Le Journal de Montreal

« Les petites commotions, ça n’existe pas »

Un chercheur met les parents en garde sur les effets à long terme de ce genre de traumatism­e

- Amélie St-YveS

TROIS-RIVIÈRES | Selon un chercheur en neurobiolo­gie, les petites commotions cérébrales n’existent pas. Il souhaite défaire ce mythe qui persiste chez plusieurs parents d’athlète.

«Une commotion cérébrale qui n’est pas grave, ça n’existe pas. Que t’aies perdu conscience ou que tu sois confus, ça ne change rien sur les impacts à long terme», indique Louis de Beaumont, chercheur à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Il précise que c’est la répétition plutôt que la gravité de l’incident qui aura des impacts ou non à court, moyen ou long terme.

Selon le chercheur, les parents banalisent encore trop les conséquenc­es pour leurs enfants.

Sur un terrain de sport récréatif, ce sont souvent les parents qui sont les premiers intervenan­ts. «Ce sont eux qui vont intervenir auprès des enfants, et qui vont gérer le retour au jeu, qui ne doit pas être trop rapide», explique Louis de Beaumont.

Selon lui, il faut se présenter à l’hôpital si les symptômes persistent ou si le jeune n’en est pas à sa première commotion.

CHANGER DE SPORT

Le chercheur ne va pas jusqu’à vouloir bannir la pratique du hockey, du football ou du soccer, où les commotions cérébrales sont plus fréquentes.

Toutefois, lorsque l’enfant a subi quelques commotions, il est temps d’envisager de changer de sport. «Il ne faut pas arrêter de bouger. Le sport, c’est fondamenta­l. Mais parfois, c’est le temps de se questionne­r. Très peu vont jouer dans la LNH… Ça reste du récréatif.»

Pour lui, il est également impératif de revoir certaines pratiques. «Au hockey, estce qu’on pourrait être plus sévère sur les coups non réglementa­ires? Un jeune de 5 ans, 6 ans ou 7 ans qui joue au football

full contact, est-ce que c’est responsabl­e? Ce n’est pas de jeter le blâme sur qui que ce soit. Ce sont simplement des questions qui doivent être posées.»

Selon la Fondation Martin Matte, le tiers des traumatism­es crâniens chez l’enfant surviennen­t pendant la pratique d’un sport ou d’un loisir. La répétition de ces blessures peut occasionne­r des symptômes plus graves, comme une difficulté de concentrat­ion, des maux de tête, des troubles dépressifs, des problèmes de mémoire et des réflexes moins aiguisés.

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