MISE À JOUR SUR LA SI­TUA­TION AU CAÈ

Le Franco - - LA UNE - Marc Ar­nal

Mise à jour sur la si­tua­tion au Conseil d’ac­cueil et d’éta­blis­se­ment

Chers francophones et francophiles al­ber­tains,

Dans un sou­ci de com­plète trans­pa­rence, en tant que pré­sident de l’ACFA, or­ga­nisme porte-pa­role de la fran­co­pho­nie al­ber­taine, je tiens à faire une mise-à-jour avec vous en ce qui concerne la si­tua­tion qui per­dure au Centre d’ac­cueil et d’éta­blis­se­ment (CAÉ).

Comme vous le sa­vez dé­jà, la si­tua­tion dans la­quelle nous nous trou­vons au­jourd’hui dé­coule des al­lé­ga­tions por­tées à l’égard de l’an­cien di­rec­teur gé­né­ral du CAÉ. Les ac­tions du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du CAÉ ont alié­né ses bailleurs de fonds, les­quels ont dé­ci­dé d’an­nu­ler son fi­nan­ce­ment. Ces der­niers re­fusent de fi­nan­cer ces ser­vices, pour­tant es­sen­tiels pour de nom­breux nou­veaux arrivants, tant la ré­pu­ta­tion de l’or­ga­nisme a dé­grin­go­lé.

Je suis in­ter­ve­nu au­près des dé­ci­deurs du CAÉ à l’époque avec des sug­ges­tions simples et claires, mais elles n’ont pas été écou­tées. Nous nous re­trou­vons main­te­nant face à la perte pos­sible d’un ser­vice es­sen­tiel pour la com­mu­nau­té fran­co­phone du Nord de l’Al­ber­ta et avec un or­ga­nisme ayant perdu toute cré­di­bi­li­té de­vant des gou­ver­ne­ments prêts à leur cou­per les vivres.

Il y a un dan­ger réel de pertes d’em­ploi. Les em­ployés, pour la plu­part, ne sont cou­pables que d’avoir fait leur tra­vail.

Le se­cré­ta­riat fran­co­phone, vou­lant pro­té­ger pro­gramme et em­plois et as­su­rer un mi­lieu de tra­vail sain, a réuni au­tour de la table 9 or­ga­nismes qu’il ju­geait plei­ne­ment in­té­res­sés par le dos­sier. Une dixième voix, le Conseil sco­laire Centre Nord, a été ajou­tée au co­mi­té de ges­tion de crise par la suite.

Nous avons ren­con­tré le mi­nis­tère du Tra­vail qui est ar­ri­vé avec une pro­po­si­tion d’ap­pel d’offres com­mu­nau­taires s’adres­sant aux or­ga­nismes réu­nis, seuls ou en par­te­na­riat. Nous avons re­je­té cette ap­proche en con­si­dé­rant que cette so­lu­tion met­trait en com­pé­ti­tion plu­sieurs or­ga­nismes et fi­ni­rait par se­mer la zi­za­nie dans la com­mu­nau­té. Pre­nant la si­tua­tion très au sé­rieux, nous avons aus­si consul­té un avo­cat pour un avis ju­ri­dique et les pos­si­bi­li­tés d’ac­tion.

Le co­mi­té de ges­tion de crise a donc conve­nu d’une stratégie com­mu­nau­taire qui consis­te­rait à nom­mer un co­mi­té de ges­tion tran­si­toire pour le CAÉ, com­po­sé de per­sonnes to­ta­le­ment im­pu­tables, n’ayant ja­mais été im­pli­quées avec le CAÉ. Nous étions en pro­ces­sus d’ob­te­nir leur aval de sié­ger pour la pé­riode al­lant jus­qu’au 31 mars 2020, date à la­quelle il y au­rait eu une as­sem­blée gé­né­rale an­nuelle après un net­toyage des dos­siers et des po­li­tiques et pro­cé­dures et un as­sai­nis­se­ment de la ges­tion. À par­tir de cette date, le CAÉ au­rait re­pris la ges­tion se­lon les sta­tuts et rè­gle­ments en vi­gueur suite au tra­vail de gou­ver­nance du co­mi­té de ges­tion tran­si­toire.

