La mère de l’ac­cu­sé éclate en san­glots

Elle ne peut croire que son fils a tué une fille au Maxi

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MI­CHAËL NGUYEN

La mère du jeune homme qui a tué une em­ployée d’un Maxi ne com­prend tou­jours pas ce qui a pous­sé son fils à com­mettre un tel crime.

« C’était ter­rible, a af­fir­mé en pleurs Tshi­pa­ta Irène Mbiye. Ce n’est pas mon Ran­dy, que j’ai éle­vé avec beau­coup d’af­fec­tion. »

Écla­tant en san­glots à plu­sieurs re­prises, la femme a ain­si té­moi­gné hier sur la vie de son fils Ran­dy Tshi­lum­ba qui était, se­lon elle, un gar­çon so­ciable et stu­dieux.

Or, plus d’un an avant le meurtre de Clé­mence Beau­lieu-Pa­try, il avait chan­gé, a-telle ju­ré au pa­lais de jus­tice de Mon­tréal.

« Il a com­men­cé à s’iso­ler, a af­fir­mé Mme Mbiye. Il m’a même de­man­dé de dé­mé­na­ger en di­sant qu’il crai­gnait pour sa vie. Il avait l’air vrai­ment apeu­ré. »

PARANOÏA

Plus tôt dans la jour­née d’hier, Tshi­lum­ba a main­te­nu en contre-in­ter­ro­ga­toire avoir tué de 14 coups de cou­teau Clé­mence Beau­lieu-Pa­try en avril 2016, car il croyait dur comme fer qu’elle vou­lait le tuer.

« Elle m’a poin­té du doigt, j’étais sûr à 100 % qu’elle al­lait sor­tir une arme et ti­rer sur moi et des clients », a dit l’ac­cu­sé qui plai­de­ra les troubles men­taux.

Cette convic­tion, a-t-il dit, a été ac­quise en ana­ly­sant des mes­sages sur Fa­ce­book.

Même au­jourd’hui, il conti­nue de croire que les amies de sa vic­time veulent ac­ti­ve­ment le tuer, a té­moi­gné Tshi­lum­ba qui est dé­te­nu à l’ins­ti­tut Phi­lippe-Pi­nel de Mon­tréal.

AVIONS

« Elles m’es­pionnent à par­tir des avions qui passent au-des­sus de Pi­nel, elles veulent bri­ser les murs pour me tuer, ça me rend vrai­ment inquiet », a-t-il dit en contre-in­ter­ro­ga­toire.

La Cou­ronne, de son cô­té, sou­tient que Tshi­lum­ba avait ten­té d’ob­te­nir un ren­dez-vous avec la vic­time une se­maine avant le drame, mais qu’il avait es­suyé un re­fus. Le crime n’a pas été cau­sé par la fo­lie et l’ac­cu­sé avait pré­mé­di­té son geste, se­lon la théo­rie de la pour­suite.

Du­rant le contre-in­ter­ro­ga­toire, Tshi­lum­ba a d’ailleurs été confron­té à cer­taines contra­dic­tions dans son té­moi­gnage, comme sur le fait qu’il a men­ti aux po­li­ciers en leur di­sant qu’il ne connais­sait pas la vic­time. En réa­li­té, il la connais­sait de vue pour avoir fré­quen­té la même école se­con­daire qu’elle.

Quant à ses re­cherches sur Google, après le drame, sur la fa­çon de com­mettre le crime par­fait, il s’est jus­ti­fié en af­fir­mant qu’il vou­lait tout ca­cher à sa mère et non aux po­li­ciers.

PHO­TO CHAN­TAL POI­RIER

La mère de l’homme qui a poi­gnar­dé une em­ployée d’un Maxi a ten­té de ca­cher son vi­sage aux cô­tés des avo­cats Phi­lippe La­ro­chelle (au centre) et Sé­bas­tien Char­trand.

CLÉ­MENCE BEAU­LIEU-PA­TRY Vic­time

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