­lon la fé­dé­ra­tion des pa­rents fran­co­phones de l’Al­ber­ta, 106 des 300 élèves qui com­mencent la pré­ma­ter­nelle ont d’im­por­tants be­soins de fran­ci­sa­tion », af­firme Mar­tin Krei­ner.

RE­JOINDRE LES COM­MU­NAU­TÉS

Par­mi les autres prio­ri­tés men­tion­nées par les jeunes lea­ders fran­co­phones se trouve l’in­clu­sion des dif­fé­rentes com­mu­nau­tés francophiles au sein des or­ga­nismes de langues fran­çaises en mi­lieu mi­no­ri­taire. « Il faut te­nir compte non seule­ment des fran­co­phones de souche, mais éga­le­ment des nou­veaux ar­ri­vants, ceux qui dé­cident d’ap­prendre le fran­çais, parce qu’ils aiment cette langue et qu’ils aiment vivre dans ce pays», sou­tient Re­né Cor­mier. De plus, la sta­bi­li­té des res­sources hu­maines en mi­lieu mi­no­ri­taire doit éga­le­ment être amé­lio­rée, sou­tiennent les jeunes lea­ders. «C’est un frein à l’épa­nouis­se­ment de la langue fran­çaise. Le per­son­nel change et ça peut de­ve­nir dif­fi­cile d’an­crer des pro­jets à long terme », ajoute le sé­na­teur Cor­mier.

La table ronde des jeunes lea­ders fran­co­phones avec les sé­na­teurs Re­né Cor­mier et Lu­cie Mon­cion.

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