Le Journal de Montreal

La firme EBR perd son droit de soumission­s publiques

- JEAN-NICOLAS BLANCHET

Moins d’un mois après le lui avoir octroyé, l’Autorité des marchés financiers a révoqué l’autorisati­on à la firme informatiq­ue EBR de contracter avec les instances publiques.

L’histoire remonte à l’été dernier, lorsque l’UPAC a arrêté pour fraude le cofondateu­r de la firme de Québec, Mohamed El Khayat.

Par décret du gouverneme­nt, EBR a ensuite été forcée d’obtenir une autorisati­on de l’AMF afin de continuer à contracter avec Québec. L’AMF a donné sa bénédictio­n à la firme de Québec le 24 février dernier.

Mais le 11 mars, l’UPAC frappait à nouveau et arrêtait El Khayat et Jean-François Robidas, qui étaient encore jusque-là vice-présidents aux ventes.

L’AMF avait donc certifié une entreprise qui, deux semaines plus tard, voyait un autre de ses cadres être arrêté pour fraude.

Martin Coiteux de concert avec l’AMF ont par la suite décidé de réexaminer cette autorisati­on.

Hier, l’AMF a finalement annoncé qu’elle révoquait l’autorisati­on.

L’AMF SE JUSTIFIE

Pour se justifier d’avoir autorisé EBR malgré l’arrestatio­n pour fraude, l’AMF précise qu’«elle ne disposait d’aucun élément relatif aux individus arrêtés ultérieure­ment par l’UPAC qui aurait été de nature à affecter sa décision».

Rappelons que la frappe de l’UPAC a aussi visé un employé et deux ex-employés de la firme IBM. Martin Coiteux avait aussi demandé des vérificati­ons concernant IBM.

Sur ce point, l’AMF explique que «la réévaluati­on du dossier [...] se poursuit».

De son côté, la firme EBR qualifie de «regrettabl­e» cette décision. «L’AMF nous donne 10 jours pour donner notre point de vue et EBR va tout faire pour préserver ses 50 emplois», a signifié un porte-parole.

 ??  ?? MohaMed el Khayat Ex-dirigeant d’EBR
MohaMed el Khayat Ex-dirigeant d’EBR

Newspapers in French

Newspapers from Canada