Dif­fi­cile de trou­ver de l’aide en san­té men­tale

Après une ten­ta­tive de sui­cide, une blo­gueuse s’en­gage

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - Ga­briel Pa­rent-Ju­traS

Après avoir fait une ten­ta­tive de sui­cide, une jeune blo­gueuse se bat pour un meilleur ac­cès à des soins en san­té men­tale.

Mars 2012. Ca­ro­lane Stra­tis, co­fon­da­trice du blogue Ton pe­tit look, est chez elle, re­ti­rée du monde. Elle n’est pas seule, au contraire. Elle a des ami(e)s, un co­pain, des gens à qui par­ler.

Mais sa tête s’est vi­dée de toutes pen­sées ra­tion­nelles, elle a mis de cô­té sa liste de contacts et s’ap­prête à po­ser un geste déses­pé­ré.

«Je ne parle pas sou­vent de ma ten­ta­tive de sui­cide. Même si ça fait 5 ans, ça vient en­core me cher­cher, sur­tout de­puis que j’ai des en­fants. Je me dis que je se­rais pas­sée à cô­té de choses ma­gni­fiques», se confie Ca­ro­lane, forte, même si ces sou­ve­nirs res­tent dou­lou­reux à évo­quer.

Quand l’As­so­cia­tion qué­bé­coise de pré­ven­tion du sui­cide l’a contac­tée pour s’im­pli­quer dans la cause et par­ti­ci­per à la Se­maine de pré­ven­tion du sui­cide, Ca­ro­lane n’a pas hé­si­té une se­conde.

« J’AI ÉTÉ CHANCEUSE »

Elle le ré­pète: de la chance, elle en a eu. La chance d’avoir eu une amie qui est ar­ri­vée lors­qu’il était «moins une», entre autres choses.

Ca­ro­lane ne s’ex­plique pas pour­quoi c’est si com­pli­qué et coû­teux d’avoir ac­cès à de l’aide psy­cho­lo­gique pro­fes­sion­nelle.

«Moi j’ai été chanceuse, j’ai été su­per bien épau­lée, mais j’ai réa­li­sé à quel point c’est rare.» Son cas est l’ex­cep­tion qui confirme la règle.

1125 SUICIDES EN 2014

L’Ins­ti­tut na­tio­nal de san­té pu­blique a pu­blié cette se­maine des chiffres alar­mants: trois per­sonnes en moyenne s’en­lèvent la vie chaque jour au Qué­bec.

En 2014 (plus ré­centes sta­tis­tiques), 1125 Qué­bé­cois se sont sui­ci­dés.

En plus d’un meilleur ac­cès aux soins de san­té, Ca­ro­lane in­siste pour qu’on in­ves­tisse dans la pré­ven­tion, mot clé en cette Se­maine de pré­ven­tion du sui­cide.

«Avant de se rendre au point où le mes­sage ne rentre plus, que la per­sonne a trop mal, qu’elle veut tel­le­ment ar­rê­ter de souf­frir qu’elle n’en­tend plus rien, il y au­rait beau­coup à faire.»

Ca­ro­lane et sa soeur Jo­siane sortent un deuxième livre ins­pi­ré de leur blogue, in­ti­tu­lé Ton pe­tit look II – Les filles son­telles folles, qui se pen­che­ra jus­te­ment sur le thème de la san­té men­tale. Le livre se­ra en li­brai­rie le 15 fé­vrier pro­chain.

En at­ten­dant, elle conti­nue à mar­te­ler son mes­sage: «Il faut en par­ler, et même si c’est avec les larmes aux yeux, il faut en par­ler. C’est le plus im­por­tant.»

Ca­ro­lane Stra­tis mar­tèle son mes­sage avec convic­tion: «Il faut par­ler de pré­ven­tion, et en par­ler à lon­gueur d’an­née, pas seule­ment pen­dant une se­maine».

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