UN RO­MAN HYPNOTISANT

Fai­sant par­tie des in­vi­tés d’hon­neur du Sa­lon du livre de Mont­réal, Ber­nard Wer­ber se­ra sous peu au Qué­bec. En at­ten­dant de pou­voir le ren­con­trer là-bas, nous vous in­vi­tons donc à dé­cou­vrir son tout der­nier livre.

Le Journal de Montreal - Weekend - - LIVRES -

Ce qu’il y a de gé­nial, avec les ro­mans de Ber­nard Wer­ber, c’est qu’on ap­prend tou­jours plein de choses sans que ce soit abs­cons ou en­nuyeux, les connais­sances et l’ima­gi­na­tion de ce pro­li­fique écri­vain fran­çais ne sem­blant pas avoir de li­mites. Et avec La Boîte de

Pan­dore, son tout nou­veau pa­vé, il nous in­vite cette fois à sou­le­ver le cou­vercle de notre propre boîte crâ­nienne pour son­der les ar­canes de l’in­cons­cient… et les mul­tiples vies an­té­rieures qui s’y ca­che­raient !

« Jour­na­liste scien­ti­fique de for­ma­tion, j’ai par le pas­sé été ame­né à ré­di­ger des pa­piers sur l’hyp­nose et un jour, j’ai ren­con­tré un hyp­no­ti­seur qui m’a pro­po­sé de faire une ré­gres­sion, ex­plique Ber­nard Wer­ber, qu’on a ré­cem­ment réus­si à joindre à Pa­ris. Au fil du temps, j’ai ain­si pu vi­si­ter quatre de mes an­ciennes vies qui, en pas­sant, n’ont rien à voir avec celles dont je parle dans mon livre. L’hyp­nose ré­gres­sive est une ma­nière de cher­cher plus pro­fon­dé­ment la source de notre in­di­vi­dua­li­té, de dé­cou­vrir qu’elle n’a pas seule­ment été for­gée par nos pa­rents. Même si on ne peut pas être sûr que ça marche vrai­ment et qu’on n’est pas obli­gé d’y croire, cet ou­til existe et pour moi, il a aus­si été une source d’ins­pi­ra­tion. C’est du reste l’avan­tage d’être ro­man­cier plu­tôt qu’es­sayiste : quel que soit le su­jet abor­dé, on n’est pas obli­gé de convaincre. » ATTACHEZ VOS CEIN­TURES !

Ac­com­pa­gnant une col­lègue de tra­vail à un spec­tacle in­ti­tu­lé Hyp­nose et mé­moires ou­bliées, le pro­fes­seur d’his­toire Re­né To­le­da­no se­ra dé­si­gné au ha­sard pour mon­ter sur scène et, éven­tuel­le­ment, re­mon­ter dans la vie où il a été le plus hé­roïque. Alors qu’il était presque aus­si scep­tique que nous, il au­ra ain­si la sur­prise d’at­ter­rir dans la tête d’Hip­po­lyte Pé­lis­sier, un ca­po­ral de la Pre­mière Guerre mon­diale sur le point d’af­fron­ter les Al­le­mands pen­dant la san­glante of­fen­sive du Che­min des Dames. Une ex­pé­rience qui l’ébran­le­ra sé­rieu­se­ment et qui ne tar­de­ra pas à avoir un im­pact di­rect sur sa vie ac­tuelle, cette brève in­cur­sion dans les tran­chées ayant entre autres contri­bué à faire sur­gir en lui des ré­flexes dé­fen­sifs dignes de Ja­ckie Chan.

« J’ai la forte in­tui­tion qu’on est la somme de toutes les per­sonnes qu’on a été, car dans chaque vie, on ap­prend un pe­tit quelque chose, ajoute Ber­nard Wer­ber. Ma vie pré­sente est donc is­sue de tout ce qui n’a pas fonc­tion­né dans mes vies pré­cé­dentes. Vers 1200, j’ai par exemple été un ar­cher an­glo-saxon qui a beau­coup souf­fert de ne sa­voir ni lire ni écrire. La chance qu’on a, c’est que toutes ces vies an­té­rieures ont été beau­coup moins bien que cette vie-ci, parce que les gens d’au­tre­fois ont dû af­fron­ter la fa­mine, les ma­la­dies et quan­ti­té d’autres énormes in­con­vé­nients. » BIEN­TÔT À MONT­RÉAL

Ne re­cu­lant de­vant rien pour le prou­ver, Ber­nard Wer­ber of­fri­ra donc à Re­né To­le­da­no un par­cours to­ta­le­ment hors-norme qui l’in­ci­te­ra tour à tour à dé­cou­vrir ses pas­sés de ri­chis­sime com­tesse dont tous les proches sou­hai­taient ar­dem­ment la mort, de ga­lé­rien en­chaî­né sur les bancs d’un vais­seau ro­main à deux doigts d’être cou­lé en 249 avant Jé­sus-Ch­rist, de moine boud­dhiste cam­bod­gien tor­tu­ré par les Kh­mers rouges ou d’as­tro­nome ori­gi­naire d’HaMen-Ptah, une gi­gan­tesque île iso­lée au mi­lieu de l’océan At­lan­tique qui, dans le fu­tur, se­ra mieux connue sous le nom d’At­lan­tide.

Ayant vite ap­pris à s’au­to-hyp­no­ti­ser pour pro­fi­ter de l’aide et des conseils de ses nom­breux an­ciens moi, Re­né ira même jus­qu’à in­fluer le cours de l’His­toire. Mais afin de vous lais­ser le soin de dé­cou­vrir com­ment et pour­quoi – et vous al­lez voir, Ber­nard Wer­ber n’y est pas al­lé de main morte ! –, on n’en di­ra pas plus. En re­vanche, on peut se per­mettre d’ajou­ter que l’écri­vain, qui fait cette an­née par­tie des in­vi­tés d’hon­neur du Sa­lon du livre de Mont­réal, a dé­jà très hâte de ve­nir nous rendre vi­site. « Au Sa­lon, je sais qu’on a dé­jà pré­vu beau­coup de choses pour moi et j’aime bien, parce que les lec­teurs qui viennent me voir sont ou­verts et agréables, pré­cise-t-il. J’ai une grande his­toire d’amour avec le Qué­bec et chaque fois que je peux y al­ler, c’est comme des va­cances ! »

KA­RINE VILDER Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

LA BOÎTE DE PAN­DORE Ber­nard Wer­ber, aux Édi­tions Al­bin Mi­chel, 560 pages

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