LE TON­NEAU FRAN­ÇAIS VEUT CONTI­NUER À ROU­LER DANS LE MONDE EN­TIER

AFP | Ex­por­té à 70 %, le ton­neau fran­çais ha­bille les vins de la vieille Eu­rope comme du Nou­veau Monde, mais la concur­rence à l’achat de chênes des Asia­tiques, et no­tam­ment des Chi­nois, fait craindre pour l’ave­nir de cette autre fi­lière du luxe.

Le Journal de Montreal - CASA - - SAVEURS -

Dans les ate­liers de la ton­nel­le­rie Syl­vain plane une odeur de brioche. En­tou­rant un bra­se­ro, un cercle de douelles, planches in­cur­vées qui forment les pa­rois du ton­neau, se laisse chauf­fer dou­ce­ment pour don­ner au bois de chêne un par­fum cor­res­pon­dant aux at­tentes du vi­ti­cul­teur.

« C’est la touche du chef », ex­plique, sou­rire en coin, Jean-Luc Syl­vain, pa­tron de la ton­nel­le­rie. Se­lon la taille du bra­se­ro ou le temps d’ex­po­si­tion, ses sa­la­riés vont don­ner aux 30.000 bar­riques pro­duites chaque an­née un par­fum al­lant du pain qui sort du four au ca­cao tor­ré­fié, en pas­sant par le mo­ka.

« La ton­nel­le­rie fran­çaise par­ti­cipe à la re­nom­mée du luxe fran­çais, au même titre que la par­fu­me­rie ou la haute cou­ture », clame M. Syl­vain.

Ce sa­voir-faire, plé­bis­ci­té par les grands crus fran­çais, s’ex­porte tout au long de l’an­née : les ton­ne­liers fran­çais font « 70 % à l’ex­por­ta­tion », ex­plique-t-il.

« L’Eu­rope nous oc­cupe de main­te­nant jus­qu’à jan­vier et après, c’est l’hé­mi­sphère sud (Amé­rique du Sud, Afrique du Sud, Aus­tra­lie et Nou­velle-Zé­lande). Entre les deux, les États-Unis bouchent bien la fin de l’hé­mi­sphère sud, fin mars, entre avril et juin », dé­taille-t-il. De quoi oc­cu­per ses sa­la­riés, toute l’an­née, sauf aléas cli­ma­tiques.

CHIFFRES EN AUG­MEN­TA­TION

Avec 615 385 uni­tés ven­dues en 2017, la ton­nel­le­rie fran­çaise a dé­ga­gé un chiffre d’af­faires de 429 mil­lions d’eu­ros, en pro­gres­sion de 4,6 % par rap­port à l’an­née pré­cé­dente.

La bar­rique de chêne fran­çais, si elle ha­bille les vins de la vieille Eu­rope comme du Nou­veau Monde, ne doit pas les tra­ves­tir : « la bar­rique, elle sup­porte le vin, elle doit le mettre en va­leur, elle doit l’ai­der à gran­dir, mais en au­cun cas, elle ne doit le do­mi­ner. C’est de l’édu­ca­tion », ex­plique Jean-Luc Syl­vain.

Pour cette rai­son, les ton­neaux de M. Syl­vain sont ma­jo­ri­tai­re­ment fa­bri­qués à par­tir de chênes ses­siles et de chênes pé­don­cu­lés : « Ils sont beau­coup plus re­cher­chés que les chênes amé­ri­cains parce qu’ils donnent des vins avec beau­coup plus d’équi­libre, lais­sant la part belle aux fruits ».

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