Âpre ba­taille dès l’ou­ver­ture des dé­bats au pro­cès de Trump

Les dé­mo­crates re­prochent au camp pré­si­den­tiel d’or­ga­ni­ser un pro­cès tru­qué

Le Journal de Montreal - - MONDE -

WA­SHING­TON | (AFP) Les dé­bats au pro­cès en des­ti­tu­tion de Do­nald Trump se sont ou­verts hier de­vant le Sé­nat amé­ri­cain par une âpre ba­taille sur les règles de ce ren­dez-vous his­to­rique, les dé­mo­crates ac­cu­sant les ré­pu­bli­cains d’or­ga­ni­ser un ac­quit­te­ment au pas de charge du pré­sident des États-Unis.

Cinq jours après avoir ju­ré de rendre la jus­tice de « ma­nière im­par­tiale », les 100 sé­na­teurs se sont re­trou­vés au Ca­pi­tole. Dans une mise en scène aus­tère, ils se sont plon­gés dans un silence lorsque le chef de la Cour su­prême John Ro­berts, char­gé de pré­si­der le pro­cès, a si­gni­fié de son mar­teau le dé­but des échanges.

Mais avant de se pen­cher sur l’acte d’ac­cu­sa­tion pour abus de pou­voir et en­trave à la bonne marche du Congrès, ils ont en­ga­gé un rude bras de fer sur les règles du jeu.

Le chef de la ma­jo­ri­té ré­pu­bli­caine au Sé­nat Mitch Mc­Con­nell a in­tro­duit une ré­so­lu­tion pour en­ca­drer ce pro­cès qui, à 10 mois de la pré­si­den­tielle, pa­ra­site la cam­pagne de ré­élec­tion du lo­ca­taire de la Mai­son-Blanche.

Au pro­gramme : trois jour­nées de huit heures en moyenne pour l’ac­cu­sa­tion et au­tant pour la dé­fense afin qu’elles ex­posent leurs ar­gu­ments, puis 16 heures de ques­tions des sé­na­teurs.

« C’est une feuille de route équi­table pour notre pro­cès », a es­ti­mé l’in­fluent Mc­Con­nell, qui ne cache pas sa vo­lon­té d’of­frir au mil­liar­daire ré­pu­bli­cain l’ac­quit­te­ment ra­pide qu’il es­père, idéa­le­ment dans un dé­lai de deux se­maines.

Ac­cu­sé de vou­loir or­ga­ni­ser un pro­cès noc­turne quand les Amé­ri­cains dorment, il a tou­te­fois dû quelque peu di­luer la du­rée de cette phase ini­tiale par rap­port à une pre­mière pro­po­si­tion à marche for­cée.

« HONTE NA­TIO­NALE »

L’élu Adam Schiff, char­gé de por­ter l’ac­cu­sa­tion, a re­pro­ché au camp pré­si­den­tiel d’or­ga­ni­ser un « pro­cès tru­qué » au Sé­nat — quand les ré­pu­bli­cains es­timent que les dé­mo­crates avaient conduit une en­quête « tru­quée » à la Chambre des re­pré­sen­tants.

En cause, la ques­tion cru­ciale des té­moins-clés que les dé­mo­crates veulent convo­quer et des do­cu­ments qu’ils exigent de la Mai­son-Blanche. Les ré­pu­bli­cains veulent re­pous­ser toute dé­ci­sion là-des­sus à plus tard, après la phase ini­tiale des ar­gu­men­taires.

« Cette ré­so­lu­tion est vrai­ment la pre­mière étape d’un ef­fort or­ches­tré par la Mai­son-Blanche pour ex­pé­dier le pro­cès, ca­cher les preuves et rendre un ver­dict ra­pide ou, pire, un ac­quit­te­ment ra­pide », a mar­te­lé Adam Schiff.

Évo­quant une « honte na­tio­nale », le chef des dé­mo­crates au Sé­nat Chuck Schu­mer a in­tro­duit des amen­de­ments no­tam­ment pour au­to­ri­ser d’em­blée la pré­sen­ta­tion de ces té­moins et do­cu­ments. Mais ses chances d’ob­te­nir gain de cause sont minces : avec 53 sé­na­teurs sur 100, les ré­pu­bli­cains peuvent ga­gner tous les votes de pro­cé­dure, comme ils sont qua­si­ment as­su­rés d’être en me­sure d’ac­quit­ter, in fine, Do­nald Trump.

« Nous avons be­soin de quatre ré­pu­bli­cains qui soient prêts à choi­sir le camp de la jus­tice », a lan­cé Chuck Schu­mer, qui cour­tise une poi­gnée de sé­na­teurs conser­va­teurs ju­gés plus mo­dé­rés.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.