Le Journal de Montreal

Pas de nouveau procès s’il n’y a pas une nouvelle preuve

- KATHRYNE LAMONTAGNE

Aussi étonnantes que les révélation­s de l’ex-juge Jacques Delisle puissent être, cette nouvelle version des faits n’aidera en rien sa cause auprès du ministre, croit le criminalis­te Jean-Pierre Rancourt.

Pour être entendue, une demande de révision ministérie­lle doit comporter une preuve nouvelle, qui n’était pas disponible au moment du procès. Or, M. Delisle aurait pu témoigner, ce qu’il a choisi de ne pas faire.

«Le ministre, ce qu’il a à se demander, c’est s’il y a quelque chose pour ordonner un nouveau procès. Sa version des faits? Non. Ça ne change absolument rien. On ne peut pas, comme au baseball, donner trois prises au gars», affirme Me Rancourt.

STRATÉGIE MÉDIATIQUE

Sa stratégie médiatique actuelle, bien qu’elle fasse grand bruit, ne devrait influencer en rien non plus la décision du ministre. «Ça peut, à mon avis, nuire plus qu’aider. Il va arriver quoi à l’avenir? On ne témoigne pas lors d’un procès, puis, après avoir essuyé les revers, on sollicite les médias et le ministre pour donner sa version? Le ministre ne peut pas faire ça», poursuit-il.

Me Rancourt doute d’ailleurs de la véracité de cette nouvelle version. «Ça ne marche pas. Il a menti aux policiers, à sa femme, à sa maîtresse, à ses enfants. Même s’il avait donné cette version-là au procès, il aurait été contre-interrogé et je ne suis pas sûr qu’il aurait été cru làdessus», termine-t-il, précisant que l’aide au suicide est passible d’une peine de 14 ans de prison.

BALISTIQUE

Notons que ces nouveaux faits n’ont aucun impact sur la preuve balistique présentée lors du procès. Les expertises de la Couronne tendaient vers le meurtre, alors que celles de la défense faisaient état d’un tir auto-infligé. Cette dernière n’a pas été crue par le jury.

Une analyse balistique additionne­lle pourrait tout de même être faite lors de cet ultime recours, mais, encore une fois, elle devrait être nouvelle et non disponible au moment du procès. Selon les informatio­ns obtenues par Le Journal, Me Lockyer aurait trouvé une manière de travailler la preuve balistique, ce qui pourrait lui donner une chance auprès du ministre.

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