Des po­li­ciers de­mandent à tra­vailler sans arme

Ils veulent ain­si sou­te­nir un col­lègue coupable d’ho­mi­cide in­vo­lon­taire

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MA­GA­LIE LA­POINTE

Au moins quatre po­li­ciers de la Sû­re­té du Qué­bec ont de­man­dé de­puis deux jours de pou­voir pa­trouiller sans arme pour pro­tes­ter à la suite de la condam­na­tion pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire de l’agent Éric Des­lau­riers, qui a abat­tu un ado de 17 ans dans le cadre de ses fonc­tions.

Les di­rec­teurs de poste ont re­fu­sé de voir leurs pa­trouilleurs prendre la route sans être ar­més. Quatre agents ont donc dé­ci­dé de re­prendre leur pis­to­let de ser­vice et de re­tour­ner pa­trouiller.

Mais l’un d’entre eux a pré­fé­ré ne pas ren­trer au tra­vail pour dé­mon­trer son sou­tien à Éric Des­lau­riers.

Face à ce re­fus de tra­vailler, la SQ a ou­vert un dos­sier re­la­ti­ve­ment aux re­la­tions de tra­vail.

« On peut confir­mer que des po­li­ciers ont re­mis l’arme de ser­vice à leur su­pé­rieur et on leur a de­man­dé de le re­prendre », dit Laurent Arel, le res­pon­sable des com­mu­ni­ca­tions à l’As­so­cia­tion des po­li­cières et po­li­ciers pro­vin­ciaux du Qué­bec.

Tou­te­fois, une réunion d’ur­gence entre la par­tie pa­tro­nale et le syn­di­cat a eu lieu hier ma­tin pour dé­ter­mi­ner un moyen plus sé­cu­ri­taire de sou­te­nir l’agent Des­lau­riers. Les po­li­ciers de­vraient être mis au cou­rant pro­chai­ne­ment du moyen de pres­sion uti­li­sé.

« On est au fait qu’il y a du mé­con­ten­te­ment de la part des po­li­ciers à la suite de la condam­na­tion du po­li­cier [Éric Des­lau­riers], mais il n’y a eu au­cune in­ci­dence sur le ser­vice à la po­pu­la­tion », as­sure Guy La­pointe, res­pon­sable des re­la­tions avec les mé­dias à la SQ.

DÉ­CI­SION

Ven­dre­di, la juge Joëlle Roy a re­con­nu l’agent de la SQ Éric Des­lau­riers coupable d’ho­mi­cide in­vo­lon­taire. Le 22 jan­vier 2014, il a ti­ré sur Da­vid-Hugues La­tour, 17 ans, qui ten­tait de fuir les po­li­ciers à bord d‘un vé­hi­cule vo­lé. L’agent Des­lau­riers a ou­vert le feu puisque le conducteur fon­çait sur lui.

Or, la juge a dé­cré­té que le po­li­cier au­rait eu le temps de se dé­pla­cer.

À la suite de cette dé­ci­sion, le syn­di­cat de l’As­so­cia­tion des po­li­cières et po­li­ciers du Qué­bec (APPQ) a men­tion­né que la dé­ci­sion de la juge pour­rait « pro­vo­quer chez cer­tains un désen­ga­ge­ment de leurs ac­tions pro­fes­sion­nelles afin de se mettre à l’abri de circonstances si­mi­laires… ».

Il faut sa­voir que l’APPQ com­mente ra­re­ment un dos­sier ju­di­ciaire. Hier, en fin de jour­née, le syn­di­cat a en­voyé une lettre à ses membres leur di­sant quel se­rait le moyen choi­si pour sou­te­nir l’agent Des­lau­riers. « C’est d’ailleurs dans cet ordre d’idées que l’APPQ pro­cé­de­ra dans les pro­chains jours, à l’achat de bra­ce­lets dis­tri­bués à tous ses membres por­tant les ins­crip­tions « Back the blue » et « Sup­por­tons nos po­li­ciers ».

No­tons que le mou­ve­ment « Back the blue » est un mou­ve­ment social pro­ve­nant du Royaume-Uni sol­li­ci­tant l’ap­pui du pu­blic afin de le sen­si­bi­li­ser aux réa­li­tés et dif­fi­cul­tés du tra­vail po­li­cier.

ÉRIC DES­LAU­RIERS Po­li­cier

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