DES FRAU­DEURS VOLENT DES MIL­LIONS AUX NO­TAIRES

Le Journal de Montreal - - LA UNE - PHI­LIPPE ORFALI

Les en­tre­prises ca­na­diennes perdent des cen­taines de mil­lions de dol­lars chaque an­née en rai­son de fraudes élec­tro­niques, comme celles dont ont été vic­times des ca­bi­nets de no­taires qué­bé­cois cet au­tomne.

Les frau­deurs sont sou­vent à la fine pointe de la tech­no­lo­gie, tan­dis que les grandes en­tre­prises ca­na­diennes tendent à avoir un cer­tain re­tard par rap­port à l’uti­li­sa­tion de tech­no­lo­gies ré­centes, ré­vèle une étude me­née par Pri­ceWa­te­rhou­seCoo­per l’an der­nier.

De­puis deux ans, la cy­ber­cri­mi­na­li­té est en ef­fet de­ve­nue le crime éco­no­mique le plus si­gna­lé au Ca­na­da (46 %), loin de­vant le dé­tour­ne­ment d’ac­tifs (38 %) et les fraudes com­mises par les consom­ma­teurs (36 %).

Les tac­tiques em­ployées sont nom­breuses : 58 % des en­tre­prises ont rap­por­té que les frau­deurs avaient eu re­cours au ha­me­çon­nage, comme ce fut le cas chez bien des no­taires, 45 % ont évo­qué un lo­gi­ciel mal­veillant et 20 % disent que des pi­rates ont pro­fi­té de failles dans leur ré­seau.

PAR­TOUT SUR LA PLA­NÈTE

Évi­dem­ment, ce phé­no­mène est pla­né­taire et ne touche pas que les en­tre­prises d’ici.

Le FBI (Fe­de­ral Bu­reau of In­ves­ti­ga­tion) es­time que des en­tre­prises ont per­du jus­qu’à 2,3 mil­liards de dol­lars à l’échelle du globe entre 2013 et 2016, au moyen d’un stra­ta­gème fort simple de trans­fert d’ar­gent par cour­riel.

Dans ces si­tua­tions, les es­crocs se font pas­ser pour un four­nis­seur ou un client lé­gi­time en en­voyant des cour­riels frau­du­leux, par exemple au moyen d’une adresse cour­riel res­sem­blant à s’y mé­prendre avec l’adresse lé­gi­time.

En 2016, une so­cié­té amé­ri­caine a par exemple per­du pas moins de 100 mil­lions $ aux mains d’in­di­vi­dus qui avaient sim­ple­ment créé une fausse adresse cour­riel. Dans le cadre de la pour­suite, la com­pa­gnie cher­chait à ré­cu­pé­rer en­vi­ron 25 M$ que les es­crocs avaient pla­cés dans une ving­taine de comptes ban­caires si­tués aux quatre coins de la pla­nète.

PAS JUSTE SUR IN­TER­NET

Dans d’autres cas plus so­phis­ti­qués, la fraude com­mence en ligne, mais des chèques frau­du­leux ou des traites ban­caires bi­don ont lieu. Cer­tains no­taires qué­bé­cois ont par exemple re­çu de faux chèques de la CIBC ou de la Banque Royale du Ca­na­da, dans le cadre de tran­sac­tions im­mo­bi­lières.

« Toute per­sonne qui est in­cer­taine de la qua­li­té ou de la vé­ra­ci­té d’un chèque ou d’une traite ban­caire est en­cou­ra­gée à ap­pe­ler sa banque » avant de pro­cé­der à la tran­sac­tion, a in­di­qué au Jour­nal la porte-pa­role de la Banque CIBC, Trish Ter­vit.

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