8 ans de pri­son pour le vo­leur au cho­co­lat

Il a dro­gué sept per­sonnes âgées avant de les flouer

Le Journal de Montreal - - POLITIQUE - ERIC THI­BAULT Tra­qué par le SPVM et In­ter­pol après avoir fui le pays, Ha­mid Che­ka­kri avait été ap­pré­hen­dé le 31 mars der­nier à l’aé­ro­port d’At­lan­ta, aux États-Unis. Il se­ra sans doute ex­pul­sé du Ca­na­da à l’ex­pi­ra­tion de sa peine.

Un Al­gé­rien qui a com­mis des vols chez sept per­sonnes âgées après leur avoir fait ava­ler des cho­co­lats dans les­quels il avait ajou­té un puis­sant tran­quilli­sant a éco­pé de huit ans d’in­car­cé­ra­tion, hier à Mon­tréal.

Ha­mid Che­ka­kri a ad­mis avoir dé­ro­bé de l’ar­gent, des bi­joux et d’autres ef­fets per­son­nels dans quatre ré­si­dences de Mon­tréal et dans une autre à Ottawa, après avoir dro­gué leurs oc­cu­pants au clo­na­zé­pam (un mé­di­ca­ment aus­si connu sous le nom de Ri­vo­tril), entre no­vembre et dé­cembre 2017.

Ar­ri­vé au Ca­na­da de­puis peu, ce­lui qui a été sur­nom­mé « le vo­leur au cho­co­lat » a sé­vi en uti­li­sant tou­jours la même ruse.

Se pré­sen­tant sous une fausse iden­ti­té, le ré­ci­di­viste de 47 ans en­trait en con­tact avec des per­sonnes « âgées et vul­né­rables » qui avaient mis leur pro­prié­té en vente, a re­la­té le pro­cu­reur de la Cou­ronne, Hu­go Rousse.

FÊ­TER LA VENTE…

Sous des airs « bien­veillants », Che­ka­kri ma­ni­fes­tait son in­té­rêt pour vi­si­ter puis ache­ter leur de­meure, alors qu’en fait son tour du pro­prio ne ser­vait qu’à lo­ca­li­ser ce qu’il pou­vait y dé­ro­ber.

Che­ka­kri s’em­pres­sait en­suite de « fê­ter la vente » en pré­tex­tant qu’il était de cou­tume, dans son pays, de cé­lé­brer la tran­sac­tion avec les ven­deurs.

Le beau par­leur of­frait alors une bou­teille de vin ou de cham­pagne aux vic­times, ain­si qu’une boîte de cho­co­lats qu’il dé­bal­lait et, dans cer­tains cas, qu’il met­tait lui-même dans leurs bouches.

« J’ai res­sen­ti l’ef­fet presque im­mé­dia­te­ment. J’ai sen­ti mes jambes de­ve­nir molles, et après, je ne me sou­viens de rien », a re­la­té au Journal l’une de ses vic­times, Berthe Ca­do­rette, 72 ans, qui n’avait re­pris conscience que le len­de­main du lar­cin.

La pré­sence de clo­na­zé­pam – une ben­zo­dia­zé­pine no­tam­ment uti­li­sée comme sé­da­tif et an­ti­con­vul­sif – a été dé­ce­lée dans l’urine de toutes les vic­times et dans des cho­co­lats trou­vés chez elles par la po­lice.

« J’AI FAIT UNE ER­REUR »

Me Rousse a pré­ci­sé que les vic­times sont res­tées crain­tives et an­xieuses.

« Je vis dans la peur », a dit une femme de 77 ans qui a dû être hos­pi­ta­li­sée du­rant trois jours après avoir ava­lé un cho­co­lat conta­mi­né par Che­ka­kri.

« Je suis très dé­so­lé et je de­mande par­don aux vic­times. Je sais que j’ai fait une énorme er­reur », a bre­douillé le fau­tif après avoir plai­dé cou­pable.

« Ça fait beau­coup d’er­reurs, vous ne trou­vez pas ? », a ré­tor­qué le juge Thier­ry Na­don.

Che­ka­kri a lui-même avoué au SPVM qu’il a dé­jà été condam­né à 40 mois de pri­son à Hong Kong et à quatre ans de taule en Chine pour avoir usé du même stra­ta­gème et du même mé­di­ca­ment sur d’autres vic­times, de­puis le dé­but des an­nées 2000.

PHOTO D’ARCHIVES

Ha­mid Che­ka­kri dro­guait des per­sonnes âgées avant de les vo­ler.

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