Un ap­pel de dé­tresse à gla­cer le sang

L’ado­les­cente était en pa­nique au té­lé­phone pen­dant que sa mère au­rait été poi­gnar­dée à mort par son père

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MI­CHAËL NGUYEN

Les cris de dé­tresse d’une femme qui au­rait été poi­gnar­dée à mort par son ma­ri ja­loux ont cau­sé une pa­nique to­tale au­près de leur ado­les­cente, ré­vèle un ap­pel 911 à gla­cer le sang pré­sen­té au pro­cès de l’ac­cu­sé.

« Elle est en train de mou­rir !, hur­lait la fille au té­lé­phone. Elle est en train de mou­rir ! Mon père vient de tuer ma mère ! »

Entre des hur­le­ments et des san­glots, c’est ain­si qu’une ado de 16 ans a sup­plié la po­lice de ve­nir ai­der sa fa­mille, le 5 juillet 2012, dans l’ar­ron­dis­se­ment de LaSalle.

Cet ap­pel 911 d’une rare in­ten­si­té a été joué à la cour hier, alors que dé­bu­tait le pro­cès d’Ah­mad Nehme, un Mont­réa­lais de 53 ans ac­cu­sé du meurtre au pre­mier de­gré de son épouse Catherine De Bou­cher­ville.

VIEUX COUPLE

L’ac­cu­sé et la vic­time for­maient un couple de­puis 19 ans et ils ont eu deux en­fants, a re­la­té le pro­cu­reur de la Cou­ronne Éric Cô­té dans sa dé­cla­ra­tion d’ou­ver­ture de la preuve. Or, le couple bat­tait de l’aile. « Ça n’al­lait pas bien, a ex­pli­qué Me Cô­té. Mon­sieur était ja­loux, il croyait à tort que ma­dame était in­fi­dèle. La vic­time était exas­pé­rée, elle avait dit qu’il se­rait pré­fé­rable que le couple se sé­pare. Quelques jours avant [le drame], ils fai­saient chambre à part. »

SALLE DE BAIN

La veille du dé­cès de Mme De Bou­cher­ville, Nehme n’au­rait pas dor­mi de la nuit. Le ma­tin, pen­dant que la vic­time se pré­pa­rait à re­con­duire sa fille chez une tante, l’ac­cu­sé se­rait en­tré dans le lo­ge­ment.

« Il s’est di­ri­gé dans la salle de bain, il a fer­mé la porte et, au même mo­ment, il y a eu des hur­le­ments », a ex­pli­qué la Cou­ronne.

Les deux en­fants du couple étaient dans le lo­ge­ment, se­lon la pour­suite. Pen­dant qu’elle se fai­sait poi­gnar­der, Mme De Bou­cher­ville au­rait crié à sa fille d’ap­pe­ler la po­lice.

Du­rant l’ap­pel, la fille a ex­pli­qué que son pe­tit frère de 13 ans était dans sa chambre. En pa­nique, elle ré­pète à plu­sieurs re­prises « ma­man, ma­man » tout en criant son déses­poir.

En fait, les cris étaient si forts qu’ils au­raient même été en­ten­dus jusque dans une mai­son voi­sine.

« Une voi­sine té­moi­gne­ra avoir en­ten­du, en ma­ti­née, un cri de mort d’une femme, sui­vi d’un homme qui sort de l’ap­par­te­ment avec un air fâ­ché », a ex­pli­qué Me Cô­té.

Quand les po­li­ciers sont ar­ri­vés sur place quelques mi­nutes plus tard, il était dé­jà trop tard.

« Elle a été re­trou­vée sans vie, gi­sant dans la bai­gnoire, poi­gnar­dée à mort », a dé­plo­ré le pro­cu­reur.

Le pro­cès, pré­si­dé par le juge Jean-Fran­çois Buf­fo­ni, est pré­vu pour du­rer un peu plus d’un mois. Nehme, qui a plai­dé non coupable, est dé­fen­du par les avo­cats Ro­bert Is­raël et Giu­seppe Bat­tis­ta.

PHO­TO COURTOISIE DE LA COUR

Les po­li­ciers ont été ap­pe­lés à se rendre dans un lo­ge­ment où ils ont dé­cou­vert la vic­time, poi­gnar­dée et gi­sant dans sa bai­gnoire. En mor­taise, l’arme pré­su­mée du crime.

CATHERINE DE BOU­CHER­VILLE Vic­time

AH­MAD NEHME Ac­cu­sé

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