MARLIN SCH­MIDT AU SE­COURS DES ÉTU­DIANTS

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

Le mi­nistre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur Marlin Sch­midt était au Cam­pus Saint-Jean jeu­di 18 oc­tobre pour par­ta­ger la bonne nou­velle : le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial va prendre le re­lais du fé­dé­ral pour dé­blo­quer les bourses d’études en fran­çais pour les étu­diants du post­se­con­daire. Une so­lu­tion pro­vi­soire en at­ten­dant un ac­cord avec Ot­ta­wa qui traîne à se fi­na­li­ser.

Le mi­nistre a te­nu à s’ex­pri­mer de fa­çon in­for­melle, au mi­lieu des étu­diants. « Nous avons une com­mu­nau­té fran­co­phone vi­brante et en grande crois­sance en Al­ber­ta et je veux que cha­cun ait l’oc­ca­sion de conti­nuer ses études post­se­con­daires en fran­çais », a-t-il dé­cla­ré dans l’en­ceinte du Pa­villon La­certe. Plu­sieurs étu­diants s’étaient re­grou­pés au­tour du res­pon­sable po­li­tique et ont pu tour à tour le ques­tion­ner pour lui faire part de leurs in­quié­tudes et in­ter­ro­ga­tions, dont Pa­trick Ca­ji­na Cor­tez et Kyrs­ti Mac­Do­nald, étu­diants en édu­ca­tion, Amy Va­chonC­ha­bot, étu­diante en science po­li­tique, et Adam Brown, étu­diant membre du Stu­dents’ Union de l’Uni­ver­si­té de l’Al­ber­ta. « La bonne nou­velle, c’est que pen­dant que nous at­ten­dons une ré­ponse du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral pour conve­nir d’un ac­cord, nous al­lons in­ter­ve­nir pour rendre la bourse opé­ra­tion­nelle à comp­ter du 1er no­vembre », a an­non­cé of­fi­ciel­le­ment le mi­nistre qui se dit par ailleurs « très heu­reux de pou­voir com­bler le vide ». DES FI­NAN­CE­MENTS NÉ­CES­SAIRES Le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial semble prendre la me­sure de l’en­jeu. « Nous avons l’une des po­pu­la­tions fran­co­phones à la crois­sance la plus ra­pide du pays, a sou­li­gné à plu­sieurs re­prises Marlin Sch­midt du­rant sa ve­nue. Nous vou­lons mettre de l’ar­gent à dis­po­si­tion des étu­diants. » Le res­pon­sable a ajou­té que son mi­nis­tère se pen­che­rait sur un bud­get pour l’an­née à ve­nir afin d’amé­lio­rer le fi­nan­ce­ment des études pour les étu­diants al­ber­tains. « Notre in­quié­tude prin­ci­pale est que de plus en plus d’étu­diants ne puissent pour­suivre leurs études à cause de pro­blèmes fi­nan­ciers. Nous vou­lons sup­pri­mer ces bar­rières. » Marc Ar­nal, pré­sident de l’ACFA pro­vin­ciale, a ac­cueilli la nou­velle avec en­thou­siasme. « C’est un geste ex­trê­me­ment po­si­tif de la part du mi­nistre. Ça dé­montre une vo­lon­té de la part du gou­ver­ne­ment de sou­te­nir la fran­co­pho­nie », com­mente-t-il. Ses propres en­fants ayant eux-mêmes bé­né­fi­cié de la bourse, le chef de file est conscient de l’im­por­tance de la dé­marche : « On dit bien que l’ave­nir ap­par­tient aux jeunes ! C’est un in­ves­tis­se­ment ab­so­lu­ment spec­ta­cu­laire de la part du pro­vin­cial. » Pour le pré­sident de l’ACFA, cet in­ci­ta­tif fi­nan­cier pousse d’au­tant plus dans la bonne di­rec­tion qu’il en­cou­rage les 40 000 étu­diants de l’im­mer­sion fran­çaise al­ber­taine à pour­suivre leurs études en fran­çais au post­se­con­daire, un en­jeu cru­cial pour le bi­lin­guisme ca­na­dien. « Si on re­garde la po­pu­la­tion ad­mis­sible, on a 40 000 jeunes en im­mer­sion et 8 000 en écoles fran­co­phones, soit presque 50 000 étu­diants qu’on peut ti­rer pour faire des études en fran­çais », ana­lyse Marc Ar­nal. UN SOU­TIEN À POUR­SUIVRE Mal­gré tout, l’édu­ca­tion en fran­çais en Al­ber­ta reste sous-fi­nan­cée. « Au Cam­pus Saint-Jean, il y a un manque à ga­gner de plus d’un mil­lion et de­mi de dol­lars », sou­ligne Marc Ar­nal. L’ins­ti­tu­tion re­çoit en ef­fet des aides gou­ver­ne­men­tales pour seule­ment 514 étu­diants alors qu’elle en compte plus de 700. Le doyen du Cam­pus, Pierre-Yves Moc­quais, éga­le­ment pré­sent lors de la vi­site de Marlin Sch­midt, a d’ailleurs poin­té du doigt l’in­cer­ti­tude au­tour de la nou­velle en­ve­loppe fé­dé­rale pour 2018-2023, alors qu’un en­ga­ge­ment so­len­nel en fa­veur de l’édu­ca­tion en fran­çais a été fait. In­quiets de la len­teur des né­go­cia­tions avec Ot­ta­wa, cer­tains étu­diants ont de­man­dé si contac­ter le bu­reau de la mi­nistre de la Fran­co­pho­nie, Mé­la­nie Jo­ly, se­rait bé­né­fique. Ré­ponse du mi­nistre : « Ab­so­lu­ment ! Ce se­rait très ef­fi­cace. Il faut s’assurer qu’elle com­prenne bien ce qui est en jeu. Plus de pres­sion on exer­ce­ra, mieux ce se­ra. » Ques­tion­né sur les rai­sons de l’en­li­se­ment des né­go­cia­tions, Marlin Sch­midt est res­té vague, in­cer­tain des mo­ti­va­tions qui animent le fé­dé­ral, tout en iro­ni­sant : « L’Al­ber­tain cy­nique pour­rait dire que le fé­dé­ral ignore tout ce qui se trouve à une cer­taine dis­tance d’Ot­ta­wa ! [...] Il faut conti­nuer de dé­fendre notre si­tua­tion et de s’assurer qu’ils com­prennent bien la vi­tesse à la­quelle notre com­mu­nau­té de langue fran­çaise gros­sit. » Les étu­diants ad­mis­sibles à la bourse d’études Fel­low­ship for full-time stu­dies in French pour­ront dé­po­ser leur can­di­da­ture dès le 1er no­vembre sur le site du gou­ver­ne­ment : https://stu­den­taid.al­ber­ta. ca

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