La FTQ en lune de miel avec le gou­ver­ne­ment de la CAQ

La cen­trale syn­di­cale cri­tique ce­pen­dant la po­li­tique mi­gra­toire ca­quiste

Le Journal de Montreal - - ARGENT - AMÉ­LIE ST-YVES

Le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des tra­vailleurs du Qué­bec (FTQ) af­firme que les re­la­tions entre la cen­trale syn­di­cale et la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec sont meilleures qu’elles ne l’étaient avec les li­bé­raux.

Même si une lune de miel entre une cen­trale syn­di­cale et un par­ti po­li­tique de droite peut sem­bler im­pro­bable, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Qué­bec, Da­niel Boyer, dit avoir trou­vé une oreille at­ten­tive au­près du pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault, dont le par­ti a rem­por­té les élec­tions d’oc­tobre der­nier.

« Ce gou­ver­ne­ment-là se met en place. Mais à date, on a une écoute, contrai­re­ment à ce qu’on pou­vait pen­ser. On pen­sait qu’on par­ti­rait en ba­taille de­main ma­tin. Mais à date, on a une bonne ré­cep­tion de la part du gou­ver­ne­ment. Le gou­ver­ne­ment veut nous par­ler », a dit Da­niel Boyer, en confé­rence de presse pour dres­ser le bi­lan de 2018 et par­ler des prio­ri­tés de 2019, hier ma­tin.

PLUS À L’ÉCOUTE QUE LE PLQ

La FTQ a ren­con­tré le pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault et de nom­breux mi­nistres à quelques re­prises.

« On ne sent pas que le gou­ver­ne­ment va dé­ci­der qu’il va “câl­ler la shot” et nous mettre de­vant le fait ac­com­pli. Au contraire. […] Avec les Li­bé­raux, il y avait moins de dis­cus­sions, ils étaient moins ou­verts au dia­logue so­cial. Ils pre­naient leurs dé­ci­sions et nous met­taient de­vant le fait ac­com­pli », a ajou­té le secrétaire gé­né­ral de la FTQ, Serge Ca­dieux.

Les re­pré­sen­tants de la FTQ se sont quand même mon­trés cri­tiques en­vers la po­si­tion de la CAQ vi­sant à ré­duire le nombre d’im­mi­grants pour mieux les in­té­grer.

« Ce qui nous in­quiète sur­tout avec la po­si­tion du gou­ver­ne­ment, c’est qu’en di­mi­nuant les seuils d’im­mi­gra­tion, ce qu’on en­tend, c’est qu’on va aug­men­ter les tra­vailleurs étran­gers tem­po­raires, et ça, c’est très in­quié­tant. Ce qu’on ne veut pas, c’est qu’il y ait des tra­vailleurs de se­conde zone avec moins de droits », a dit le pré­sident Da­niel Boyer.

SA­LAIRE MI­NI­MUM À 15 $

Par ailleurs, la FTQ consi­dère que les condi­tions éco­no­miques sont fa­vo­rables à l’aug­men­ta­tion du sa­laire mi­ni­mum à 15 dol­lars.

Dans un contexte de pé­nu­rie de maind’oeuvre, ce­la pour­rait in­ci­ter da­van­tage de gens à se joindre au mar­ché du tra­vail.

« Il y a une main-d’oeuvre dis­po­nible, qu’il faut uti­li­ser et qui est prête à tra­vailler. Il faut créer des condi­tions ga­gnantes », a dit Da­niel Boyer.

La FTQ re­ven­di­que­ra éga­le­ment en 2019 un « vé­ri­table » ré­gime pu­blic et uni­ver­sel d’as­su­rance mé­di­ca­ments, une mo­der­ni­sa­tion du ré­gime de san­té et de sé­cu­ri­té au tra­vail, en plus d’une lutte ac­crue contre les chan­ge­ments cli­ma­tiques.

PHO­TO AGENCE QMI, AMÉ­LIE ST-YVES

Le pré­sident de la FTQ, Da­niel Boyer, avait convié les mé­dias à un point de presse, hier, à Mont­réal, afin de dres­ser le bi­lan de 2018 et ex­po­ser les prio­ri­tés pour 2019.

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