L’hé­ri­tière em­por­tée avec son père

Le Journal de Montreal - - SPORTS -

LOS AN­GELES | (AFP) A 13 ans, elle in­té­res­sait dé­jà les plus grandes uni­ver­si­tés amé­ri­caines et fran­chises de la WNBA, le cham­pion­nat pro­fes­sion­nel féminin: Gian­na Bryant de­vait re­prendre sur les ter­rains de bas­ket le flam­beau de son père Kobe, aux cô­tés de qui elle est morte di­manche dans un ac­ci­dent d’hé­li­co­ptère.

Quand les sup­por­ters des Los An­geles La­kers lui de­man­daient s’il ne re­gret­tait pas de n’avoir eu que des filles, Kobe Bryant sou­riait.

Le père de Na­ta­lia (17 ans), qui joue au volley-ball, de Gian­na, de Bian­ka (3 ans) et de Ca­pri (sept mois), pres­sen­tait qu’il avait trou­vé son hé­ri­tière.

« C’est quel­qu’un de spé­cial » quand elle joue au bas­ket, avait-il ex­pli­qué en 2018 lors de la cé­lèbre émis­sion de Jim­my Kim­mel.

« Lorsque des fans me disent de­vant elle, il faut que t’aies un gar­çon pour qu’il pour­suive la dy­nas­tie, elle me dit: ‘Je m’en oc­cupe, ne t’in­quiète pas’ » avait-il ajou­té, très fier.

Gian­na Bryant, dont le pré­nom comme ce­lui de ses trois soeurs a une conso­nance ita­lienne, sou­ve­nir des an­nées d’en­fance pas­sées en Ita­lie par leur père, était de­ve­nue son ombre.

Elle l’ac­com­pa­gnait à des matches de NBA et WNBA, elle se per­fec­tion­nait à ses cô­tés dans le gym­nase de leur vil­la et il en­traî­nait l’équipe de son col­lège.

À croire son père, mo­dèle de pro­fes­sion­na­lisme et d’exi­gence du­rant toute sa car­rière pas­sée sous le maillot des La­kers de 1996 à 2016, Gian­na, qu’il sur­nom­mait af­fec­tueu­se­ment Gi­gi, était, comme lui, ob­nu­bi­lée par le bas­ket.

« Ce que j’aime chez Gi­gi, c’est sa cu­rio­si­té pour le bas­ket, elle s’in­té­resse à tout (...) Dans des si­tua­tions com­plexes du­rant un match, elle a cette fa­cul­té rare à ana­ly­ser ce qui se passe et me po­ser la bonne ques­tion », avait-il ex­pli­qué au Los An­geles

Times en oc­tobre der­nier.

« C’est un pri­vi­lège de la voir jouer et de voir comme elle se dé­place sur un par­quet, cer­taines de ses ex­pres­sions aus­si (...) C’est fou de voir comme la gé­né­tique marche », avait-il ajou­té.

LA MÊME PER­SON­NA­LI­TÉ

Son par­cours était qua­si­ment dé­jà tra­cé: elle vou­lait joindre « à tout prix », se­lon son père, l’Uni­ver­si­té de Con­nec­ti­cut, ré­fé­rence du bas­ket amé­ri­cain, avant de ten­ter sa chance en WNBA.

Plus que ses illustres pa­tro­nyme et as­cen­dance, ce sont ses ap­ti­tudes sur les par­quets qui avaient ta­pé dans l’oeil, no­tam­ment de l’en­traî­neur de l’équipe des LA Sparks, la fran­chise de bas­ket féminin ba­sé à Los An­geles.

« Ils ont la même fa­çon de faire et la même per­son­na­li­té », ex­pli­quait De­rek Fi­sher, an­cien co­équi­pier... de Bryant aux La­kers.

Elle avait même hé­ri­té d’un sur­nom ins­pi­ré par ce­lui de son « Black Mam­ba » de père: pour beau­coup, elle était dé­jà « Mam­ba­ci­ta », la pe­tite Mam­ba en es­pa­gnol.

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