Li­bé­rée après trois mois de cap­ti­vi­té

Une ado­les­cente amé­ri­caine por­tée dis­pa­rue de­puis oc­tobre au­rait été en­le­vée par le meur­trier de ses pa­rents

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS -

GOR­DON | (AFP) Après près de trois mois de cap­ti­vi­té, une Amé­ri­caine de 13 ans a réus­si à s’échap­per et un homme de 21 ans, soup­çon­né de l’avoir en­le­vée et d’avoir tué ses pa­rents, a été ar­rê­té dans une zone ru­rale du nord des États-Unis, a an­non­cé la po­lice hier.

Les en­quê­teurs pensent que Jake Tho­mas Pat­ter­son avait « pla­ni­fié » l’en­lè­ve­ment de Jayme Closs et qu’elle était sa « seule cible », a dé­cla­ré lors d’une confé­rence de presse le shé­rif de Bar­ron, une pe­tite ville de la ré­gion des Grands Lacs.

« Nous croyons qu’il n’avait ja­mais été en contact avec la fa­mille » avant le 15 oc­tobre 2018, a ajou­té Ch­ris Fitz­ge­rald.

Ce jour-là, James Closs, 56 ans, et sa femme De­nise, 46 ans, un couple sans his­toire, avaient été abat­tus dans leur mai­son de Bar­ron, dont la porte avait été dé­fon­cée. Leur fille Jayme avait dis­pa­ru.

La po­lice et les ha­bi­tants de l’État du Wis­con­sin, cho­qués par ce drame, s’étaient im­mé­dia­te­ment lan­cés à sa re­cherche, mais leurs ef­forts étaient res­tés in­fruc­tueux. Et l’es­poir de la re­trou­ver vi­vante s’était ame­nui­sé au fil des jours.

« UN FANTÔME »

Jeu­di après-mi­di, l’ado­les­cente a tou­te­fois réus­si à s’en­fuir de la mai­son où elle était cap­tive, si­tuée dans une zone boi­sée près de la bour­gade de Gor­don, à une cen­taine de ki­lo­mètres au nord de Bar­ron.

Sale, amai­grie, les che­veux em­mê­lés et chaus­sée de sou­liers trop grands, elle a de­man­dé de l’aide à une femme qui pro­me­nait son chien.

Celle-ci l’a re­con­nue et l’a em­me­née chez des voi­sins, qui ont aler­té la po­lice.

« C’était comme voir un fantôme », a ra­con­té à la presse lo­cale Pe­ter Ka­sins­kas, chez qui elle a at­ten­du une pe­tite de­mi­heure l’ar­ri­vée des au­to­ri­tés.

« On au­rait dit qu’elle n’avait pas pu prendre de bain ou se net­toyer », a-t-il ajou­té en pré­ci­sant que l’ado­les­cente « pro­ba­ble­ment en état de choc » ne s’était pas mon­trée très ba­varde.

RAVISSEUR IN­CON­NU

Elle leur a tout de même don­né le nom de son ravisseur pré­su­mé, la cou­leur et la marque de sa voi­ture. Elle a as­su­ré qu’elle ne le connais­sait pas avant la mort de ses pa­rents. « Ma femme était au té­lé­phone avec la po­lice, elle leur a don­né » ces in­for­ma­tions, a pré­ci­sé M. Ka­sins­kas.

« Un de mes hommes a croi­sé un vé­hi­cule qui cor­res­pon­dait à la des­crip­tion, l’a ar­rê­té et a pla­cé le sus­pect en dé­ten­tion », a pré­ci­sé le shé­rif de la lo­ca­li­té, Tho­mas Dal­bec. Le jeune homme, in­con­nu des ser­vices de po­lice, était ap­pa­rem­ment sans em­ploi.

Les en­quê­teurs pensent qu’il était al­lé chez les Closs dans l’in­ten­tion d’en­le­ver leur fille. Il de­vrait être in­cul­pé for­mel­le­ment la se­maine pro­chaine.

Jayme Closs, qui a pas­sé la nuit à l’hô­pi­tal, était en­ten­due hier mi­di par les en­quê­teurs, qui n’ont pas ré­vé­lé si elle avait souf­fert d’abus pen­dant sa dé­ten­tion.

Elle de­vrait re­trou­ver sa fa­mille dans l’après-mi­di. « Je vais l’em­bras­ser, la ser­rer fort », a dé­cla­ré au Star Tri­bune de Min­nea­po­lis son grand-père Ro­bert Nai­berg.

« On pen­sait que ça fi­ni­rait au­tre­ment, alors on est heu­reux qu’elle soit OK, même si on ne sait pas exac­te­ment dans quel état elle se trouve », a ajou­té son oncle Jeff Closs.

PHO­TOS AFP

Une voi­ture de po­lice bloque la rue où a été re­trou­vée Jayme Closs, à Gor­don, au Wis­con­sin. Son ravisseur pré­su­mé, Jake Tho­mas Pat­ter­son, a été ar­rê­té jeu­di.

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