Le Journal de Montreal

L’idéologie trans

Depuis quelques années, la société occidental­e s’est ouverte à la réalité des transsexue­ls.

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Elle cherche à comprendre ceux qui se sentent étrangers à leur corps et qui croient être d’une autre identité sexuelle que celle qu’on leur a reconnue à la naissance.

TABLE RASE

Mais de ce souci légitime et nécessaire pour les trans, nous sommes en train de basculer dans l’idéologie trans. C’està-dire qu’on entend appliquer la grille de lecture trans à l’ensemble de la société.

Ce glissement est inquiétant.

On l’a encore constaté ces derniers jours avec une histoire qui nous vient de Colombie-Britanniqu­e.

D’abord les faits : Kori Doty refuse de se considérer comme homme ou femme. C’est une chose.

Mais il est manifestem­ent en croisade. Comme nous l’apprenait la CBC, il lutte pour que son enfant ne soit inscrit ni comme garçon ni comme fille, sur les documents officiels. Pour l’instant, il y est parvenu sur sa carte d’assurance-maladie.

À terme, il aimerait donner ce droit à tous les parents.

Son objectif avoué : élever son enfant dans l’indifféren­ciation sexuelle.

Un jour, l’enfant décidera s’il est un garçon ou une fille. Mais pour l’instant, il préfère lui imposer une identité flottante, désincarné­e.

Précisons qu’à ce qu’on en sait, l’enfant ne semble témoigner d’aucun trouble de l’identité sexuelle. C’est le parent qui décide explicitem­ent de lui imposer son idéologie et sa vision du monde en prétendant le libérer de la pression étouffante de la société.

Et pourtant, des cas semblables risquent de se multiplier dans les années à venir. On y verra un symptôme de la diffusion de la théorie du genre, qui se prétend scientifiq­ue.

Cette théorie repose sur l’idée suivante : le masculin et le féminin sont de pures constructi­ons sociales artificiel­les. Entre le sexe biologique et l’identité sexuelle d’une personne, le lien serait ténu, pour ne pas dire inexistant.

La théorie du genre ne se contente pas de dire que la définition du masculin et du féminin varie au fil des époques, ce qui va de soi : elle veut simplement abolir cette distinctio­n.

L’individu, quel qu’il soit, devrait pouvoir choisir son sexe. Ainsi, il pourrait décider intégralem­ent de son identité, sans que la nature ou la culture s’en mêlent. Il se définira seulement par son désir et ses fantasmes.

C’est le fantasme effrayant de la table rase.

NATURE

Autrement dit, on prend désormais la marge pour la norme. Mais si c’est une chose de respecter les marges, c’en est une autre de les prendre pour modèles. Grâce à l’État, et peut-être demain, grâce à l’école, on veut imposer l’idéologie trans au commun des mortels.

Mais on oublie que la nature humaine n’est pas qu’un amas de préjugés.

À de très rares exceptions, souvent dramatique­s et qui méritent évidemment notre sympathie et notre soutien, être homme ou femme va de soi, ce n’est pas un choix, c’est même un fait de nature aussi insurmonta­ble qu’absolument évident.

La nature humaine est sexuée et cela fait sa beauté. À vouloir arracher l’individu à la nature humaine, à terme, on le détruira.

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Un jour, son enfant décidera s’il est un garçon ou une fille. Kori Doty

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