LE BILINGUISME BIEN HO­NO­RÉ AUX JEUX DE RED DEER

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

Évé­ne­ment na­tio­nal, les Jeux d'hi­ver du Ca­na­da à Red Deer consti­tuent une vi­trine in­con­tour­nable pour la dua­li­té lin­guis­tique du pays. Dé­fi re­le­vé pour les ob­ser­va­teurs : entre si­gna­li­sa­tions, dis­cours et bé­né­voles bi­lingues, la ren­contre spor­tive a fait la part belle aux langues of­fi­cielles. Du 15 fé­vrier au 3 mars, vi­si­teurs, équipes spor­tives et ath­lètes ve­nus de tous ho­ri­zons au­ront évo­lué dans un en­vi­ron­ne­ment ponc­tué de fran­çais et d'an­glais.

« Dans l’en­semble, tout va très bien », es­time Serge Gin­gras, di­rec­teur de l’ACFA de Red Deer. Le res­pon­sable ap­plau­dit l’at­ten­tion ac­cor­dée au res­pect du bilinguisme. « Le co­mi­té des Jeux a fait un bel ef­fort pour s’as­su­rer que toute si­gna­li­sa­tion soit dans les deux langues of­fi­cielles. Et la qua­li­té du fran­çais est ex­cel­lente », no­tet-il.

UN REN­DEZ-VOUS D'EN­VER­GURE

Avant tout, les Jeux du Ca­na­da consti­tuent un évé­ne­ment na­tio­nal. « C’est im­por­tant que les deux langues of­fi­cielles soient pré­sentes », per­çoit dans ce cadre Serge Gin­gras. Pas éton­nant, donc, de re­trou­ver les cé­ré­mo­nies d’ou­ver­ture et de fer­me­ture à la fois en an­glais et en fran­çais.

En tant que di­rec­teur de l’ACFA ré­gio­nale, Serge Gin­gras a fait par­tie du co­mi­té des langues of­fi­cielles des Jeux à titre de co­pré­sident, un rôle qui lui tient à coeur : « Dans les mois qui ont me­né aux Jeux, mon rôle était d’as­sis­ter le co­mi­té de coor­di­na­tion des bé­né­voles dans le re­cru­te­ment et l’iden­ti­fi­ca­tion des rôles bi­lingues, par exemple dans les ser­vices mé­di­caux », rap­porte-t-il.

La pré­sence du fran­çais sur le site des Jeux re­vêt une im­por­tance toute par­ti­cu­lière pour le ges­tion­naire : « Ça ap­porte une plus grande sen­si­bi­li­sa­tion à la dua­li­té lin­guis­tique, ça mo­tive plu­sieurs per­sonnes fran­co­phones, et fran­co­philes, de re­ve­nir au fran­çais et ça leur re­donne le goût de se ré­en­ga­ger dans des ac­ti­vi­tés en fran­çais », per­çoit-il.

UN RES­PECT AP­PLAU­DI

Pour l’oc­ca­sion, le com­mis­saire aux langues of­fi­cielles, Ray­mond Thé­berge, avait fait le dé­pla­ce­ment. Tout au long de la ren­contre spor­tive, un agent du com­mis­sa­riat est même res­té sur place pour ani­mer un kiosque d’in­for­ma­tion et de pro­mo­tion sur les langues of­fi­cielles. « On a eu beau­coup de vi­si­teurs, constate le com­mis­saire. On y ex­plique ce qu’est la dua­li­té lin­guis­tique. C’est un ex­cellent mo­ment pour faire connaître les grandes va­leurs ca­na­diennes ».

Glo­ba­le­ment, le contrat a été rem­pli pour le chef de file : « La so­cié­té hôte des Jeux a fait beau­coup d’ef­forts pour as­su­rer que les Jeux se passent dans les deux langues of­fi­cielles ». Que ce soit au ni­veau de l’af­fi­chage, des com­mu­ni­ca­tions, du site Web ou des an­non­ceurs, Ray­mond Thé­berge s’est ain­si fé­li­ci­té du pay­sage lin­guis­tique trou­vé sur place.

L’en­jeu était d’au­tant plus im­por­tant que « les Jeux sont une ex­pres­sion de la dua­li­té ca­na­dienne. Dans tout ce qu’on fait, on doit tou­jours res­pec­ter et pro­mou­voir cette va­leur fon­da­men­tale. C’est par le biais de grands évé­ne­ments du genre qu’on confirme et qu’on en­té­rine ces va­leurs », sou­tient le com­mis­saire.

UNE MO­BI­LI­SA­TION EN­COU­RA­GEANTE

La dua­li­té lin­guis­tique au­ra sur­tout été as­su­rée par la pré­sence de plu­sieurs cen­taines de bé­né­voles bi­lingues. Ar­bo­rant une broche « Hello, Bon­jour », les bé­né­voles étaient fa­ci­le­ment iden­ti­fiables de tous. L’ACFA de Red Deer a d’ailleurs ai­dé à leur re­cru­te­ment : « Nous avons contri­bué à l’or­ga­ni­sa­tion en mo­bi­li­sant nos fran­co­phones et fran­co­philes de la ré­gion », té­moigne Serge Gin­gras.

Au to­tal, pas moins de 500 bé­né­voles bi­lingues au­ront été pré­sents au cours des deux se­maines de com­pé­ti­tions. Un suc­cès dû à une col­la­bo­ra­tion étroite et de longue date se­lon Ray­mond Thé­berge : « La clef est tou­jours de s’as­su­rer dès le dé­part d’in­té­grer les langues of­fi­cielles, qu’on ait un co­or­di­na­teur, qu’on com­prenne les res­pon­sa­bi­li­tés sur les en­tentes de fi­nan­ce­ment, et qu’on éta­blisse un lien avec la com­mu­nau­té lo­cale ».

En prime d’un bilinguisme res­pec­té, le com­mis­saire a pu ap­pré­cier l’en­goue­ment des membres de la com­mu­nau­té fran­co­phone et fran­co­phile de Red Deer. « J’étais heu­reux de consta­ter cette vi­ta­li­té et leur en­ga­ge­ment en­vers les jeux, c’est vrai­ment ad­mi­rable », ponc­tue-t-il.

Le com­mis­sa­riat aux langues of­fi­cielles est d’ores et dé­jà en re­la­tion avec le co­mi­té or­ga­ni­sa­teur des pro­chains Jeux d’été de 2021 à Nia­ga­ra, avec tou­jours le même ob­jec­tif : mettre le bilinguisme à l’hon­neur.

Ray­mond Thé­berge, com­mis­saire aux langues of­fi­cielles, est ve­nu vi­si­ter les Jeux de Red Deer.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.