LE SA­VOIR MÉTIS POUR LE BIEN-ÊTRE

Le Franco - - LA UNE - PAR FUAT SEKER

Quelque 21 femmes de six com­mu­nau­tés métis ont cé­lé­bré le 28 juin der­nier le lan­ce­ment du pro­jet San­té et bien-être des femmes métis dans la ré­gion de Ba­toche, en Sas­kat­che­wan. Le but de ce pro­jet est de mettre en va­leur la contri­bu­tion des femmes métis à leur culture. Quatre cher­cheuses d'ori­gine métis, dont Cin­dy Gau­det, pro­fes­seure ad­jointe en études au­toch­tones au Cam­pus Saint-Jean, par­ti­cipent à ce pro­jet.

Ce pro­jet c’est aus­si l’his­toire de 21 femmes qui vont me­ner la vie dure à cette fausse croyance au Ca­na­da, qui ad­met­trait à tort que « les métis re­pré­sentent un groupe d’in­di­vi­dus d’as­cen­dance amé­rin­dienne » (Son­dage - Centre de col­la­bo­ra­tion na­tio­nale de la san­té au­toch­tone – 2016). Pour­tant, Bren­da MacDou­gall, pré­si­dente de la Chaire de re­cherche sur les Métis à l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa, nous l’as­sure dans son livre « La terre, la fa­mille et l’iden­ti­té : contex­tua­li­ser la san­té et le bien-être des Métis » pu­blié en 2017 : « En tant que peuple au­toch­tone, l’iden­ti­té métis est nour­rie et sou­te­nue par son his­toire, ses tra­di­tions et les pra­tiques cultu­relles de leurs an­cêtres… Le dé­ni de l’ap­par­te­nance au­toch­tone des Métis est l’un des dé­ter­mi­nants so­ciaux du bien-être et de la sé­cu­ri­té cultu­relle des Métis ». Réunir au­tour des en­sei­gne­ments des aî­nées Élise San­der­son et Leah Do­rion, était donc à l’ordre du jour du 28 juin. « Le point de dé­part du pro­jet était de mettre en lu­mière les ap­proches de nos an­cêtres pour s'as­su­rer que nos fa­milles vivent et soient bien dans le pré­sent et le fu­tur », nous ex­plique Cin­dy Gau­det pro­fes­seure ad­jointe en études au­toch­tones au Cam­pus Saint-Jean. Du­rant cette jour­née elles ont man­gé, prié, écou­té, ri en­semble dans le but de par­ta­ger leurs his­toires, et tout ça sur des terres his­to­ri­que­ment métis. « On avait pré­pa­ré le site de cé­ré­mo­nie et al­lu­mé le feu sa­cré afin de re­ce­voir les en­sei­gne­ments de nos aî­nées », ra­conte la pro­fes­seure ad­jointe Mme Gau­det. Ac­com­pa­gnée d’une cé­ré­mo­nie ty­pique, « le centre du pro­jet était donc de ras­sem­bler au­tour de la no­tion de Vé­cu / Sa­voir / Di­ver­si­té / et Pers­pec­tive en lien avec le contem­po­rain », dé­ve­loppe la pro­fes­seure ad­jointe en études au­toch­tones. Elles se sont sou­ve­nues de leurs vies, de leurs fa­milles et de leurs res­pon­sa­bi­li­tés de ren­for­cer et d’étendre leurs re­la­tions d’af­fi­ni­tés et de pa­ren­tés. « Sa­voir qui sont nos an­cêtres et se sou­ve­nir de nos an­cêtres est pri­mor­dial » pré­cise-t-elle avant de ter­mi­ner par « ce fût un mo­ment his­to­rique qui au­ra su mar­quer les es­prits. » Ce pro­jet n’a pas en­core vu le jour en Al­ber­ta, mais lors­qu'on l'in­ter­roge à ce su­jet, Cin­dy Gau­det ré­pond qu’il pour­rait s’étendre jus­qu’ici, du moins elle « l’es­père ». Se­lon sta­tis­tique Ca­na­da, les Métis re­pré­sentent 32,3% de la po­pu­la­tion au­toch­tone to­tale (Sta­tis­tics Ca­na­da 2013), et les plus im­por­tantes sont celles de l’Al­ber­ta avec 96865 per­sonnes.

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