TRA­VER­SÉE DU CA­NA­DA : L'AP­PEL DE L'OUEST

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

Dan­ny Mo­ris­sette, ori­gi­naire de So­rel-Tra­cy au Qué­bec, est tom­bé amou­reux des Ro­cheuses al­ber­taines. Après un an et de­mi pas­sé au pied des mon­tagnes à Banff en 2016, il a dû ren­trer en ur­gence au Qué­bec. Mais le voi­là dé­jà de re­tour après un long road trip avec sa tente sur le toit. Près de 4 000 ki­lo­mètres par­cou­rus et au­cun re­gret, tant l’ap­pel de l’Ouest est ir­ré­sis­tible pour le jeune homme.

Dan­ny Mo­ris­sette a vé­cu à Banff en 2016-2017. Ce qui l’a pous­sé à quit­ter son Qué­bec na­tal : l’ap­pel des grands es­paces de l’Ouest ca­na­dien. « Je suis par­ti sur un coup de tête, à l’aven­ture. J’ai tout quit­té. Je suis par­ti à l’in­con­nu », ra­conte-t-il. D’abord en sé­jour dans la val­lée de l’Oka­na­gan en Co­lom­bie-Bri­tan­nique pour la cueillette de ce­rises, il re­joint très vite Banff en Alberta. « J’avais en­vie d’al­ler dans la na­ture. Je suis un pas­sion­né des ani­maux et du grand air. Je suis ve­nu à Banff avec 200 dol­lars dans les poches, et j’ai pu trou­ver un em­ploi comme ser­veur au res­tau­rant Pa­ci­ni, une chaîne qué­bé­coise qui s’est im­plan­tée dans l’Ouest », ex­plique-t-il.

L’OUEST, RE­MÈDE AUX AFFRES DE LA VIE

Le 18 août 2017, Dan­ny re­çoit un ap­pel de son père res­té au Qué­bec qui lui an­nonce l’ar­rêt car­dio­vas­cu­laire de sa grand­mère. Le jeune Qué­bé­cois part alors à la hâte à son che­vet. Mal­heu­reu­se­ment, elle ne se sor­ti­ra pas de son co­ma, et s’en­suit un long mo­ment de deuil, sui­vi d’autres drames fa­mi­liaux af­fec­tant de près le jeune homme. Les drames pas­sés, Dan­ny res­sent le be­soin de re­tour­ner à Banff. « J’ai une re­la­tion d’amour avec l’Ouest. Il y a une éner­gie in­des­crip­tible qui se dé­gage des Ro­cheuses. Nos pro­blèmes semblent moins lourds, car ce qui nous en­toure est tel­le­ment plus gros », ex­prime-t-il. En tant qu’amou­reux de la na­ture, le Qué­bé­cois s’émer­veille à la ren­contre de la faune lo­cale : wa­pi­tis, che­vreuils, ours… « Par­tout où je re­garde, je suis épous­tou­flé ! », clame-t-il.

LA CONVI­VIA­LI­TÉ ALBERTAINE

Dan­ny Mo­ris­sette est re­ve­nu le 6 avril der­nier à Banff, après un long pé­riple en voi­ture, tente sur le toit, bra­vant trois tem­pêtes de neige et des tem­pé­ra­tures par­fois ex­trêmes. Du­rant son par­cours, il au­ra pu comp­ter sur la gé­né­ro­si­té des ha­bi­tants qu’il a ren­con­trés sur la route : « Les gens sont ai­dants. Un jour, on était pris dans une tem­pête et un couple de per­sonnes âgées nous ont of­fert le dé­jeu­ner chez eux et même de res­ter dor­mir ». Il re­trouve une at­mo­sphère au­then­tique et so­li­daire à Banff : « J’aime l’es­prit de com­mu­nau­té, on connaît les gens per­son­nel­le­ment ici. Il y a beau­coup de Qué­bé­cois, de Fran­co-Al­ber­tains et de Fran­sas­kois. Je reste éton­né qu’il y en ait au­tant. Au Qué­bec, on pense qu’il n’y a au­cun fran­co­phone en de­hors de la pro­vince », re­con­naît-il. Par rap­port au Qué­bec, il constate d’ailleurs, avec plai­sir, que « le fran­çais ici crée des liens ». Si Dan­ny a adop­té l’Alberta, les Al­ber­tains l’ont adop­té. « J’ai dé­cou­vert à quel point les Al­ber­tains sont gen­tils. Les voi­tures s’ar­rêtent pour lais­ser pas­ser, je trouve ça ma­gni­fique ! On fait pas ça au Qué­bec », lâche-t-il. Avant d’ajou­ter : « Je me sens chez moi ici. J’ai en­vie de res­ter long­temps. Je ne me sens pas comme un étran­ger. J’aime les va­leurs de l’Alberta : so­li­da­ri­té, com­mu­nau­té, en­traide, res­pect de la na­ture et d’au­trui », conclut-il. Avis aux fran­co­phones de passage à Banff : Dan­ny pour­ra les ser­vir en fran­çais chez Pa­ci­ni !

« JE SUIS PAR­TI SUR UN COUP DE TÊTE, À L’AVEN­TURE. J’AI TOUT QUIT­TÉ. JE SUIS PAR­TI À L’IN­CON­NU »

- DAN­NY MO­RIS­SETTE

Dan­ny Mo­ris­sette a par­cou­ru plus de 4000 ki­lo­mètres dans les Ro­cheuses

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.