Uti­li­ser l’ar­gent de son REER pour ache­ter une pro­prié­té

Le Journal de Montreal - - ARGENT - Sté­phane Des­jar­dins Spé­cia­liste en consom­ma­tion

Le ré­gime d’ac­ces­sion à la pro­prié­té (RAP) est un puis­sant ou­til pour fa­ci­li­ter l’achat d’une pre­mière mai­son. Le pro­blème, c’est qu’il est mé­con­nu.

C’est ce que constate la Fédération des chambres im­mo­bi­lières du Qué­bec (FCIQ), qui ré­vèle que le nombre de re­traits RAP a di­mi­nué de 31 % de 2002 à 2015 au Qué­bec, se­lon des chiffres de l’Agence du re­ve­nu du Canada (ARC). Pour la même pé­riode, le nombre de ventes ins­crites au sys­tème Cen­tris a aug­men­té de 9 %.

Pour­quoi les pre­miers ache­teurs boudent-ils de plus en plus le RAP, alors que le mar­ché im­mo­bi­lier est en crois­sance ? Parce que, soup­çonne la FCIQ, ils ne par­viennent pas à épar­gner dans leur REER au même rythme que la pro­gres­sion du prix des mai­sons. De plus, pour contrer le sur­en­det­te­ment des mé­nages, Ot­ta­wa a res­ser­ré les cri­tères de fi­nan­ce­ment hy­po­thé­caire, en aug­men­tant la mise de fonds mi­ni­male de 0 % à 5 % pour les prêts as­su­rés par la SCHL, en di­mi­nuant la pé­riode d’amor­tis­se­ment maxi­male à 25 ans plu­tôt qu’à 40 et en sou­met­tant à un « test de si­mu­la­tion de crise » tous les ache­teurs dont la mise de fonds est in­fé­rieure à 20 %. Ce qui a fait bon­dir la mise de fonds ini­tiale de nom­breux pre­miers ache­teurs. Ceux-ci re­pré­sentent 40 % des ventes de pro­prié­tés usa­gées au Qué­bec.

La FCIQ ai­me­rait qu’Ot­ta­wa aug­mente le mon­tant maxi­mal de re­trait au RAP et per­mette aux ache­teurs ayant dé­jà RAPé de le faire à nou­veau en cas de sé­pa­ra­tion, di­vorce, dé­cès ou dé­mé­na­ge­ment pour cause pro­fes­sion­nelle. Ot­ta­wa de­vrait aus­si per­mettre aux pa­rents de re­ti­rer de leur propre REER pour par­ti­ci­per au RAP de leurs en­fants.

COM­MENT ÇA MARCHE ?

Le RAP per­met à une per­sonne (et son conjoint) qui n’a pas été pro­prié­taire de­puis cinq ans de re­ti­rer, sans être im­po­sée, jus­qu’à 25 000 $ de son REER (50 000 $ pour un couple) pour fi­nan­cer une mise de fonds ini­tiale.

Celle-ci doit re­pré­sen­ter 20 % de la va­leur d’une pro­prié­té (qui doit être la ré­si­dence prin­ci­pale). Par exemple, elle se­ra de 60 000 $ pour une ré­si­dence de 300 000 $. L’ache­teur peut tou­jours sous­crire à une as­su­rance de la SCHL. Il est aus­si pos­sible d’em­prun­ter à une ins­ti­tu­tion fi­nan­cière (prêt RAP) pour gar­nir son REER afin de RAPer ; ce qui, théo­ri­que­ment, aug­men­te­ra la mise de fonds et di­mi­nue­ra le mon­tant du prêt hy­po­thé­caire.

Vous avez en­suite 15 ans pour rem­bour­ser votre REER, à par­tir de la deuxième an­née sui­vant votre re­trait RAP.

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