AL­LEZ LES FILLES !

Le Franco - - CALGARY - PAR PAU­LINE LEMBLÉ

Elles sont 74 jeunes filles de 12 à 17 ans à avoir par­ti­ci­pé à une jour­née de ren­contre spor­tive entre cinq écoles fran­co­phones du sud de la pro­vince. Cette jour­née, or­ga­ni­sée à Cal­ga­ry par la Fé­dé­ra­tion du sport fran­co­phone de l’Al­ber­ta (FSFA) en par­te­na­riat avec le Conseil sco­laire Fran­coSud, la Coa­li­tion des femmes et InMo­tion Net­work, vi­sait à al­lier plai­sir du sport et sen­si­bi­li­sa­tion.

Ins­pi­ré du pro­gramme an­glo­phone Go Girls, cet évé­ne­ment est le pre­mier du genre or­ga­ni­sé en Al­ber­ta. Il était pro­po­sé aux écoles La Vé­ren­drye, Sainte-Mar­gue­ri­teBour­geoys, La Source, la Rose Sau­vage et l’école fran­co­phone d’Air­drie. Les ado­les­centes, en­ca­drées par des en­sei­gnants vo­lon­taires et des ani­ma­teurs spor­tifs de la Fé­dé­ra­tion du sport, étaient in­vi­tées à choi­sir trois ac­ti­vi­tés spor­tives ou phy­siques par­mi les douze pro­po­sées. LE SPORT EN PERTE DE VI­TESSE Se­lon les der­nières études sor­ties no­tam­ment par la fon­da­tion Sport Pur, il y a beau­coup d’aban­don du sport à l’ado­les­cence. C’est en ré­ac­tion à ce constat, d’au­tant plus vi­sible chez les filles, que la FSFA a ini­tié cette ren­contre ami­cale. Pour re­mo­ti­ver les ado­les­centes à faire du sport, l’évé­ne­ment pro­po­sait des clas­siques mais aus­si d’es­sayer des sports beau­coup moins connus et bien moins com­pé­ti­tifs comme le kin­ball, le spi­ke­ball ou en­core le flag foot­ball. L’ob­jec­tif est là aus­si de re­don­ner en­vie aux filles de res­ter ac­tives et prendre du plai­sir dans le sport, mais sans l’es­prit com­pé­ti­tif. GA­GNER EN ES­TIME DE SOI La jour­née s’est clô­tu­rée avec un ate­lier ani­mé par le pro­gramme Équi­libre du pro­jet Ap­par­te­nance. Les jeunes filles y étaient in­vi­tées à réfléchir et par­ta­ger sur l’es­time de soi et l’image cor­po­relle. Pour Hé­lène Scott-Ca­sey, co­or­di­na­trice du pro­jet, cette sen­si­bi­li­sa­tion est d’au­tant plus né­ces­saire au­jourd’hui qu’« à l’ère des ré­seaux so­ciaux, des pu­bli­ci­tés et du tout ma­té­ria­li­sé sur l’ex­terne et l’image, il est tou­jours im­por­tant de ren­for­cer l’es­time de soi et l’in­té­rieur ». Po­si­tive, elle consi­dère que ce tra­vail sur la confiance en soi est « un dé­fi mais pas un fléau. C’est un rite de pas­sage de dé­ve­lop­pe­ment que l’on a tous eu à faire ». Ma­riam M’Baye, ve­nue par­ti­ci­per avec son école La Source, se confie : « c’est par­fois dif­fi­cile car les filles, on doit tou­jours être propres, avoir des beaux corps, être par­faites. Per­sonne n’est par­fait mais c’est la fa­çon dont les gens veulent que tu sois ». LA FRAN­CO­PHO­NIE, UNE GRANDE ÉQUIPE Chris­tian Roux, di­rec­teur ad­joint du Conseil sco­laire Fran­coSud, parle de fa­çon en­thou­siaste de ce pro­jet de ras­sem­ble­ment in­ter­sco­laire qui entre dans le man­dat du conseil de dé­ve­lop­per la construc­tion iden­ti­taire et la fier­té fran­co­phone. Pour les élèves, il pense en ef­fet qu’ « il est bon de se re­trou­ver en­semble comme fran­co­phones, de créer des liens d’ami­tié et de s’aper­ce­voir qu’il y a

plu­sieurs fran­co­phones à l’ex­té­rieur de l’école ». Ma­riam est tout à fait d’ac­cord : « c’était ré­con­for­tant de sa­voir qu’il y a d’autres filles qui parlent fran­çais en Al­ber­ta. J’ai re­trou­vé une amie avec qui j’étais en ma­ter­nelle, et puis j’ai ren­con­tré aus­si plein de filles que je ne connais­sais pas. J’ai pris leur contact ». As­sez pe­tites et éloi­gnées, les écoles fran­co­phones du sud ont aus­si le moins d’élèves de 8 à 12 ans. Cette ren­contre a per­mis de mé­lan­ger les écoles dans les dif­fé­rentes dis­ci­plines et équipes, et de faire des ac­ti­vi­tés en plus grand groupe. Ré­sul­tat des courses : suc­cès sur toute la ligne ! Pour Cé­line Du­may, di­rec­trice gé­né­rale de la FSFA, « le fait qu’il n’y avait pas de gar­çons, on voyait vrai­ment une dif­fé­rence. On voyait des jeunes filles qui pre­naient plus le cô­té lea­der et gui­daient leur équipe ». La pas­sion­née n’a pas en­core re­çu les ré­ponses au son­dage envoyé aux par­ti­ci­pantes et in­ter­ve­nants mais les « Est-ce qu’on re­vient l’an­née pro­chaine ? » ré­pé­tés à la fin de la jour­née ne semblent pas lais­ser de place au doute quant au suc­cès de la jour­née. Seul sou­hait se­lon Ma­riam : « que ça dure plus long­temps ! ». Tout en pre­nant du plai­sir à dé­cou­vrir ou re­dé­cou­vrir des sports, les filles ont pu élar­gir leur ré­seau d’amies fran­co­phones et ré­af­fir­mer leur es­time per­son­nelle. Voi­là bien une jour­née où toutes les par­ti­ci­pantes re­partent ga­gnantes !

74 jeunes filles de 12 à 17 ans àont­par­ti­ci­pé à une jour­née de ren­contre spor­tive entre cinq écoles fran­co­phones du sud de la pro­vince.

Ma­riam M'Baye, par­ti­ci­pante, en 7e an­née à l'école La Source.

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