De vieilles ran­cunes

Le Journal de Montreal - - SPORTS - Sté­phane Ca­do­rette ste­phane.ca­do­rette @que­be­cor­me­dia.com

À quel point faut-il s’éton­ner de la mon­tée de lait de Do­nald Trump à l’en­droit de la NFL ? Dès les an­nées 1980, le ma­gnat des af­faires et fu­tur pré­sident amé­ri­cain ti­rait dé­jà à bou­lets rouges sur la ligue qui ne lui a ja­mais ou­vert ses portes et qu’il a bien ten­té d’ébran­ler.

Trump peut très bien cla­mer au­jourd’hui que son dé­goût mar­qué pour la NFL pro­vient du mou­ve­ment contes­ta­taire des joueurs du­rant l’hymne national amé­ri­cain.

Il n’en de­meure pas moins qu’aus­si tôt qu’en 1983, son rap­port avec la NFL a pris une tour­nure d’af­fron­te­ment lors­qu’il s’est por­té ac­qué­reur des Ge­ne­rals du New Jer­sey, dans la dé­funte USFL.

Dé­jà à l’époque, il sor­tait les bi­ceps et y al­lait de coups de gueule. « J’au­rais pu ache­ter une équipe de la NFL si je le vou­lais, mais je pré­fé­rais par­tir de zéro. Je plains le pauvre type qui achè­te­ra les Cow­boys de Dal­las. C’est une si­tua­tion per­dant-per­dant », avait-il dé­jà dé­cla­ré au su­jet de la fran­chise dont la va­leur est éva­luée à 4,8 mil­liards au­jourd’hui.

En de­ve­nant pro­prié­taire des Ge­ne­rals, Trump avait ou­ver­te­ment men­tion­né son in­ten­tion de ri­va­li­ser avec la NFL. Maître d’oeuvre d’une flam­bée des sa­laires lors­qu’il a oc­troyé de lu­cra­tifs contrats à des joueurs de la ligue ri­vale comme Her­schel Wal­ker et Doug Flu­tie, le flam­boyant pro­prio était même par­ve­nu à ral­lier la USFL dans une pour­suite en règle contre la NFL, en 1986, dans le but ul­time d’af­fai­blir suf­fi­sam­ment « l’en­ne­mi » pour for­cer une fu­sion des deux cir­cuits.

La dé­marche a échoué et la USFL a fer­mé les livres après trois sai­sons.

TEN­TA­TIVES D’ACHAT

Consta­tant qu’il n’avait pu faire plier le géant, Trump a ten­té de joindre les rangs de la NFL à deux re­prises par la suite. En 1988, il a sou­mis une offre d’achat pour les Pa­triots avant de se re­ti­rer du pro­ces­sus.

Plus ré­cem­ment, en 2014, il au­rait of­fert un mil­liard pour ache­ter les Bills, qui ont fi­na­le­ment été ven­dus à la fa­mille Pe­gu­la pour 1,4 mil­liard.

Bref, Trump peut bran­dir haut et fort la fibre du pa­trio­tisme amé­ri­cain, mais son étrange re­la­tion amour-haine avec la NFL ne date pas du week-end der­nier. Pas si éton­nant qu’il ait de nou­veau sen­ti le be­soin de lan­cer quelques flèches au cir­cuit qu’il n’a ja­mais été en me­sure d’abattre ni de re­joindre.

ET LE FOOT­BALL…

Trêve de po­li­tique, le troi­sième week-end d’ac­ti­vi­tés au­ra pro­cu­ré de grands mo­ments de foot­ball aux ama­teurs qui ont fait le choix de ne pas bou­der le pro­duit. Et ça se pour­suit de­main soir avec la plus vieille ri­va­li­té dans la NFL, celle entre les Bears et Pa­ckers, qui en se­ront à un 195e duel !

Les Pa­ckers sont éclo­pés, mais leur ar­se­nal est trop puis­sant. En es­pé­rant que le foot­ball re­prenne sa juste place.

PHO­TO AFP

Les joueurs des Pa­ckers ont dé­mon­tré leur uni­té lors de l’hymne national amé­ri­cain, di­manche.

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