Une ter­rible nou­velle

Le Journal de Montreal - - AC­TUA­LI­TÉS - MA­RIO DU­MONT ma­rio.du­mont@que­be­cor­me­dia.com

Il y au­rait du pé­trole en Gas­pé­sie. Pire, il y a du pé­trole en Gas­pé­sie puisque cer­tains sites sont dé­jà en pro­duc­tion. Dans la ré­gion la plus pauvre du Qué­bec, on dé­couvre la pré­sence d’une res­source qui a fait la for­tune de plu­sieurs na­tions. Si vous avez lu sur le su­jet de­puis deux ou trois ans, vous n’au­rez vu que des man­chettes né­ga­tives.

Le Qué­bec n’est pas une so­cié­té dis­tincte au Ca­na­da. Le Qué­bec est une so­cié­té dis­tincte sur terre. Au­cun autre peuple n’ac­cueille comme une mau­vaise nou­velle la pré­sence de pé­trole.

Même le Da­ne­mark ex­ploite son pé­trole. Les Da­nois, ces ma­niaques du vé­lo et cham­pions de l’en­vi­ron­ne­ment ont ré­duit leur consom­ma­tion d’hy­dro­car­bures. Mais ils en ont dé­cou­vert au large de leurs côtes et l’ex­ploitent.

Ils uti­lisent moins de pé­trole au to­tal, mais ce­lui qu’ils uti­lisent ne dé­pend pas de l’im­por­ta­tion. Ils uti­lisent d’ailleurs les énormes re­tom­bées du pé­trole pour in­ves­tir dans leurs éner­gies re­nou­ve­lables et pré­pa­rer les éner­gies du fu­tur.

MILLE RAI­SONS DE DIRE NON

Pas au Qué­bec. Ici, dé­cou­vrir du pé­trole est une mau­vaise nou­velle. Cette se­maine, Le De­voir met­tait en garde concer­nant des ex­plo­ra­tions qui se fe­raient « aux li­mites » du Parc de la Gas­pé­sie. Quelle ter­rible nou­velle ! Les en­vi­ron­ne­men­ta­listes de­vront s’en mê­ler ! Pour­tant, cette étape très pré­li­mi­naire des le­vées sis­miques se fe­ra à plus de 15 ki­lo­mètres des li­mites de ce Parc… dont la su­per­fi­cie est de 802 km² !

Re­li­sez la re­vue de presse : il y a tou­jours une rai­son de stop­per les tra­vaux liés à la pré­sence du pé­trole en Gas­pé­sie. Près d’un parc, près d’une zone ha­bi­tée, près d’un cours d’eau, près d’un ca­ri­bou, près d’un arbre, pré­sences au­toch­tones, ma­laise po­li­tique cau­sé par les en­vi­ron­ne­men­ta­listes.

Ja­mais on ne voit quel­qu’un sau­ter dans les airs comme un en­fant qui vient de mar­quer son pre­mier but au ho­ckey en criant : « Nous avons du pé­trole en Gas­pé­sie ! » Ja­mais nous n’en­ten­dons l’en­thou­siasme des élus lo­caux qui pour­tant sont presque tous fa­vo­rables à ce dé­ve­lop­pe­ment, re­con­nais­sant un po­ten­tiel éco­no­mique dont la ré­gion ne peut pas se pas­ser.

PEUR DES VERTS

Les élus mu­ni­ci­paux se taisent. Ils donnent une ap­pro­ba­tion dis­crète parce qu’ils ne veulent pas être pris pour cible par les verts. Ils ne veulent pas avoir leur face sur les pan­cartes des soi-di­sant « mi­li­tants » éco­lo­gistes. Des grou­pus­cules gardent les élus dans une sorte de ter­reur.

Ju­nex et Pé­tro­lia, les deux joueurs pré­sents en Gas­pé­sie, sont des en­tre­prises qué­bé­coises qui veulent in­ves­tir au Qué­bec. Elles ont dé­pen­sé temps et argent pour connaître le ter­ri­toire et son po­ten­tiel, même à une époque où per­sonne n’y croyait. Mais per­sonne n’ose­rait en par­ler en bien puis­qu’elles sont dans le pé­trole.

L’État qué­bé­cois a mis des sommes co­los­sales pour per­mettre l’ou­ver­ture de la ci­men­te­rie McIn­nis. Il fal­lait ai­der la Gas­pé­sie. Est-ce ima­gi­nable que la Gas­pé­sie de­vienne une ré­gion riche du Qué­bec ?

C’est grâce au pé­trole que Ter­reNeuve, pro­vince pauvre ja­dis ri­di­cu­li­sée, est de­ve­nue l’une des pro­vinces riches… qui paye pour le Qué­bec.

Ja­mais nous n’en­ten­dons l’en­thou­siasme des élus lo­caux qui pour­tant sont presque tous fa­vo­rables à ce dé­ve­lop­pe­ment, re­con­nais­sant un po­ten­tiel éco­no­mique dont la ré­gion ne peut pas se pas­ser.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.