25 ANS APRÈS, LA DE­MANDE POUR L'ÉDU­CA­TION EN FRAN­ÇAIS PLUS FORTE QUE JA­MAIS

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

C'était il y a 25 ans, le 14 mars 1994, qu'un ar­rêt mi­nis­té­riel ac­cor­dait le droit aux Fran­co-Al­ber­tains de gé­rer leur propre sys­tème d'édu­ca­tion. Les pre­miers con­seils sco­laires fran­co­phones voyaient alors le jour. Un quart de siècle plus tard, la de­mande pour l'édu­ca­tion en fran­çais est plus forte que ja­mais

Afin de sou­li­gner la date an­ni­ver­saire, la Fé­dé­ra­tion des con­seils sco­laires fran­co­phones de l’Al­ber­ta (FCSFA) en­tre­prend une sé­rie de cé­lé­bra­tions. D’abord, un col­loque réu­nis­sant conseillères et conseillers sco­laires qui se tien­dra en avril dans les lo­caux du Conseil sco­laire Centre-Nord (CSCN). « Des vrais com­bat­tants de la ges­tion sco­laire se­ront pré­sents », in­dique Ke­vin Bell, di­rec­teur exé­cu­tif de la FCSFA.

Puis, les écoles elles-mêmes pren­dront part aux fes­ti­vi­tés avec di­verses ac­ti­vi­tés dès la ren­trée sco­laire pro­chaine de sep­tembre, dont un grand ga­la en no­vembre afin de cé­lé­brer l’an­ni­ver­saire en grande pompe, et « sou­li­gner le fait que la ges­tion sco­laire a été du­re­ment ga­gnée », pré­cise le res­pon­sable.

LA PRE­MIÈRE DES VIC­TOIRES

La route au­ra été longue jus­qu’à la ges­tion sco­laire. « Le gou­ver­ne­ment al­ber­tain n’était pas fa­vo­rable à l’en­sei­gne­ment du fran­çais pen­dant de longues an­nées, la po­pu­la­tion fran­çaise était op­pri­mée par la ma­jo­ri­té », rap­pelle Ke­vin Bell. Pour lui, l’ar­rê­té du 14 mars 1994 marque ain­si « le com­men­ce­ment de l’épa­nouis­se­ment fran­co­phone ».

Vingt-cinq ans plus tard, les ré­sul­tats sont là : des écoles fran­co­phones pleines, des pro­grammes d’im­mer­sion convoi­tés et une de­mande tou­jours crois­sante. « Mes en­fants parlent beau­coup mieux que je ne l’au­rais cru pos­sible », té­moigne le di­rec­teur.

Sans comp­ter que le sys­tème édu­ca­tif en fran­çais s’ac­com­pagne de tout un vo­let com­mu­nau­taire qui a per­mis au fil des ans de res­ser­rer les liens dans la fran­co­pho­nie et de don­ner la chance aux élèves de pra­ti­quer la langue en de­hors de la salle de classe. « Nos fi­nis­sants sont la com­mu­nau­té fran­co­phone d’ave­nir, sou­ligne Ke­vin Bell. Les écoles font of­fice de centre com­mu­nau­taire avec leurs ac­ti­vi­tés cultu­relles et ar­tis­tiques ».

LE COM­BAT CONTI­NUE

Grâce à l’en­ga­ge­ment et la per­sé­vé­rance des pion­niers fran­co-al­ber­tains, « nous pou­vons comp­ter au­jourd’hui sur un ré­seau de 41 éta­blis­se­ments qui trans­mettent la langue et l’iden­ti­té fran­co­phones à plus de 8 000 élèves de la ma­ter­nelle à la 12e an­née ». Par­mi eux : Frank McMa­hon, Paul Du­bé, Yvon Ma­hé, Clau­dette Roy, Léo Pi­quette, De­nis Tar­dif, Anne-Ma­rie Bou­cher, ou en­core Chan­tal Mon­fette. « Il y a tel­le­ment de monde, c’est dif­fi­cile de tous les men­tion­ner sans en ou­blier !, s’ex­clame Ke­vin Bell. Ça a pris beau­coup de cou­rage. Ils ont fait le bon choix ».

Mais ce suc­cès n’est pas sans dé­fis : « La de­mande est tou­jours su­pé­rieure à l’offre, on a be­soin d’in­fra­struc­tures, il y a une pé­nu­rie de pro­fes­seurs, d’er­go­thé­ra­peutes et d’or­tho­pho­nistes… », énu­mère le di­rec­teur. Au­jourd’hui, seul 1 ayant droit sur 5 se­rait en école fran­co­phone, for­cé de re­joindre l’im­mer­sion, voire une école an­glo­phone.

Le mo­ment n’est pas ve­nu de se re­po­ser sur ses lau­riers, pré­vient le res­pon­sable. « On a vu ce qui est ar­ri­vé en On­ta­rio. Il faut une cer­taine vi­gi­lance de base ». Même si les signes du gou­ver­ne­ment al­ber­tain sont en­cou­ra­geants, no­tam­ment avec la po­li­tique de ser­vices en fran­çais an­non­cée, « c’est tou­jours im­por­tant de res­ter mo­bi­li­sé ».

En 1994, pour la pre­mière fois les pa­rents fran­co-al­ber­tains éli­saient des conseillers sco­laires. Cré­dit pho­to : ar­chives du jour­nal Le Fran­co.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.