5 MAGNUMS À OU­VRIR EN GROSSE GANG

Le Journal de Montreal - CASA - - SAVEURS - PA­TRICK DÉSY

Col­la­bo­ra­tion spé­ciale S’il existe un do­maine où « plus gros » rime avec « meilleur », c’est bien dans ce­lui du for­mat des bou­teilles. Im­po­sant et ré­jouis­sant de na­ture, le ma­gnum – qui équi­vaut à deux bou­teilles de 750 ml – est sans doute la plus belle in­ven­tion de­puis celle du vin !

Mais on ouvre ça quand un ma­gnum ? Un vi­gne­ron m’a dé­jà dit en plai­san­tant que c’était le for­mat mi­ni­mum lors­qu’on veut boire une bonne bou­teille à deux. Pas faux. De ma­nière plus pra­tique, si vous êtes six convives ou plus à la table, le mag est sou­vent une bonne op­tion, sur­tout si vous sou­hai­tez ser­vir le même vin à chaque ser­vice. En plus d’être fes­tif, le ma­gnum re­pré­sente sou­vent une meilleure af­faire dans la me­sure où il est plus éco­no­mique d’ache­ter un ma­gnum que deux bou­teilles. C’est ce­pen­dant moins vrai pour les vins haut de gamme. Parce qu’ils vieillissent plus len­te­ment et, donc, qu’ils res­tent jeunes plus long­temps, les grands crus en gros for­mats se vendent un peu plus cher. Au mo­ment d’écrire ces lignes, on trou­vait à la SAQ 171 ré­fé­rences en ma­gnum. Je vous en pro­pose cinq à mettre sur votre liste d’épi­ce­rie pour votre pro­chain sou­per en grosse gang.

Bu­vez moins. Bu­vez mieux. Bot­ter Car­lo, Vé­né­tie : Avec un prix de re­vient de 6,63 $ la bou­teille, c’est tech­ni­que­ment le vin le moins cher à la SAQ. Or, c’est loin d’être le moins bon. Bien au contraire, la qualité de ce pro­duc­teur vé­ni­tien est aus­si constante que sur­pre­nante. Un rouge lé­ger mon­trant un frui­té de bonne dé­fi­ni­tion. Sec et agréable, c’est un vin passe-par­tout. Ser­vir frais (12 °C). Dou­ro : Dirk Nie­poort a énor­mé­ment contri­bué à faire re­con­naître que le Dou­ro n’était pas qu’af­faire de por­to et qu’on pou­vait y pro­duire d’ex­cel­lents vins secs, en rouge comme en blanc. Sa pro­duc­tion éten­due compte de nom­breuses cu­vées et conti­nue de sur­vo­ler presque tous les autres pro­duc­teurs. Ici, un rouge gour­mand de bonne den­si­té axé sur le fruit et la sou­plesse. En ma­gnum, ça re­vient à 14,85 $ la bou­teille au lieu de 16,15 $. Pas­cal Jo­li­vet, Val de Loire : Ou­bliez le sau­vi­gnon mal lé­ché qui sent les ki­wis ou le pi­pi de chat. On est ici en pré­sence d’un vin aux par­fums de ci­tron frais, de pomme, de buis et d’iode. Une bouche nour­rie, un fruit tendre et une aci­di­té fine qui ajoute une élé­gance toute li­gé­rienne au vin. Une éco­no­mie de 0,70 $ par rap­port au prix en bou­teille. Pro­duc­tion bio. Ba­ron de Ley, Rio­ja : Le vin qui plaît à tout le monde. Fait de trem­pa­nillo et vi­ni­fié/éle­vé en bar­rique de chêne, c’est un rouge qui a du corps, de la ri­chesse, des ta­nins bien taillés et de la sa­veur en fi­nale. Des notes de ce­rise confite, de figue, de vieux rhum et d’épices douces. Les viandes brai­sées le met­tront en va­leur. Une éco­no­mie d’en­vi­ron 0,70 $ par rap­port à la bou­teille de 750 ml. Châ­teau le Puy, Francs Côtes de Bor­deaux : À 80 ans, Jean-Pierre Amo­reau, 13e gé­né­ra­tion de vi­gne­rons, fait par­tie de ces élec­trons libres im­pos­sibles à clas­ser. Sans être spec­ta­cu­laires, ses vins sont un mo­dèle de ré­gu­la­ri­té et de di­ges­ti­bi­li­té. Bio de­puis plus de 400 ans si on s’en tient à son dis­cours, la cu­vée Émi­lien se veut le vin « d’en­trée de gamme ». Or, c’est bou­gre­ment bon! Do­mi­né par le mer­lot et com­plé­té par les autres cé­pages bor­de­lais, c’est un rouge souple au frui­té sen­ti, vi­brant et élé­gant. Lé­gè­re­ment plus cher que deux bou­teilles, c’est un ma­gnum qui pour­ra se bo­ni­fier fa­ci­le­ment plus d’une di­zaine d’an­nées.

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