Cette po­si­tion était una­nime. Or, la pro­vince n’a pas ac­cep­té ce scé­na­rio, ne vou­lant pas ver­ser un seul dol­lar au CAÉ, peu im­porte qui le gé­rait. Nous avons dû ima­gi­ner un plan B, ce qui a été fait lors d’une réunion du co­mi­té de ges­tion de crise le 29 oc­tobre der­nier. Cette so­lu­tion se­ra par­ta­gée avec Im­mi­gra­tion, Ré­fu­giés et Ci­toyen­ne­té Ca­na­da qui est le prin­ci­pal bailleur de fonds du CAÉ.

Le plan B pro­po­sé par la com­mu­nau­té consiste à man­da­ter un or­ga­nisme unique pour faire les de­mandes de fonds au pro­vin­cial et, nous le sou­hai­tons, au fé­dé­ral aus­si. Le co­mi­té de ges­tion tran­si­toire de sept per­sonnes, quatre femmes et trois hommes et éta­bli par les or­ga­nismes du co­mi­té de ges­tion de crise pren­drait res­pon­sa­bi­li­té pour l’ac­cueil et l’éta­blis­se­ment avec pour di­rec­tion l’or­ga­nisme choi­si. Le co­mi­té de ges­tion tran­si­toire tra­vaille­rait sous la di­rec­tion du­dit or­ga­nisme pour une pé­riode de quinze mois. Cet or­ga­nisme et les noms des per­sonnes sié­geant sur le co­mi­té pro­vi­soire se­ront an­non­cés à la com­mu­nau­té dès que son conseil d’ad­mi­nis­tra­tion au­ra en­té­ri­né cette dé­ci­sion im­por­tante et que toutes les per­sonnes iden­ti­fiées au­ront ac­cep­té le man­dat. Le but com­mun des or­ga­nismes au co­mi­té de ges­tion de crise est de dé­ter­mi­ner les meilleures fa­çons pour ne pas in­ter­rompre les ser­vices es­sen­tiels qui sont don­nés et les em­plois qui sont tou­chés dans cette his­toire. Nous de­vons nous as­su­rer de la pro­tec­tion de tous les in­di­vi­dus qui su­bissent des dom­mages col­la­té­raux ré­sul­tant de cette fâ­cheuse si­tua­tion. Toutes les as­so­cia­tions pré­sentes ont mis la main à la pâte et se sont as­su­rés du bien com­mun de la com­mu­nau­té en fai­sant fi de leur in­té­rêt per­son­nel.

Je sou­haite sin­cè­re­ment qu’une so­lu­tion fi­nale soie adop­tée le plus tôt pos­sible. Nous avons une res­pon­sa­bi­li­té com­mune de non seule­ment pro­té­ger des em­ployés qui ne savent pas s’ils vont conser­ver ou non leur em­ploi, mais aus­si d’as­su­rer un ser­vice ab­so­lu­ment né­ces­saire pour une par­tie vul­né­rable de notre com­mu­nau­té.

Le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du CAÉ a dé­mis­sion­né le 25 oc­tobre et cette dé­mis­sion se­ra ef­fec­tive lors­qu’un mé­ca­nisme de tran­si­tion se­ra en place, afin d’évi­ter un vide de gou­ver­nance. La col­la­bo­ra­tion de ce CA et les dis­cus­sions conti­nues per­mettent de pro­té­ger les dé­marches en­tre­prises par le co­mi­té de ges­tion de crise et ul­ti­me­ment, de pro­té­ger le CAÉ, ses clients et son per­son­nel.

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