Le Journal de Montreal

Le pompier sadomaso débouté en Cour d’appel

- MICHAËL NGUYEN

Le pompier ayant causé la mort d’une partenaire lors de jeux sadomasoch­istes en 2008 a perdu en appel hier, sans même que la Couronne n’ait à dire un seul mot aux trois juges du plus haut tribunal de la province.

«Nous en sommes venus à un verdict unanime, une personne raisonnabl­e aurait su qu’il y avait un risque à quitter les lieux avec la victime attachée debout, sans possibilit­é d’appeler à l’aide» , a tranché la juge Nicole Duval après quelques minutes à peine de délibérati­on.

En prison

Patrick Deschatele­ts, 48 ans, devra donc finalement purger la peine d’une année de prison dont il avait écopé en 2013, après avoir été déclaré coupable de négligence causant la mort de sa victime en février 2008.

Ce jour-là, il avait attaché sa victime, dont l’identité est protégée par un interdit de publicatio­n, avec des chaînes au plafond du sous-sol de sa résidence.

Deschatele­ts s’était ensuite absenté une vingtaine de minutes pour aller acheter des pâtes à l’épicerie, et à son retour, la femme était inconscien­te, pendue par le cou au bout de la chaîne.

Pour la défense, Deschatele­ts avait agi comme toute personne raisonnabl­e aurait agi, et il ne pouvait être reconnu coupable de négligence.

«Ce sont des personnes lucides qui se sont engagées dans ces jeux, a plaidé Me Giuseppe Battista hier. Le plus important, c’était de vérifier le confort de la personne. On ne peut pas éliminer tous les risques. Les deux personnes ne voyaient pas de danger.»

Mais tout comme le juge de première instance, la Cour d’appel n’a pas été de cet avis.

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La soeur de la victime, présente dans la salle d’audience hier, n’a pas pu retenir ses larmes lors de l’annonce du verdict.

«Il s’en va en prison, ça fait tellement longtemps qu’on attend ça, a-t-elle dit. Ça fait sept ans! J’avais peur qu’il s’en échappe.»

La femme souhaite d’ailleurs que ce jugement puisse servir de mise en garde à ceux qui veulent explorer le monde du sadomasoch­isme.

Me Magali Cimon de la Couronne s’est de son côté déclarée satisfaite de la décision de la Cour d’appel, même si elle a paru surprise quand les juges lui ont annoncé qu’elle n’avait même pas à plaider.

L’avocat de M. Deschatele­ts, Me Battista, n’a pas souhaité pour sa part faire de commentair­e à la sortie de la salle d’audience.

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Débouté
PATRICK DESCHATELE­TS Débouté

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