AP­PRENDRE LE FRAN­ÇAIS AVEC LE ROI LION ET POCAHONTAS

Avant de de­ve­nir hu­mo­riste, Meh­di Bou­sai­dan a fait des études… en cinéma !

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA WEEKEND - ISA­BELLE HONTEBEYRIE

Quel est votre pre­mier sou­ve­nir d’une salle de cinéma ?

C’était au Quar­tier La­tin, l’an­née où je pense que nous sommes ar­ri­vés au Qué­bec. Je de­vais avoir cinq ou six ans. Mon père m’avait em­me­né voir un film qui s’ap­pe­lait Le pe­tit monde des

em­prun­teurs. C’est l’his­toire de pe­tits per­son­nages qui se lèvent la nuit et em­pruntent des ob­jets aux hu­mains.

Quel a été votre pre­mier film mar­quant ?

Je re­gar­dais beau­coup la té­lé­vi­sion avec mes pa­rents. Ce­lui qui m’a beau­coup mar­qué est un drame ma­ro­cain – je suis al­gé­rien, mais mes pa­rents re­gar­daient énor­mé­ment de films tu­ni­siens, ma­ro­cains, al­gé­riens – qui, je crois, s’ap­pe­lait

Les en­fants du pa­ra­dis. C’était l’his­toire d’un frère et d’une soeur très pauvres, qui vi­vaient à Ca­sa­blan­ca et comme ils étaient pauvres, ils par­ta­geaient la même paire de sou­liers. Je de­vais avoir sept ou huit ans et je me sou­viens que j’avais pleu­ré.

Et plus ré­cem­ment ?

La mise à mort du cerf sa­cré. J’ai beau­coup ai­mé. La forme du film est par­ti­cu­lière, on ne com­prend pas trop ce qui se passe, si c’est de la fic­tion ou la réa­li­té. J’ai vrai­ment beau­coup ai­mé. Ça m’a per­tur­bé !

Dans quel film ai­me­riez-vous vivre ?

Étran­ge­ment, j’ai beau­coup ai­mé Le

chat dans le sac de Gilles Groulx. Je l’ai vu sur le site de l’ONF quand j’ai com­men­cé mes études en cinéma au cé­gep. J’ai beau­coup ai­mé l’am­biance. J’au­rais ai­mé connaître le Qué­bec de ces an­nées-là. L’ar­chi­tec­ture, les vê­te­ments… J’aime beau­coup Mon­tréal et je trouve par­fois qu’elle s’en­lai­dit avec des condos et des centres com­mer­ciaux.

Vou­liez-vous de­ve­nir réa­li­sa­teur quand vous avez amor­cé vos études ?

Non, je ne sa­vais pas trop. Je sa­vais que je vou­lais faire du cinéma. J’ai tou­jours été ci­né­phile, j’ai tra­vaillé dans un club vi­déo pen­dant deux ans et j’ai vu beau­coup de films, j’en voyais au moins deux ou trois par jour.

Qui a été votre pre­mier « kick » au grand écran ?

Jo­die Fos­ter dans La chambre forte .Je la trouve ma­gni­fique, tel­le­ment belle. Elle avait des che­veux courts – c’est rare les che­veux courts –, blonds et des yeux clairs bleus. Je la trou­vais co­ol de se battre contre trois mal­frats qui s’in­tro­duisent dans sa mai­son. J’ai beau­coup ai­mé ce film.

La trame so­nore qui a ber­cé votre en­fance ?

Je pense que c’est Le roi Lion. C’est l’un des pre­miers films que j’ai vus quand j’ai ap­pris à par­ler fran­çais, quand j’avais cinq ou six ans et que nous sommes ar­ri­vés au Qué­bec. Mon père m’avait ap­por­té deux films, Pocahontas et Le roi Lion ! Je ne com­pre­nais pas né­ces­sai­re­ment les pa­roles, mais je chan­tais ! J’ai ap­pris à par­ler fran­çais avec ces films-là !

Un film qui vous fait pleu­rer ?

Seul au monde avec Tom Hanks. La scène dans la­quelle il perd Wil­son, son bal­lon, vient me cher­cher chaque fois ! Je me suis beau­coup at­ta­ché à Wil­son et c’est un tour de force de faire d’un bal­lon un per­son­nage au­quel on s’at­tache !

Un film qui vous a trau­ma­ti­sé, en­fant ?

Le dé­but d’Il faut sau­ver le sol­dat Ryan. Mes pa­rents l’avaient loué et ils étaient par­tis faire l’épi­ce­rie. Je l’ai mis et j’étais beau­coup trop jeune pour voir ça. La scène du dé­bar­que­ment de Nor­man­die m’a cho­qué. Je de­vais être en deuxième an­née du pri­maire. Je ne com­pre­nais pas et je ne sa­vais pas que cette guerre avait eu lieu.

Le roi Lion

Le chat dans le sac

Il faut sau­ver le sol­dat Ryan

La mise à mort du cerf sa­cré

La chambre forte

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