Le ga­la de la fier­té

Le Journal de Montreal - - SPORTS - RÉ­JEAN TREMBLAY

SHAWINIGAN | Ro­ger La­vergne était vi­si­ble­ment ému. Claude Val­lée aus­si. Deux des di­ri­geants des Ca­ta­ractes de Shawinigan qui sont im­pli­qués jus­qu’à l’âme dans le ga­la de boxe de sa­me­di au Centre Ger­vais.

Ils ont réus­si à convaincre Ca­mille Es­te­phan de les lais­ser or­ga­ni­ser un grand « tail­gate par­ty » sa­me­di après-mi­di. Pour que les gens de Shawinigan pro­fitent à plein de cette aven­ture dé­bile. Pré­sen­ter le combat de poids lourds le plus at­ten­du au pays de­puis des an­nées. Peut-être des dé­cen­nies. Adam Braid­wood, un géant de Vic­to­ria, en Co­lom­bie-Bri­tan­nique, contre Si­mon Kean, un géant de la Mau­ri­cie. À Shawinigan. En­core plus, Es­te­phan pré­voyait pré­sen­ter neuf ou dix com­bats. Deux de ses boxeurs se sont bles­sés et le ga­la va comp­ter fi­na­le­ment sept com­bats. On au­rait pu s’at­tendre à ce que ça chiale un peu. Pan­toute.

« Nous autres, le monde de Shawinigan, on est contents. Y a des fois que je trou­vais que les com­bats s’en­chaî­naient trop vite dans cer­taines soi­rées d’Eye of the Ti­ger Ma­na­ge­ment, on n’avait pas le temps de les sa­vou­rer, de se par­ler, de com­pa­rer nos opi­nions. Avec sept com­bats, c’est par­fait. On va avoir le temps de ja­ser, d’être cha­leu­reux et d’être ce qu’on est, du bon monde ac­cueillant », de dire Ro­ger La­vergne.

LA VI­SI­BI­LI­TÉ DE SHAWINIGAN

À vrai dire, les lea­ders de Shawinigan n’en re­viennent pas de la vi­si­bi­li­té ob­te­nue par la char­mante pe­tite ville de­puis quelques mois. Faut le dire, Shawinigan était cé­lèbre pour Jean Chré­tien… et ses fer­me­tures d’usines.

Les deux com­bats de Si­mon Kean au­ront per­mis de dé­cou­vrir via la té­lé­vi­sion et les jour­naux une char­mante ville aux rues aé­rées et aux noms rap­pe­lant les ave­nues et les rues de New York. Broad­way, la 5e, la 4e, ces rues rap­pellent l’histoire de Shawinigan, dont le plan d’ur­ba­nisme a été pré­pa­ré par des ar­chi­tectes amé­ri­cains à la fin des an­nées 1940 en sui­vant le plan de… New York.

C’est qu’on pré­voyait qu’avec l’hy­dro-élec­tri­ci­té et le pa­pier, Shawinigan de­vien­drait une grande ville peu­plée de bons Amé­ri­cains. Puis, la na­tio­na­li­sa­tion de l’élec­tri­ci­té est ar­ri­vée en 1962 et ce fut la fin des rêves de gran­deur.

Mais la ville s’est don­né une autre vo­ca­tion. Les places pu­bliques sont ma­gni­fiques, bor­dées de ca­fés et de res­tau­rants. Les parcs sont nom­breux et en cinq mi­nutes, on laisse la ville pour plon­ger dans une na­ture ver­doyante et vi­gou­reuse. C’est im­pres­sion­nant.

Et les hommes et femmes d’af­faires ont don­né un grand coup de barre dans l’éco­no­mie de Sha­wi pour l’ac­cro­cher aux business de 2020.

Je n’avais ja­mais mis les pieds à Shawinigan avant fé­vrier der­nier. Juste avant de par­tir pour Pyeong­chang.

Hier, de­vant le ca­fé Mor­gane, je re­gar­dais les condos au troi­sième étage.

On ne sait ja­mais…

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