CES SYM­BOLES QUI FONT LA FRAN­CO­PHO­NIE AL­BER­TAINE

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

La com­mu­nau­té vient de se pa­rer d'un nou­vel em­blème of­fi­ciel : la cein­ture flé­chée pa­tri­mo­niale. Ins­pi­rée du dra­peau fran­co-albertain, elle a été of­fi­ciel­le­ment re­con­nue par l'ACFA pro­vin­ciale le 26 fé­vrier der­nier. Mais à quoi servent ces sym­boles, au juste ? Deux chefs de file donnent leur avis.

La re­con­nais­sance d’un nou­vel em­blème ne pou­vait pas mieux tom­ber qu’en ce Mois de la fran­co­pho­nie al­ber­taine. L’idée pro­vient en fait du Bu­reau de vi­si­bi­li­té de Cal­ga­ry en par­te­na­riat avec la So­cié­té pour le pa­tri­moine fran­co­phone de Cal­ga­ry. À l’oc­ca­sion du 150e an­ni­ver­saire de la Con­fé­dé­ra­tion en 2017, le de­si­gn de la cein­ture avait été ap­prou­vé en col­la­bo­ra­tion avec la So­cié­té his­to­rique de l’Al­ber­ta, l’ACFA et le Con­seil de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique (CDÉA).

« Autre que le dra­peau, il n’y avait rien, plaide Su­zanne de Cour­ville Ni­col, pré­si­dente et fon­da­trice du Bu­reau de vi­si­bi­li­té. L’idée était de four­nir un ou­til de vi­si­bi­li­té pour la fran­co­pho­nie al­ber­taine qu’on peut por­ter tout au long de l’an­née. » Qu’elle soit ar­bo­rée au­tour de la taille ou du cou, ou en­core comme ban­de­role, fou­lard ou cra­vate, la cein­ture flé­chée consti­tue ain­si un nou­vel ou­til de pro­mo­tion et d’ap­par­te­nance.

LE DRA­PEAU PLUS JA­MAIS SEUL

Le nou­vel em­blème a été tis­sé se­lon le mo­dèle du dra­peau fran­co-albertain. À la dif­fé­rence de l’ajout d’un fil noir « re­pré­sen­tant les an­nées sombres pour les fran­co­phones qui avaient per­du leurs droits et où le fran­çais était in­ter­dit », pré­cise la pas­sion­née, qui a d’ores et dé­jà re­çu plus d’une cen­taine de com­mandes de la cein­ture.

Le dra­peau fran­co-albertain, lui, avait été créé en 1982 par Jean-Pierre Gre­nier, ga­gnant d’un concours or­ga­ni­sé par Fran­co­pho­nie jeu­nesse de l’Al­ber­ta (FJA). Ses trois cou­leurs prin­ci­pales sont ti­rées du dra­peau fran­çais, à sa­voir le bleu, le blanc et le rouge. La fleur de lys ren­voie au Qué­bec et à la France, et la fa­meuse rose sau­vage, ou églan­tier, re­pré­sente l’Al­ber­ta. En­fin, les deux bandes dia­go­nales blanches et bleues viennent sym­bo­li­ser la tra­ver­sée des cours d’eau et des routes par les pion­niers ca­na­diens­fran­çais.

De­puis juin 2017, le dra­peau fran­co-albertain est re­con­nu of­fi­ciel­le­ment par le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial sous la Loi des em­blèmes de l’Al­ber­ta. « Le fait d’avoir la re­con­nais­sance par les ins­ti­tu­tions pu­bliques ren­force la fier­té », es­time Ma­rie-Laure Po­ly­dore, vice-pré­si­dente de l’ACFA pro­vin­ciale. D’ailleurs, la cein­ture était portée par la dé­pu­tée An­nie McKi­trick et la lieu­te­nante-gou­ver­neure Lois Mit­chell lors de la cé­ré­mo­nie de le­vée du dra­peau à Edmonton, le 1er mars.

LA PUIS­SANCE DU SYM­BOLE

« Le sym­bole est un élé­ment de ral­lie­ment, qui pré­sente le pas­sé mais aus­si l’ave­nir », es­time Ma­rie-Laure Po­ly­dore. Pour elle, la cein­ture et le dra­peau per­mettent ain­si aux Fran­co-Al­ber­tains de mieux com­prendre leur his­toire et de se ras­sem­bler. « Ça éveille au sein de cha­cun une fier­té d’ap­par­te­nance, une fier­té de ce qui a été fait par les an­cêtres fran­co-al­ber­tains », pour­suit celle qui a im­mi­gré en Al­ber­ta. « Je m’as­so­cie à cette fier­té-là », ponc­tue-telle.

Sur­tout, l’uti­li­sa­tion de sym­boles per­met la trans­mis­sion. « On passe ces élé­ments aux gé­né­ra­tions pré­sentes et fu­tures », in­dique la ges­tion­naire. En té­moigne le pro­jet de concep­tion des ar­moi­ries fran­co-al­ber­taines en­tre­pris l’an pas­sé par les en­fants des écoles, dont le des­sin sé­lec­tion­né est en cours d’adap­ta­tion par un gra­phiste pro­fes­sion­nel. « Ce sont ces en­fants qui vont for­mer la com­mu­nau­té fran­co­phone de de­main. Il est im­por­tant de les in­té­grer dans le pro­ces­sus, car ce sont eux qui vont por­ter le flam­beau », com­mente-telle.

Su­zanne de Cour­ville Ni­col est du même avis : « C’est une ques­tion de fier­té, d’ap­par­te­nance et de pro­mo­tion de notre langue et culture. »Si n’im­porte qui peut por­ter la cein­ture, elle est sur­tout uti­li­sée dans des cé­ré­mo­nies of­fi­cielles pour ho­no­rer des per­son­na­li­tés en­ga­gées, comme le pré­sident de l’ACFA Marc Ar­nal lors du Fo­rum com­mu­nau­taire en mai 2018.

Les per­sonnes dé­si­reuses de se pro­cu­rer la cein­ture flé­chée peuvent le faire dès à pré­sent dans la bou­tique en ligne de l’ACFA.

La cein­ture flé­chée pa­tri­mo­niale est dé­sor­mais un em­blème de la fran­co­pho­nieal­ber­taine.

Le dra­peau fran­co-albertain a été adop­té en 1982 par la com­mu­nau­té fran­co­phone et a été re­con­nu of­fi­ciel­le­ment par le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial en 2017.

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