Re­ve­nu Qué­bec pour­rait en­quê­ter sur Hy­dro

La ges­tion des cha­lets est sous la loupe du gou­ver­ne­ment

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - NICOLAS LACHANCE

QUÉ­BEC | Le mi­nis­tère du Re­ve­nu pour­rait vé­ri­fier les ac­ti­vi­tés fis­cales d’Hy­dro-Qué­bec, après que Le Jour­nal a dé­voi­lé que la so­cié­té d’État prê­tait gra­tui­te­ment des cha­lets à ses em­ployés et cadres, de­puis 40 ans, sans dé­cla­rer cet avan­tage im­po­sable.

« Lorsque de l’in­for­ma­tion est por­tée à la connais­sance de Re­ve­nu Qué­bec qui laisse croire qu’un em­ployeur n’a pas res­pec­té ses obli­ga­tions fis­cales, des ana­lyses sont ef­fec­tuées et des contrôles fis­caux sont en­tre­pris si la si­tua­tion le re­quiert », a men­tion­né Ge­ne­viève Lau­rier, la porte-pa­role de Re­ve­nu Qué­bec. D’ailleurs, Hy­dro pour­rait s’ex­po­ser à des pé­na­li­tés sur le long terme, car il n’existe pas de dé­lai pour une « fausse re­pré­sen­ta­tion » des faits par né­gli­gence, rap­pelle le Mi­nis­tère.

Pour les em­ployés qui ont pro­fi­té des cha­lets d’Hy­dro-Qué­bec, même si l’avan­tage im­po­sable n’a pas été in­di­qué par la so­cié­té d’État sur son re­le­vé d’em­ploi, ils de­vaient tout de même le dé­cla­rer. L’Agence du re­ve­nu a le pou­voir de ré­cla­mer cet im­pôt de ma­nière ré­tro­ac­tive.

« AB­SO­LU­MENT IN­AC­CEP­TABLE »

Le mi­nistre de l’Éner­gie et des Res­sources na­tu­relles, Pierre Ar­cand, a vi­ve­ment dé­non­cé les ré­vé­la­tions du Jour­nal, qua­li­fiant la ges­tion des cha­lets d’Hy­dro-Qué­bec d’in­ac­cep­table.

« Je sou­haite ar­dem­ment qu’Hy­dro-Qué­bec cor­rige la si­tua­tion le plus ra­pi­de­ment pos­sible. C’est im­por­tant que ça se fasse et je sou­haite éga­le­ment que ça ne se re­pro­duise plus », a in­sis­té M. Ar­cand, sou­li­gnant que la so­cié­té d’État de­vait s’as­su­rer d’un contrôle « à tout mo­ment ».

Mal­gré cette ré­ac­tion du gou­ver­ne­ment, la porte-pa­role en éner­gie de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec, Chan­tal Sou­cy, es­time qu’il n’est pas nor­mal que le mi­nistre et ses pré­dé­ces­seurs n’aient ja­mais eu vent de cette si­tua­tion qui existe pour­tant de­puis 40 ans.

« J’ai beau­coup de dif­fi­cul­té à croire ça », a-telle af­fir­mé, ré­cla­mant des ex­pli­ca­tions.

QUOI D’AUTRE ?

De son cô­té, le di­rec­teur qué­bé­cois de la Fédération ca­na­dienne des contri­buables, Carl Val­lée, s’est dit inquiet qu’Hy­dro-Qué­bec af­firme que les hauts di­ri­geants de la so­cié­té d’État n’étaient pas au cou­rant de cette pra­tique.

« Ce sont des avan­tages in­dus. Dé­jà qu’ils sont payés très cher. Ce qui m’in­quiète, c’est que les di­ri­geants n’étaient pas au cou­rant. Ima­gi­nez quoi d’autre qui peut se pas­ser et qu’ils ne sont pas au cou­rant », a-t-il pes­té, es­pé­rant qu’Hy­dro opère un chan­ge­ment de culture et com­mence à pen­ser au contri­buable d’abord.

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