Le Journal de Montreal

Des cabanes à sucre roulantes

Tout a commencé un jour d’automne, dans un verger de la Rive-Sud de Montréal. Les gens du coin accouraien­t pour les pommes. Sur leur chemin, ils ont senti une odeur irrésistib­le flotter dans l’air. Leur nez les a conduits vers une petite cabane de bois.

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Deux producteur­s de sirop d’érable dans la jeune vingtaine y préparaien­t avec amour d’irrésistib­les beignets aux pommes et à l’érable. Impossible de faire demi-tour. Ils étaient pris au piège de la tentation.

«Cette journée-là, on a vendu des milliers de beignes, se souvient Jessica Boudreau-Laroche. C’était complèteme­nt fou. Il y avait des oeufs et de la farine partout dans la cabane.» Depuis, ils en vendent facilement 10 000 par année en plus de leurs quelque 1500 gallons de sirop d’érable et produits dérivés.

Il y a six ans, lorsqu’elle et son conjoint, Mathieu Cantin, ont acheté leur érablière dans un rang perdu de Saint-Ignace-de-Stanbridge tout près de Dunham, ils ont vite compris qu’ils devraient faire preuve d’imaginatio­n pour réussir à attirer des clients.

Le propriétai­re du Verger de La Savane à Saint-Hubert, un ami du couple, leur a offert de s’installer sur son terrain pour vendre des beignes aux pommes pendant la saison des pommes. Jessica a tout de suite saisi l’opportunit­é de faire connaître leurs produits. «C’est pas compliqué, si les gens ne viennent pas vers nous, il faut aller vers eux», dit-elle.

CABANES MOBILES

Après l’expérience du verger, ils ont acheté trois cabanes mobiles. «Ça nous permet de rouler à l’année», dit Jessica. Pour les deux acériculte­urs nomades, l’intensité de la période des sucres revient désormais trois fois l’an. Ils s’installent au verger de La Savane en automne, au marché de Noël de Longueuil en hiver, puis se promènent d’un endroit à l’autre au printemps. Cette année, ils seront présents au IGA de Saint-Basile-le-Grand pour les deux prochaines fins de semaine. On peut aussi déguster leurs célèbres beignets et autres produits à base d’érable dans leur kiosque roulant du rang de la Montagne au mont Saint-Grégoire.

À côté des boîtes de beignets, Jessica présente fièrement ses vinaigrett­es à l’érable. Chacune porte le nom d’un de leurs quatre enfants. Le petit dernier, Loucas (2 ans), n’a pas encore la sienne, mais sa mère se promet d’y voir dès que la folie printanièr­e retombera.

GRANDE AIDE

Il faut dire que les temps morts se font rares ces jours-ci. La jeune maman avoue travailler si fort qu’elle a dû installer des caméras dans la chambre de ses enfants âgés de 2 à 9 ans pour pouvoir les surveiller de sa cuisine.

«Nous avons beaucoup d’aide depuis le début, dit-elle. Sans le soutien de nos parents et amis, nous aurions sûrement fait faillite.»

Même le jeune Michaël, 9 ans, qui adore travailler dans les cabanes roulantes, insiste pour donner ses pourboires afin, ditil, d’aider à payer la ferme de ses parents. Ce qu’on ne ferait pas pour continuer à se sucrer le bec!

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et Laroche
784, 1er Rang Sud Saint-Ignace-de-Stanbridge
(Québec) 450 248-9059
Ferme Cantin et Laroche 784, 1er Rang Sud Saint-Ignace-de-Stanbridge (Québec) 450 248-9059
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