Moins puis­sant, mais plus conta­gieux

Le nou­veau co­ro­na­vi­rus n’a pas la même vi­ru­lence que le SRAS, qui a fait 774 morts dans le monde en 2002-03

Le Journal de Montreal - - MONDE -

PÉ­KIN | (AFP) Le nou­veau co­ro­na­vi­rus ap­pa­ru en Chine « n’est pas aus­si puis­sant » que le vi­rus du SRAS à l’ori­gine d’une épi­dé­mie meur­trière en 2002-2003, mais se ré­vèle plus conta­gieux, pou­vant se trans­mettre avant l’ap­pa­ri­tion de symp­tômes, ont in­di­qué hier de hauts res­pon­sables sa­ni­taires chi­nois.

Ap­pa­ru à Wu­han en dé­cembre, le vi­rus ap­par­tient comme le SRAS (Syn­drome res­pi­ra­toire ai­gu sé­vère) à la fa­mille des co­ro­na­vi­rus. Il se trans­met, lui aus­si, entre hu­mains et se tra­duit par de graves troubles res­pi­ra­toires.

Le SRAS avait pro­vo­qué 774 morts dans le monde (dont 349 en Chine conti­nen­tale et 299 à Hong Kong).

« Pour au­tant, à ce que nous voyons à pré­sent, cette ma­la­die n’est (...) pas aus­si puis­sante que le SRAS », a dé­cla­ré Gao Fu, res­pon­sable du Centre chi­nois de contrôle et pré­ven­tion des ma­la­dies, lors d’une confé­rence de presse à Pé­kin.

LA PRO­PA­GA­TION S’AC­CÉ­LÈRE

Néan­moins, il ap­pa­raît que « la ca­pa­ci­té de pro­pa­ga­tion du vi­rus s’est ren­for­cée », a nuan­cé à ses cô­tés Ma Xiao­wei, pa­tron de la Com­mis­sion na­tio­nale de la San­té (CNS), qui a rang de mi­nis­tère.

Le nou­veau vi­rus a une pé­riode d’in­cu­ba­tion pou­vant al­ler jus­qu’à deux se­maines et « la conta­gion est pos­sible du­rant la pé­riode d’in­cu­ba­tion », c’est-à-dire avant même que n’ap­pa­raissent des symp­tômes, a ob­ser­vé M. Xiao­wei.

« Ce­la aus­si est très dif­fé­rent du SRAS », a-t-il in­sis­té.

La crise est sur­ve­nue en plein chas­sé-croi­sé du Nou­vel An chi­nois, pé­riode de sept jours fé­riés mar­quée ha­bi­tuel­le­ment par des trans­hu­mances mas­sives à tra­vers le pays.

Or, ces congés sont « la meilleure fe­nêtre » d’op­por­tu­ni­té pour en­di­guer la pro­pa­ga­tion du vi­rus, ont ob­ser­vé les hauts res­pon­sables.

UN PIC LE 8 FÉ­VRIER ?

Pour Gui Xi’en, spé­cia­liste des ma­la­dies in­fec­tieuses à l’Uni­ver­si­té de Wu­han, le nombre de conta­mi­na­tions pour­rait at­teindre un « pic » au­tour du 8 fé­vrier, avant de dé­croître.

« À pré­sent, le nombre de nou­veaux pa­tients diag­nos­ti­qués s’ac­croît de jour en jour, mais ce­la ne de­vrait pas prendre trop long­temps avant d’ar­ri­ver à un pic », un « tour­nant » qui pour­rait sur­ve­nir au­tour de la Fête des lan­ternes (soit le 8 fé­vrier cette an­née), a-til es­ti­mé, se­lon des pro­pos rap­por­tés par le Quo­ti­dien du Peuple.

Avant de confir­mer, lui aus­si, la moindre me­nace du nou­veau co­ro­na­vi­rus par rap­port au SRAS : « Le taux de mor­ta­li­té du SRAS avoi­si­nait 10 %, ce­lui du nou­veau co­ro­na­vi­rus est en de­çà (...). Il ne faut pas être né­gligent, ni pa­ni­quer : les symp­tômes pour la plu­part des pa­tients sont bé­nins et soi­gnables », a-t-il in­di­qué.

PHO­TO AFP

À Hong Kong, une grande par­tie de la po­pu­la­tion porte des masques par me­sure pré­ven­tive.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.