Ste­ven But­ler : « Je vis avec une plaie »

Le Journal de Montreal - - SPORTS -

Il y a un mois et deux jours que Ste­ven But­ler se fai­sait pas­ser le knock-out à To­kyo par Ryo­ta Mu­ra­ta.

Un mois et un jour qu’il ren­trait à la mai­son en des­cen­dant de l’avion pour re­trou­ver ses deux en­fants. Il leur avait pro­mis que le père Noël rap­por­te­rait une ceinture de cham­pion du monde.

« J’étais très triste, c’est cer­tain. Je me suis rai­son­né et j’en ai pro­fi­té pour ex­pli­quer à Ma­son, mon plus vieux de trois ans, qui est dé­jà un mau­vais per­dant, que des fois dans la vie, on gagne et que d’autres fois, on perd. Mais qu’il ne faut pas se dé­cou­ra­ger et qu’il faut re­prendre sa marche », ra­con­tait But­ler hier soir au Ca­si­no de Mon­tréal.

Il était tout bron­zé, re­ve­nu jeu­di de Ri­vie­ra Maya au Mexique. Ça lui a fait un bien énorme. Il en avait be­soin puisque l’an­née 2019 avait été très char­gée : « J’ai pas­sé des se­maines à cou­cher dans le sous-sol pour pou­voir dor­mir quand notre deuxième bé­bé est arrivé. La fa­tigue et la dé­cep­tion de la dé­faite au Ja­pon m’ont vi­dé. Avec nos en­fants, on s’est re­trou­vés sur la plage de­vant la mer et j’ai sen­ti l’éner­gie re­ve­nir. Mais je vis en­core avec une plaie in­té­rieure. J’ap­prends à vivre avec cet état d’âme. Perdre à la boxe, ce n’est pas comme au ho­ckey où tu joues deux jours plus tard. Tu portes la dé­faite long­temps en toi », de dire But­ler.

Le jeune homme est re­ve­nu le 23, et le 24, il était dans le gym de Mike Mof­fa pour re­prendre l’en­traî­ne­ment. Il va re­mon­ter dans le ring en mars au ca­si­no.

QUI SERA LE COACH ?

Soi­gner la plaie, c’est une chose. Re­prendre la route d’un com­bat de cham­pion­nat du monde en est une autre.

De­puis qu’il boxe sé­rieu­se­ment, Ste­ven But­ler s’est tou­jours en­traî­né avec Ré­nald Bois­vert : « C’est mon men­tor. Un père. Je ne sais pas en­core si je vais conti­nuer avec lui ou chan­ger pour al­ler avec Mike Mof­fa », a ré­pon­du But­ler quand j’ai abor­dé le su­jet avec lui.

« Dans le cas de Jean-Fran­çois Ber­ge­ron, c’est ré­glé. On était d’ac­cord tous les deux. Il a été très im­por­tant dans ma vie pen­dant les deux ans qu’au­ra du­ré notre associatio­n. C’est un homme sage. Mais je res­sens le be­soin de me faire pous­ser da­van­tage dans le dos. Style “en­voye, va me le kno­cker ou c’est moi qui vais le faire” », ex­plique But­ler.

« Mais hon­nê­te­ment, je n’ai pas en­core pris ma dé­ci­sion fi­nale. Je ne sais pas si ce sera Mike Mof­fa ou Ré­nald Bois­vert. J’ai dis­cu­té avec Ré­nald et je vais prendre une dé­ci­sion avant mon pro­chain com­bat en mars », dit-il.

But­ler pré­cise que la dé­ci­sion sera la sienne : « Ca­mille Es­te­phan m’a don­né son opi­nion. Je la prends très au sé­rieux. Mais je veux voir comment je vais me sen­tir, si la chi­mie va se bien pas­ser dans le gym­nase. En plus, si je conti­nue avec Mike, je ne veux pas me rendre à l’Un­der­dog, j’aime mieux un gym près de chez nous », confie But­ler.

DANS LE CA­LE­PIN- Plu­sieurs boxeurs d’Eye of The Ti­ger Ma­na­ge­ment as­sis­taient au ga­la. Si­mon Kean a pas­sé de belles se­maines au so­leil et s’en­traîne dur. La pro­chaine an­née sera dé­ter­mi­nante pour lui. Erik Ba­zi­nyan était là aus­si. Sa car­rière est au beau fixe avec sa vic­toire par K.-O. en Ca­li­for­nie en dé­cembre der­nier. Ma­rie-Pier Houle se bat­tra le 21 mars au ca­si­no… c’est Yves Lévesque, grand pas­sion­né de boxe, qui est son Co­lo­nel Par­ker. C’est mieux qu’être Don King… ques­tion de che­veux évi­dem­ment.

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