Le par­ti Cost­co

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - RI­CHARD MAR­TI­NEAU ri­chard.mar­ti­neau @que­be­cor­me­dia.com Jack

Ain­si, se­lon un son­dage Lé­ger pu­blié hier, la CAQ a tou­jours le vent dans les voiles.

60 % des ré­pon­dants se disent sa­tis­faits du gou­ver­ne­ment Le­gault !

UN GROS EN­TRE­PÔT

Certes, la CAQ fait face à deux par­tis qui se cherchent un nou­veau chef.

Qui sait à quoi vont res­sem­bler le nou­veau PQ et le nou­veau PLQ ?

Ces deux for­ma­tions qui ont pour l’ins­tant le souffle court vont peu­têtre sor­tir de leur course au lea­der­ship

re­vi­go­rées.

Mais au-de­là de cet état de fait, si la lune de miel conti­nue entre les Qué­bé­cois et la CAQ, c’est parce que la for­ma­tion de Fran­çois Le­gault « passe la gratte ».

La CAQ est le Cost­co de la po­li­tique.

Avant, quand l’élec­teur qué­bé­cois vou­lait s’ache­ter une ba­guette iden­ti­taire et une tour­tière na­tio­na­liste, il al­lait à la bou­lan­ge­rie pé­quiste.

Quand il vou­lait deux tranches de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, il al­lait à la char­cu­te­rie li­bé­rale.

Et quand il vou­lait une grappe de jus­tice so­ciale et d’en­vi­ron­ne­ment, il al­lait à la frui­te­rie so­li­daire.

Au­jourd’hui, il trouve tout ça chez la CAQ. Tu prends ton car­rosse, et tu te sers !

Comme Cots­co, la CAQ est un gros en­tre­pôt. La pré­sen­ta­tion manque de fi­ni (ce n’est pas là que tu vas en­tendre les plus beaux dis­cours et que tu vas trou­ver les pro­jets de loi les mieux fi­ce­lés), mais c’est sans pré­ten­tion et tu vas y trou­ver tout ce que tu cherches.

Et comme chez Cost­co, la po­li­tique de re­tour n’est pas com­pli­quée.

Tu n’aimes pas un pro­jet de loi pro­po­sé par la CAQ ? Ils vont re­cu­ler et ils vont le ré­écrire, pas de pro­blème !

Ils sont à l’écoute de leurs

QUI EST AR­RO­GANT ? NE PAS CHOI­SIR

clients et n’ont pas peur de dire qu’ils se sont trom­pés.

Des bons !

Hier, lors du point de presse de Fran­çois Le­gault, un jour­na­liste a de­man­dé au pre­mier mi­nistre s’il ne trou­vait pas que son ré­flexe de re­cou­rir au bâillon pour im­po­ser ses po­li­tiques était un signe d’ar­ro­gance.

« Non, a ré­pon­du Fran­çois Le­gault cal­me­ment. Les Qué­bé­cois ont vo­té pour nous parce qu’ils veulent du chan­ge­ment et on va leur of­frir du chan­ge­ment. Chez nous, les bot­tines suivent les ba­bines. » En fait, je suis sûr que de plus en plus de Qué­bé­cois trouvent que ce sont les cen­trales syn­di­cales qui sont ar­ro­gantes. Ils sont tan­nés de voir les po­li­ti­ciens plier les ge­noux dès qu’une cen­taine de syn­di­qués des­cendent dans la rue avec leurs pan­cartes.

Est-ce des syn­di­cats non élus qui di­rigent le Qué­bec ou le gou­ver­ne­ment ?

(Mes­sage à Syl­vain Ma­lette, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion au­to­nome de l’en­sei­gne­ment : les Qué­bé­cois ont élu un par­ti qui pro­met­tait de se dé­bar­ras­ser des com­mis­sions sco­laires, et ils veulent que le gou­ver­ne­ment réa­lise ses pro­messes.)

On trouve de tout, àlaCAQ!

« Nous sommes pour la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et pour le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique », a dit Fran­çois Le­gault hier.

Un mes­sage qui, j’en suis sûr, re­joint une grande ma­jo­ri­té de Qué­bé­cois.

Car le Qué­bé­cois moyen dé­teste choi­sir.

Il veut un Qué­bec in­dé­pen­dant dans un Ca­na­da uni, il veut al­ler por­ter ses bou­teilles au re­cy­clage en au­to, et il veut un État laïc qui pro­tège son pa­tri­moine ca­tho­lique.

Comme un vé­gé­ta­rien qui mange de la viande !

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.