CSNO, BE­SOIN DE PROFESSEURS ET D'ES­PACE SCO­LAIRE

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

En ce dé­but 2019, plu­sieurs dos­siers at­tendent le Con­seil sco­laire du Nord-Ouest. Par­mi eux, les sem­pi­ter­nels dé­fis de ré­no­va­tion d'écoles, de ré­ten­tion des étu­diants au se­con­daire et de pé­nu­rie d'en­sei­gnants. Avec autant de dos­siers sur le plan de tra­vail, l'an­née pro­met d'être char­gée !

Le Con­seil sco­laire du Nord-Ouest (CSNO), ba­sé à Saint-Isi­dore, re­groupe les trois écoles des Qua­treVents, Hé­ri­tage et Nou­velle Fron­tière pour un to­tal de près de 475 élèves. Le pre­mier dé­fi qui at­tend le con­seil cette an­née est un mar­ron­nier : pa­rents d’élèves, en­fants et res­pon­sables at­tendent la cons­truc­tion d’un nou­veau bâ­ti­ment pour l’école des Quatre-Vents à Peace Ri­ver de­puis main­te­nant dix ans. « L’école ne ré­pond pas aux be­soins d’une école pré­ma­ter­nelle à 12e an­née, ex­plique Bri­gitte Kro­piel­ni­cki, di­rec­trice gé­né­rale du CSNO. Elle a été conçue comme une école pri­maire et pré­sente beau­coup de dé­fis ». Salles trop étroites, gym­nase exi­gu, ab­sence de la­bo­ra­toire et d’es­paces pour les cours à op­tions re­pré­sentent « un gros dé­fi pour la com­mu­nau­té de Peace Ri­ver ». Au­jourd’hui proche de la cen­taine d’élèves, l’école gran­dit d’an­née en an­née avec la com­mu­nau­té en­vi­ron­nante. « On a des fa­milles qui croient beau­coup à l’édu­ca­tion fran­co­phone et qui ac­ceptent les condi­tions ac­tuelles », rap­porte la res­pon­sable. Mais pour com­bien de temps ? Faute de place ou de condi­tions adé­quates, un cer­tain nombre de jeunes fran­co­phones se ra­battent sur les écoles an­glo­phones pour pour­suivre leurs études. « On contri­bue à la vi­ta­li­té de la com­mu­nau­té fran­co­phone », rap­pel­let-elle à cet égard. Avec un coût es­ti­mé à en­vi­ron 14 mil­lions de dol­lars, une nou­velle école per­met­trait d’ac­cueillir 250 élèves, de quoi ré­pondre à la de­mande crois­sante.

UNE NOU­VELLE GARDERIE

Nou­veau­té cette an­née, l’école Nou­velle Fron­tière à Fal­her ac­cueille dé­sor­mais la garderie Les pe­tits boucs, qui a ou­vert ses portes en sep­tembre 2018. Avec une ca­pa­ci­té maxi­male de 24 places, les lo­caux comptent dé­jà 18 ins­crip­tions, « sans avoir fait de pu­bli­ci­té », note la di­rec­trice. Les places de la garderie font par­tie du pro­gramme

pro­vin­cial éta­blis­sant le prix à 25 dol­lars la jour­née, une ini­tia­tive qui ré­pond à la de­mande crois­sante des fa­milles. « Il y a un grand be­soin dans la com­mu­nau­té fran­co­phone de Grande Prai­rie, constate Bri­gitte Kro­piel­ni­cki. C’est un dé­but, mais il y a la pos­si­bi­li­té de l’agran­dir ». Ba­ro­mètre du dy­na­misme de la com­mu­nau­té de Grande Prai­rie, la garderie se­ra of­fi­ciel­le­ment inau­gu­rée en mars du­rant le mois de la francophonie. « C’est une francophonie jeune, mul­ti­cul­tu­relle, avec des gens qui viennent de par­tout, d’Al­ber­ta, du Ca­na­da, d’Eu­rope et d’Afrique, ob­serve la res­pon­sable. C’est une com­mu­nau­té qui bouge beau­coup, où le pro­gramme d’im­mer­sion gran­dit et où les gens veulent ap­prendre le fran­çais. C’est une ville qui veut de­ve­nir bi­lingue ».

LE DÉ­FI DU SE­CON­DAIRE

La ré­ten­tion des élèves tout au long de la sco­la­ri­té est un dé­fi de­puis de nom­breuses an­nées pour les conseils sco­laires fran­co­phones, et le CSNO n’en est pas exempt. « On est en com­pé­ti­tion avec de très grosses écoles de plus de 1 000 élèves qui offrent toutes les op­tions pa­ra­sco­laires. La fi­dé­li­sa­tion est très dif­fi­cile. On est pe­tits, donc li­mi­tés dans le choix des cours », re­grette Bri­gitte Kro­piel­ni­cki. Pour sur­mon­ter l’épreuve, le con­seil sco­laire met en place cette an­née une cam­pagne de pro­mo­tion in­ti­tu­lée Mon édu­ca­tion fran­co­phone, mon avan­tage. « Nos élèves réus­sissent, nous avons un taux très faible de dé­cro­chage sco­laire, as­sure la di­rec­trice. On connaît bien nos élèves, on fait de l’en­sei­gne­ment per­son­na­li­sé, on peut ré­pondre à leurs be­soins, ils sont très choyés ! »

PÉ­NU­RIE D'EN­SEI­GNANTS

En­fin, le plus gros dé­fi reste sans doute le re­cru­te­ment des en­sei­gnants. « C’est ter­rible », com­mente la res­pon­sable qui rap­porte un manque de trois en­sei­gnants pour le con­seil sco­laire. La si­tua­tion touche tout le pays, mais est d’autant plus criante en ré­gion ru­rale : « On re­çoit très peu de CV. Un poste ou­vert de­puis sep­tembre vient seule­ment d’être com­blé main­te­nant à l’école Nou­velle Fron­tière », illustre-t-elle. Outre le manque de maind’oeuvre, le con­seil ne par­vient pas à convaincre les gens de dé­mé­na­ger dans le Nord de l’Al­ber­ta. « Pour­tant les condi­tions de tra­vail sont su­per ! Ce sont des pe­tites classes de 15 en­fants », met en avant Bri­gitte Kro­piel­ni­cki. Bien que la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des conseils sco­laires fran­co­phones soit al­lée re­cru­ter en France et en Bel­gique, au­cune re­tom­bée ne s’est fait connaître pour le CSNO à ce jour. « Les gens veulent al­ler dans les grands centres », dé­plore-t-elle. 2019 se­ra-telle un meilleur cru pour le con­seil ?

Des élèves de l'école des Quatre-Vents.

École des Quatre-Vents.

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