Fin de la me­nace nu­cléaire nord-co­réenne, se­lon Trump

De re­tour au pays, le pré­sident vou­lait dis­si­per les doutes

Le Journal de Montreal - - MONDE -

WA­SHING­TON | (AFP) De re­tour hier aux États-Unis après son som­met his­to­rique avec Kim Jong-un, Do­nald Trump s’en est pris à ceux qui doutent de la por­tée de cette ren­contre, en as­su­rant qu’une « ca­tas­trophe nu­cléaire » avait été évi­tée et que la me­nace nord­co­réenne n’exis­tait plus.

La ren­contre mar­di à Sin­ga­pour — la pre­mière entre un di­ri­geant nord-co­réen et un pré­sident amé­ri­cain en exer­cice — a eu un énorme re­ten­tis­se­ment mé­dia­tique, mais ses ré­sul­tats tan­gibles, no­tam­ment sur le thème-clé de la dé­nu­cléa­ri­sa­tion, sus­citent des in­ter­ro­ga­tions.

La for­mu­la­tion de la dé­cla­ra­tion com­mune si­gnée par MM. Trump et Kim, dans la­quelle Pyon­gyang s’en­gage en fa­veur d’une « dé­nu­cléa­ri­sa­tion com­plète de la pé­nin­sule co­réenne », reste en ef­fet vague. Elle a été cri­ti­quée par de nom­breux ex­perts, car elle ne men­tionne pas deux autres condi­tions-clés de Wa­shing­ton, à sa­voir que la dé­nu­cléa­ri­sa­tion soit aus­si « vé­ri­fiable et ir­ré­ver­sible ».

« DORMEZ BIEN »

Les in­ter­ro­ga­tions à ce su­jet ont vi­si­ble­ment aga­cé le se­cré­taire d’État amé­ri­cain, Mike Pom­peo, qui, en vi­site à Séoul, a as­su­ré que le ca­rac­tère « vé­ri­fiable et ir­ré­ver­sible » était in­clus de fac­to dans le terme « com­plète ».

Dans une sé­rie de tweets dès son re­tour à Wa­shing­ton, le pré­sident Trump, qui s’était dé­jà ré­joui d’avoir em­pê­ché une « ca­tas­trophe nu­cléaire », s’est fé­li­ci­té de « l’ex­pé­rience in­té­res­sante et très po­si­tive » qu’a été sa ren­contre avec Kim Jong-un.

« Il n’y a plus de me­nace nu­cléaire de la part de la Co­rée du Nord », a-t-il ajou­té. « Avant de prendre mes fonc­tions, les gens pen­saient que nous al­lions en­trer en guerre avec la Co­rée du Nord. Le pré­sident Oba­ma di­sait que la Co­rée du Nord était notre plus gros et plus dan­ge­reux pro­blème. Ce n’est plus le cas – dormez bien ce soir ! »

IN­TER­RO­GA­TIONS

Reste que des ob­ser­va­teurs s’in­ter­rogent sur la por­tée du som­met. L’élu dé­mo­crate Adam Schiff, membre de la com­mis­sion du Ren­sei­gne­ment à la chambre des re­pré­sen­tants, a ain­si mis en garde Do­nald Trump contre toute « naï­ve­té ».

« Un voyage et c’est “mis­sion ac­com­plie”, mon­sieur le pré­sident? La Co­rée du Nord a en­core tous ses mis­siles nu­cléaires et nous avons seule­ment une pro­messe vague de fu­ture dé­nu­cléa­ri­sa­tion de la part d’un ré­gime qui n’est pas digne de confiance. La Co­rée du Nord est une me­nace réelle et ac­tuelle. Tout comme l’est un pré­sident dan­ge­reu­se­ment naïf », a-t-il lan­cé.

De­puis Séoul, Mike Pom­peo a ré­pon­du au scep­ti­cisme en af­fir­mant que les États-Unis avaient « bon es­poir que l’es­sen­tiel du désar­me­ment » nu­cléaire de la Co­rée du Nord puisse in­ter­ve­nir « dans les deux ans et de­mi à ve­nir », soit d’ici la fin du man­dat pré­si­den­tiel de Do­nald Trump.

Prié de dire si un calendrier avait été éta­bli en ce sens lors du som­met, il s’est bor­né à ré­pondre : « nous avons bon es­poir, mais il y a en­core beau­coup de tra­vail à faire ».

PHO­TO AFP

Le pré­sident Do­nald Trump à sa sor­tie d’Air Force One, de re­tour aux États-Unis à la suite de son som­met avec la Co­rée du Nord.

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