Un rôle in­tense pour So­phie Lau­rin

La deuxième sai­son de Plan B brosse le por­trait de Flo­rence, une ani­ma­trice ve­dette et mère de fa­mille qui re­monte le temps pour em­pê­cher sa fille de com­mettre l’ir­ré­pa­rable. Nous avons dis­cu­té avec So­phie Lo­rain, qui campe l’hé­roïne im­par­faite au coeur d

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - MARC-AN­DRÉ LE­MIEUX Le Jour­nal de Mont­réal marc-andre.le­mieux @que­be­cor­me­dia.com

Pour­quoi avez-vous ac­cep­té de jouer dans Plan B ?

J’avais en­vie de tra­vailler avec Jean-Fran­çois As­se­lin. C’est un réa­li­sa­teur que j’aime bien. J’avais beau­coup ai­mé Fran­çois en sé­rie. On avait dé­jà tra­vaillé en­semble pour réa­li­ser la der­nière sai­son de Nos étés. C’est un gars in­tel­li­gent qui di­rige bien les ac­teurs. C’est quel­qu’un de tra­vaillant. Puis je trou­vais ça in­té­res­sant que deux gars écrivent un per­son­nage de femme fé­mi­niste, une femme de car­rière qui connaît des ra­tés et qui fait le choix de re­tour­ner en ar­rière pour es­sayer de tout ré­pa­rer.

Com­ment dé­cri­riez-vous Flo­rence ?

C’est une femme très contem­po­raine. C’est une fille qui a dé­ci­dé de de­ve­nir quel­qu’un, de faire ce qu’elle avait en­vie. Mais au fil du temps, elle réa­lise qu’on peut tout avoir, mais pas né­ces­sai­re­ment en même temps.

Le pre­mier épi­sode com­prend un plan­sé­quence de sept mi­nutes du­rant le­quel Flo­rence tombe en état de choc après avoir dé­cou­vert le corps in­ani­mé de Ma­ri­lou, sa fille de 15 ans. Quel dé­fi re­pré­sen­tait le tour­nage d’une telle scène ?

J’ai­mais l’idée de tour­ner en conti­nu. On l’a fait une di­zaine de fois. Ma grande peur, et j’en par­lais quo­ti­dien­ne­ment à Jean-Fran­çois, c’était qu’on tombe dans quelque chose de trop mé­lo­dra­ma­tique. La si­tua­tion est dra­ma­tique, c’est vrai. C’est dur de perdre un en­fant. Mais je n’avais pas en­vie qu’on voie tou­jours Flo­rence en train de brailler. Ça au­rait été in­sup­por­table.

Com­ment sort-on d’une sé­quence aus­si in­tense ?

J’es­saie de chas­ser les choses ra­pi­de­ment pour faire en­trer la pro­chaine af­faire et pour être pré­sente à chaque ins­tant. En tour­nage, j’ai ten­dance à fer­mer un peu la co­quille. Pas pour avoir l’air bête, mais pour pen­ser à des choses qu’on peut peau­fi­ner en cours de route, pour bo­ni­fier, pour faire quelque chose de plus en plus fin, de plus en plus vrai.

Et com­ment sort-on d’un tour­nage aus­si in­tense ?

Sur les ro­tules. Tour­ner Plan B, ç’a été une ex­pé­rience épui­sante. Un mois après, je de­vais réa­li­ser quelques épi­sodes des In­vi­sibles [une sé­rie qu’elle pro­duit et qui at­ter­ri­ra à TVA en jan­vier], mais je n’en ai pas été ca­pable.

Pour une ac­trice ayant te­nu la ve­dette

d’Au se­cours de Béa­trice du­rant quatre ans, une sé­rie de 24 épi­sodes par sai­son, on au­rait cru qu’une mi­ni­sé­rie de six épi­sodes, c’était presque des va­cances…

Oh non! Plan B, c’était cos­taud. C’était très émo­tif tout le temps, tout le temps, tout le temps. Des re­tours en ar­rière, des al­lers en avant... Dans une jour­née, je pou­vais me chan­ger 10 fois. Ça vou­lait dire que chaque fois, je n’étais plus dans le même es­pace-temps. C’était quelque chose.

Quand vous voyez le ré­sul­tat, vous dites-vous qu’au fi­nal, ça va­lait la peine ?

Les en­fants sont écoeu­rants, Luc Gué­rin est bou­le­ver­sant… J’adore tout le monde. Mais pour mon tra­vail, je suis très mau­vais juge. Mon but, c’était de bien ra­con­ter l’his­toire. Je vou­lais faire hon­neur aux textes. Parce que dans

Plan B, il n’y a pas d’ac­ci­dent de chars, il n’y a rien qui ex­plose. On est dans la den­telle, la fi­nesse.

Vous par­ta­gez plu­sieurs scènes avec Émi Chi­coine, qui fait ses dé­buts au pe­tit écran dans le rôle de Ma­ri­lou. Com­ment l’avez-vous épau­lée lors du tour­nage ?

D’em­blée, on s’est fait con­fiance. Jean-Fran­çois a fait une job for­mi­dable avec elle. La pre­mière fois qu’elle est ve­nue au­di­tion­ner, on voyait qu’il y avait quelque chose de très fort, mais en même temps, de très ren­fer­mé. C’est un ta­lent qui de­man­dait à éclore. Jean-Fran­çois l’a prise en charge et pe­tit à pe­tit, le pa­pillon a ou­vert ses ailes. Elle a tra­vaillé très fort, vrai­ment très fort. Et j’ai ado­ré tra­vailler avec elle. La deuxième sai­son de Plan B est of­ferte sur ICI Tou.tv Ex­tra, sous l’on­glet Vé­ro.tv.

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