Un jeune bar­bier de 17 ans qui n’a même pas en­core de barbe

Cet élève du se­con­daire tra­vaille à temps par­tiel à Sher­brooke

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - ALEX DROUIN Col­la­bo­ra­tion spé­ciale Le Jour­nal

SHER­BROOKE | Même s’il n’a tou­jours pas de barbe, un ado­les­cent de 17 ans exerce dé­jà le mé­tier de bar­bier, tout en ter­mi­nant ses études se­con­daires.

« Ça fait six mois que je suis bar­bier à temps par­tiel après l’école et j’adore ça ! » s’ex­clame Ber­nat Rie­ra Ser­ra, que a ren­con­tré au NBH Bar­ber­shop de Sher­brooke quelques mi­nutes après son quart de tra­vail du mar­di soir.

À 15 ans, il sa­vait dé­jà ce qu’il vou­lait faire de sa vie et il s’est ins­crit à une école de bar­bier à Mon­tréal alors que sa fa­mille ha­bite Sher­brooke.

« J’ai pris l’au­to­bus toutes les fins de se­maine pour me rendre dans la mé­tro­pole afin de suivre mon cours. Je par­tais le sa­me­di ma­tin et je re­ve­nais dor­mir à la mai­son le soir pour en­suite y re­tour­ner le len­de­main. J’ai fait ça pen­dant trois mois », ra­conte-t-il.

Ja­mais l’ado ori­gi­naire de Bar­ce­lone n’a eu le goût de tout lâ­cher.

« Ber­nat avait beau­coup de mo­ti­va­tion et c’est in­croyable qu’il soit ve­nu toutes les fins de se­maine pour suivre sa for­ma­tion », re­con­naît le pro­prié­taire de l’Aca­dé­mie de bar­bier All Star, Andres Bo­billier, qui a men­tion­né que le Sher­broo­kois est le plus jeune qu’il a for­mé.

« JA­MAIS AUS­SI HEU­REUX »

Son père, pré­sent lors de l’en­tre­vue, ad­met qu’il n’a ja­mais vu son fils aus­si heu­reux et c’est pour­quoi il a dé­bour­sé les 5000 $ né­ces­saires pour qu’il at­teigne son rêve.

« Il parle de ce mé­tier avec tel­le­ment d’émo­tion et d’en­thou­siasme que j’ai su dès le dé­but que ce se­rait quelque chose d’im­por­tant dans sa vie », sou­ligne Ber­nat Rie­ra Villa­gra­sa.

Ce der­nier trouve quelque peu lou­foque que son fils ait ap­pris à ra­ser des hommes alors qu’il n’a pas en­core la pi­lo­si­té né­ces­saire pour le faire sur lui.

« De­puis que je pra­tique ce mé­tier, je n’ai ja­mais re­fait la même coupe de che­veux deux fois. J’aime par­ler avec les clients et que cha­cun veuille avoir sa propre coupe de che­veux », re­late le jeune bar­bier.

La pas­sion de ce mé­tier est ap­pa­rue vers 13 ans pour cet Es­pa­gnol ar­ri­vé au Qué­bec il y a en­vi­ron 10 ans.

« Je sui­vais des bar­biers sur Instagram et j’ai­mais voir les de­si­gns qu’ils fai­saient et les coupes de che­veux », ra­conte-t-il.

Son bar­bier pré­fé­ré est ce­lui qui se fait ap­pe­ler Rob The Ori­gi­nal en rai­son des nom­breux mo­tifs qu’il réa­lise sur la tête des gens tels que des villes ou en­core des cé­lé­bri­tés comme Ro­bin Williams.

AR­TIS­TIQUE

« J’aime son cô­té ar­tis­tique et j’ai­me­rais, un jour, réus­sir à faire des mo­tifs aus­si beaux que les siens. Mais on n’est pas à Los An­geles et c’est rare que les per­sonnes d’ici veuillent avoir ça sur la tête », dit sa­ge­ment ce­lui qui ter­mi­ne­ra son cin­quième se­con­daire ce prin­temps.

Pour lui, il n’est pas ques­tion de ne pas ob­te­nir son di­plôme d’études se­con­daires, même s’il a hâte de pou­voir vivre de sa pas­sion à temps plein.

« J’ai­me­rais un jour avoir mon propre sa­lon de bar­bier », conclut-il les yeux brillants.

PHO­TOS COL­LA­BO­RA­TION SPÉ­CIALE, ALEX DROUIN, ET COUR­TOI­SIE

Le jeune Ber­nat Rie­ra Ser­ra, âgé de 17 ans, est heu­reux de tra­vailler à temps par­tiel au NBH Bar­ber­shop, à Sher­brooke. En mor­taise, un type de coupe pré­co­ni­sé par l’ado­les­cent qui a sui­vi une for­ma­tion de trois mois.

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