Le Journal de Montreal

Le phénomène télé qui balaie les États-Unis

Cet hiver, la série Empire a littéralem­ent pris d’assaut nos voisins du Sud

- Marc-André Lemieux MALemieuxJ­DM

C’est un phénomène télévisuel que personne n’avait vu venir. Le plus gros depuis Grey’s Anatomy en 2005. Une tornade si puissante qu’elle a même empêché Madonna d’atteindre le sommet des ventes d’albums aux États-Unis. Depuis ses débuts en janvier, la série

Empire défie la gravité en enregistra­nt, semaine après semaine, des hausses d’auditoire, prouvant hors de tout doute qu’en télévision, la diversité ethnique paie.

Créée par Lee Daniels (Precious )et Danny Strong (The Butler), Empire brosse le portrait de Lucious Lyon, un ancien trafiquant de drogue reconverti en star du hip-hop/président de maison de disques. Riche comme Crésus, ce magnat du rap voit son univers basculer le jour où son médecin lui apprend une terrible nouvelle: il est atteint d’une maladie incurable. Ce diagnostic créera des tensions entre ses trois fils, qui sont prêts à tout (ou presque) pour lui succéder. Et quand son ex-femme revient dans le portrait après avoir passé 12 ans en prison, les choses se compliquen­t davantage.

Dotée d’une distributi­on essentiell­ement afro-américaine, Empire fait exploser les cotes d’écoute cet hiver. Présentée les mercredis soir, la série a rallié une moyenne de 14,9 millions de téléspecta­teurs le 11 mars dernier, selon Nielsen. La chaîne FOX s’attendait à atteindre un nouveau sommet hier soir en présentant le dernier épisode avant le retour du feuilleton en janvier 2016.

UNE « RÉVOLUTION »

Empire fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis. Non pas pour ses intrigues bien ficelées (qui sont aussi réalistes que celles d’un soap de fin d’aprèsmidi), mais plutôt pour son importance dans le paysage culturel américain. Selon le New York Post, Empire mérite le titre de «série la plus révolution­naire du XXIe siècle». Pourquoi? Parce qu’elle compte sur une distributi­on (presque) exclusivem­ent noire, fait rarissime pour une fiction diffusée à heure de grande écoute sur une chaîne généralist­e. Certes, Scandal, How to Get Away with Murder et Grey’s Anatomy sont dotées

d’un casting multiethni­que, mais plusieurs Blancs y occupent le haut du pavé. Celui d’Empire est entièremen­t noir. Par conséquent, la série attire plusieurs millions d’Afro-Américains qui peinent à voir leur réflexion dans les autres fictions.

DEVANT MADONNA

Empire attire aussi un public friand de musique, curieux de voir quelle star apparaîtra au générique, semaine après semaine. Parmi les chanteurs qui sont venus faire leur tour dans la série depuis janvier, signalons Mary J. Blige, Jennifer Hudson, Gladys Knight et Estelle.

Lancée mardi dernier, la bande sonore est entrée au premier rang du palmarès du Billboard 200 avec 130 000 copies vendues, tout juste devant le nouveau disque de Madonna, Rebel Heart , qui a trouvé 121 000 preneurs.

Fait intéressan­t: la Material Girl ne semble pas en vouloir à Empire, puisqu’elle vient de retenir les services du comédien principal du drame, Terrence Howard, pour jouer dans son nouveau vidéoclip, Ghosttown, qu’elle tourne cette semaine à Los Angeles.

 ??  ?? Dans Empire, Terrence Howard incarne un magnat du rap atteint d’une maladie incurable. En seulement deux mois, la série s’est hissée au troisième rang des fictions les plus regardées aux États-Unis, derrière NCSI et The Big Bang Theory.
Dans Empire, Terrence Howard incarne un magnat du rap atteint d’une maladie incurable. En seulement deux mois, la série s’est hissée au troisième rang des fictions les plus regardées aux États-Unis, derrière NCSI et The Big Bang Theory.
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