MU­SIQUE : UN MONDE À PART SUR TOUS LES PLANS

Le Franco - - LA UNE - PAR PAU­LINE LEMBLÉ

Le Fran­co s’est en­tre­te­nu avec l’ini­tia­teur du pro­jet : l’au­teur­com­po­si­teur-in­ter­prète Syl­vain-Hen­ri Si­mard, alias SASH. LF : A qui s’adresse ce nou­vel al­bum ?

SASH : C’est vrai­ment pour les ado­les­cents et adultes, les 13 ans et plus. Il y a un vo­let très ar­tis­tique, mais aus­si un vo­let plus pé­da­go­gique où je vou­lais pous­ser les jeunes à dé­ve­lop­per leur pen­sée cri­tique face à un ave­nir plus ou moins rap­pro­ché. On voit avec la mon­tée des po­pu­lismes qu’il est im­por­tant d’ou­tiller les ci­toyens de de­main. Ici, une ré­flexion sur les grands en­jeux est in­té­grée à l’in­té­rieur d’une his­toire de fic­tion. LF : Ce ré­cit pos­ta­po­ca­lyp­tique évoque le chan­ge­ment cli­ma­tique et l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Êtes-vous plu­tôt op­ti­miste ou pes­si­miste pour l’ave­nir ?

SASH : Il y a des pay­sages post-apo­ca­lyp­tiques, mais c’était im­por­tant pour moi qu’il y ait de l’es­poir. On voit qu’il y a au­jourd’hui une prise de conscience plus grande sur les ques­tions de la bio­di­ver­si­té et de l’éco­lo­gie. En tant qu’édu­ca­teur, on a une res­pon­sa­bi­li­té avec les jeunes. Il faut pré­ser­ver leurs rêves. L’his­toire fi­nit d’ailleurs sur un mor­ceau ap­pe­lé Re­nais­sance, où Eléo­nore, une pe­tite fille, donne une note d’es­poir. LF : En quoi votre monde est-il « à part » ?

SASH : Faire une oeuvre de science-fic­tion en fran­çais pour les ados : il n’y a per­sonne qui fait ça, sur­tout dans l’Ouest ca­na­dien ! Pour ce troi­sième tome on vou­lait don­ner quelque chose de qua­li­té pour un pu­blic d’ado­les­cents. Il y a un grand pro­fes­sion­na­lisme. LF : Quel a été le point de ral­lie­ment pour les dif­fé­rents ar­tistes par­ti­ci­pants ?

SASH : MAP3 est un pro­jet de nom­breuses an­nées avec peu de moyens, mais des per­sonnes de qua­li­té. Toutes les per­sonnes qui se sont in­ves­ties ont vu la qua­li­té du pro­jet et ont com­pris sa vo­ca­tion. Ce sont toutes des per­sonnes avec plu­sieurs d’an­nées d’ex­pé­rience dans leur do­maine ar­tis­tique et qui ont don­né du temps en plus de leur tra­vail. LF : Quelles sont les nou­veau­tés de cet al­bum par rap­port aux deux pré­cé­dents ?

SASH : Le conte prend beau­coup plus d’es­pace. Il y a 20 cha­pitres et seu­le­ment une chan­son. On est aus­si dans la science-fic­tion, dans une mu­sique plus fu­tu­riste ins­pi­rée de Daft Punk. Je suis de l’École na­tio­nale de la chan­son, mais la mu­sique est le ré­sul­tat d’un col­lec­tif de mu­si­ciens. Je tra­vaillais de­puis le dé­but avec des Fran­co-Albertains, mais je de­vais al­ler aus­si à la ren­contre d’ar­tistes qui me sortent de ma zone de confort pour créer un pay­sage so­nore nou­veau. LF : Vous en­sei­gnez au­jourd’hui au Yu­kon, après avoir vé­cu au Nu­na­vut. Quelle in­fluence ont ces ré­gions nor­diques sur vos oeuvres?

SASH : MONDE À PART est né d’abord quand je tra­vaillais à Jas­per. Quand j’ai fait une tour­née, je suis tom­bé en amour avec le Nord. Dans le conte, les der­niers hu­mains se ré­fu­gient dans les pôles. Au­jourd’hui, on voit vrai­ment qu’il y a des mou­ve­ments de mi­gra­tions du Sud vers le Nord. Aus­si, je suis le fils d’un tech­ni­cien de la fonte donc les ques­tions du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique ont tou­jours été là. L’éro­sion des cul­tures et l’éro­sion de la bio­di­ver­si­té ont tou­jours fait par­tie de moi. LF : Où en sont les pro­jets de jeux de pla­teau et vi­déo ins­pi­rés de cet al­bum ?

SASH : On est en­core en phase de dé­ve­lop­pe­ment et de fi­nan­ce­ment, mais j’ai tra­vaillé l’écri­ture en tan­dem avec Yoan Dar­riault, pro­fes­seur de fran­çais et de théâtre fran­co-al­ber­tain. En­semble, on a dé­jà été beau­coup plus en pro­fon­deur au ni­veau des per­son­nages pour avoir plus de conte­nu et pou­voir les trans­po­ser à d’autres ni­veaux. Il y a aus­si d’autres chan­sons en pro­jet qui se­ront ajou­tées à l’al­bum. LF : Pour­quoi vous tient-il à coeur d’écrire et com­po­ser en fran­çais ?

SASH : Si les jeunes ne sont pas tou­chés en fran­çais, ils ne vont pas conti­nuer à l’uti­li­ser. Il faut avoir une culture en fran­çais qui les porte. Pour moi, c’était su­per im­por­tant que ce pro­jet-là ait une ré­son­nance dans la fran­co­sphère. Avec Yoan [Dar­riault], on a cher­ché la qua­li­té de la langue. Le texte a été abor­dé comme une chan­son, chaque mot a été choi­si car il son­nait bien. On veut que les mots re­bon­dissent. C’est pour ça que ce n’est pas un conteur qui a ra­con­té l’his­toire, mais un pro­fes­sion­nel de la chan­son. Pré­sen­té le 19 oc­tobre au Centre de la fran­co­pho­nie de Whi­te­horse au Yu­kon,

ù sort le 7 dé­cembre 2018 sur les pla­te­formes en ligne Spo­ti­fy et iTunes et se­ra dis­po­nible en carte de té­lé­char­ge­ment sur iSong.

Le 3e tome de MONDE À PART, ou MAP3, est un ré­cit d’an­ti­ci­pa­tion post-apo­ca­lyp­tique ra­con­té par l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle Ève. Fruit du tra­vail de plu­sieurs an­nées d’un col­lec­tif d’ar­tistes in­cluant Ra­phaël Fres­nay, Jeik Dion, Pixel Au­dio, Kar­tok, Na­tha­lie Cou­pal ou en­core Ca­ro­line Ro­bi­taille, ce conte au­dio en fran­çais s’ac­com­pagne d’un sup­port vi­suel et pro­pose plus de trente mi­nutes de mu­sique ac­tuelle, élec­tro et tech­no-in­dus­trielle.

Ca­ro­line Ro­bi­taille, in­ter­prète de la chan­son fi­nale Sur­vivre

MAP3 Le jeu Un Monde à Part.

Illus­tra­tions réa­li­sées par Jeik Dion

Sy­lain-Hen­ri Si­mard, créa­teur du pro­jet MONDE À PART.

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