Cha­rest règle ses comptes avec l’UPAC

Il s’est at­ta­qué à l’en­quête Mâ­chu­rer en la trai­tant de « par­tie de pêche »

Le Journal de Montreal - - LA UNE -

AGENCE QMI | En an­non­çant qu’il ne bri­gue­ra fi­na­le­ment pas la chef­fe­rie du Par­ti conser­va­teur du Ca­na­da, Jean Cha­rest s’est at­ta­qué hier à la cré­di­bi­li­té de l’en­quête de l’UPAC sur le fi­nan­ce­ment de son an­cienne for­ma­tion po­li­tique.

L’an­cien pre­mier mi­nistre li­bé­ral du Qué­bec a qua­li­fié l’en­quête Mâ­chu­rer de l’Uni­té per­ma­nente an­ti­cor­rup­tion (UPAC) de « par­tie de pêche », dans une en­tre­vue ac­cor­dée à Ra­dio-Ca­na­da, hier.

De plus, il a dé­fen­du bec et ongles son « ami » et ex-ar­gen­tier du Par­ti li­bé­ral du Qué­bec (PLQ) Marc Bi­beau.

« Je n’ai ja­mais dou­té un seul ins­tant de l’hon­nê­te­té de M. Bi­beau », a-t-il af­fir­mé en com­men­tant pour la pre­mière fois en six ans l’en­quête po­li­cière sur les liens entre le fi­nan­ce­ment du PLQ et l’oc­troi de contrats pu­blics.

La se­maine der­nière, les té­moi­gnages sous ser­ment qui ont per­mis aux po­li­ciers de per­qui­si­tion­ner les bu­reaux de M. Bi­beau ont été dé­voi­lés dans les mé­dias à la suite d’une dé­ci­sion de la Cour su­prême. Une di­zaine d’ex-en­tre­pre­neurs y al­lèguent que l’an­cien col­lec­teur de fonds a fait du tra­fic d’in­fluence pour fi­nan­cer le PLQ de fa­çon oc­culte.

« Je n’en crois pas un mot », a ré­tor­qué M. Cha­rest, tout en ré­ité­rant que les en­quê­teurs de l’UPAC de­vraient mettre fin à Mâ­chu­rer, de­mande d’abord for­mu­lée par la bouche de son avo­cat la se­maine der­nière.

Au­cune ac­cu­sa­tion n’a en­core été por­tée dans le cadre de cette en­quête lan­cée en 2014 et les al­lé­ga­tions n’ont donc pas été tes­tées de­vant les tri­bu­naux.

CRÉ­DI­BI­LI­TÉ

« Qu’est-ce qui em­pê­chait l’UPAC de por­ter des ac­cu­sa­tions au cours des six der­nières an­nées ? Rien ! » a lan­cé M. Cha­rest, en sou­te­nant que les en­quê­teurs se sont adon­nés à une « par­tie de pêche » en in­ter­ro­geant 300 per­sonnes.

Il a fé­ro­ce­ment at­ta­qué la cré­di­bi­li­té du tra­vail de l’UPAC du­rant son en­tre­vue à Ra­dio-Ca­na­da, en rap­pe­lant no­tam­ment la dé­mis­sion de son an­cien grand pa­tron Ro­bert La­fre­nière.

« Ai-je be­soin de rap­pe­ler que l’UPAC est sous en­quête ? Que, dans l’af­faire Guy Ouellette

[ex-po­li­cier et dé­pu­té in­dé­pen­dant], elle a écrit des af­fi­da­vits pour les­quels elle a été to­ta­le­ment dis­cré­di­tée ? » a-t-il mar­te­lé.

Mal­gré tout, M. Cha­rest as­sure que l’en­quête Mâ­chu­rer n’a pas in­fluen­cé sa dé­ci­sion de ne pas se lan­cer dans la course à la suc­ces­sion d’An­drew Scheer à la tête du Par­ti conser­va­teur du Ca­na­da (PCC). Le bruit cou­rait de­puis dé­cembre que l’ex-pre­mier mi­nistre qué­bé­cois y son­geait.

DIF­FÉ­RENTES CONVIC­TIONS

Hier, il a jus­ti­fié sa dé­ci­sion par le fait que cer­taines de ses convic­tions per­son­nelles ne s’ali­gne­raient pas avec ce qu’est de­ve­nue la for­ma­tion po­li­tique de­puis qu’il l’a quit­tée.

Jean Cha­rest a di­ri­gé le Par­ti pro­gres­siste-conser­va­teur du Ca­na­da de 1993 à 1998, avant que la for­ma­tion ne fu­sionne avec l’Al­liance ca­na­dienne pour don­ner nais­sance au Par­ti conser­va­teur d’au­jourd’hui.

L’ex-chef du PLQ a aus­si fait va­loir que les règles de la course au lea­der­ship rendent dif­fi­cile la can­di­da­ture de toute per­sonne is­sue de l’ex­té­rieur du PCC en rai­son de ses échéances ser­rées.

CAP­TURE D’ÉCRAN, RA­DIO-CA­NA­DA

En en­tre­vue à Ra­dio-Ca­na­da, l’ex-pre­mier mi­nistre du Qué­bec Jean Cha­rest a com­men­té pour la pre­mière fois en six ans l’en­quête Ma­chû­rer de l’UPAC sur les liens entre le fi­nan­ce­ment du Par­ti li­bé­ral du Qué­bec et l’oc­troi de contrats pu­blics.

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