De mi­li­taire à guer­rier de jeux vi­déo

Mar­tin Cou­ture a par­fois des « cotes d’écoute » de près de 500 000 per­sonnes

Le Journal de Montreal - - ARGENT - DA­VID DESCOTEAUX Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Cer­tains soirs sont plus tran­quilles, mais jour après jour, des gens de tout âge et de par­tout dans le monde re­gardent Mc­Cof­fee, dont le vrai nom est Mar­tin Cou­ture, jouer à des jeux vi­déo en ver­sion mo­bile. Et in­ter­agir avec lui sur Fa­ce­book, en di­rect. En un peu plus d’un an, il a ac­cu­mu­lé 120 000 « fol­lo­wers » sur sa page. Et beau­coup d’ar­gent !

« 480 000 per­sonnes m’ont re­gar­dé jouer à mon jeu PUGB Mo­bile en di­rect sur Fa­ce­book en août der­nier. Ce sont des cotes d’écoute sem­blables à des émis­sions très po­pu­laires à la té­lé au Qué­bec ! C’est fou, je suis seul dans mon sous-sol, je n’ai pas de tech­ni­ciens ou d’équipe de pro­duc­tion et je réus­sis à ac­co­ter les cotes d’écoute d’un pla­teau de tour­nage. »

Le soir du 9 dé­cembre der­nier, Mar­tin Cou­ture s’est même re­trou­vé à jouer à son jeu vi­déo aux cô­tés de l’ac­trice Me­gan Fox et de son conjoint, lors d’un ta­pis rouge à Hol­ly­wood qui vi­sait à amas­ser des fonds pour com­battre les feux de fo­rêt et pour la re­fo­res­ta­tion de l’Ama­zo­nie.

Âgé de 33 ans, Mar­tin a fait une car­rière de 12 ans dans les Forces, au cours de la­quelle il a par­ti­ci­pé à trois mis­sions en Af­gha­nis­tan, dont une comme garde du corps de l’am­bas­sa­deur du Ca­na­da.

« Quand on re­ve­nait au camp, on avait sou­vent ac­cès à des jeux vi­déo, Xbox et tout. J’al­lais m’en­traî­ner et en­suite, on se ra­mas­sait une gang de gars et on jouait à NHL, des jeux de guerre », ra­conte-t-il.

AC­CRO À L’ADRÉ­NA­LINE

Après l’ar­mée, Mar­tin a tra­vaillé un peu dans la construc­tion, mais s’est vite ren­du compte qu’il avait be­soin de plus de dé­fis et d’adré­na­line. Il a alors don­né son nom pour être pom­pier à la ville de Bro­mont.

« J’ai sui­vi une for­ma­tion et entre-temps, je jouais aux jeux vi­déo. Un soir, alors que je re­gar­dais un stream d’un gars du Texas, ma conjointe m’a dit : pour­quoi tu ne fe­rais pas ça, je te ver­rais tel­le­ment là-de­dans ! Je me suis ache­té l’équi­pe­ment de base pour es­sayer, j’ai pra­ti­qué mon an­glais et j’ai com­men­cé en oc­tobre de l’an pas­sé », dit-il.

« Quand j’ai com­men­cé, mes col­lègues pom­piers riaient de moi. J’avais 4 vie­wers dont ma blonde et mon beau-père ! Au dé­but je me par­lais tout seul. Je fai­sais comme si j’avais une foule mais il n’y avait per­sonne. »

En à peine quelques mois comme strea­mer, Mar­tin Cou­ture a crée la marque et l’en­tre­prise Mc­Cof­fee

LE BOUCHE-À-OREILLE

Le bouche-à-oreille a fait son oeuvre et au­jourd’hui, Mar­tin Cou­ture vit presque de ce « bou­lot ». Des gens payent pour s’abon­ner à sa page, mais il re­çoit aus­si des pour­boires via Fa­ce­book.

« Pen­dant que je joue, les gens peuvent don­ner ce qu’ils veulent. Il y en a qui donnent jus­qu’à 100 $ s’ils aiment ce qu’ils voient ! On doit aus­si être un peu en­ter­tai­ner. Je parle beau­coup avec le pu­blic et on in­ter­agit beau­coup en­semble », ex­plique-t-il.

Mais l’an­cien mi­li­taire est ac­croc à l’adré­na­line. Pas ques­tion pour lui de lais­ser son tra­vail de pom­pier.

« Re­ce­voir un ap­pel et al­ler sau­ver quel­qu’un, ça me pro­cure des sen­sa­tions fortes et ça me per­met de sor­tir de ma ca­verne au sous-sol. Même si je de­ve­nais un jour mil­lion­naire grâce au stream, je vais tou­jours avoir be­soin de cette adré­na­line-là ! »

PHO­TO COUR­TOI­SIE

Le 9 dé­cembre der­nier, Mar­tin Cou­ture a eu le plai­sir de jouer au jeu vi­déo qu’il a créé aux cô­tés de l’ac­trice Me­gan Fox et de son conjoint, lors d’un ta­pis rouge à Hol­ly­wood qui vi­sait à amas­ser des fonds pour com­battre les feux de fo­rêt et pour la re­fo­res­ta­tion de l’Ama­zo­nie. De gauche à droite, Mar­tin Cou­ture, Me­gan Fox, Brian Aus­tin Green (son ma­ri) et Pi­ckles ( Jon Miears).

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