LE FOOT­BALL POUR LE PLAI­SIR

Le Journal de Montreal - - SPORTS - STÉ­PHANE CA­DO­RETTE

Si le foot­ball est au­jourd’hui le gagne-pain de Laurent Du­ver­nay-Tar­dif, c’est d’abord sans la moindre am­bi­tion d’en faire une car­rière qu’il a dé­cou­vert tout bon­ne­ment ce sport, par­mi un vaste éven­tail d’autres in­té­rêts.

Entre les cours de badminton et de vio­lon, en pas­sant par son in­té­rêt pour le ski de fond et autre type de ran­don­née en plein air, Du­ver­nay-Tar­dif a bi­fur­qué vers le foot­ball au ni­veau ci­vil, avec les Pi­rates du Ri­che­lieu, en 2003.

« Au foot­ball, il a vrai­ment com­men­cé juste pour s’amu­ser. À sa deuxième an­née, à cause de sa taille, il au­rait été obli­gé de jouer dans un groupe d’âge plus vieux, et comme pa­rents, on ne vou­lait pas.

Il a donc ar­rê­té cette an­née-là et dans notre tête, c’était fi­ni. Puis, l’an­née d’après, il nous a de­man­dé s’il pou­vait conti­nuer. Ça nous a un peu sur­pris parce qu’on ne croyait pas qu’il était accroché tant que ça au foot­ball », men­tionne sa mère, Guy­laine Du­ver­nay.

Avec du re­cul, celle-ci com­prend mieux au­jourd’hui les rai­sons de cette at­ti­rance de jeu­nesse.

« Je pense qu’il ap­pré­ciait la no­tion de sport d’équipe. Il ai­mait l’as­pect force qui était né­ces­saire et l’exigence par rap­port aux stra­té­gies. Il ra­me­nait son cahier à la mai­son et des­si­nait ses jeux. »

PLACE AU SU­PER BOWL

Ja­mais, tou­te­fois, fis­ton n’a fait al­lu­sion à un ave­nir quel­conque dans le monde du foot­ball pro­fes­sion­nel, du moins, avant la fin de son pas­sage à l’Uni­ver­si­té McGill.

Les évé­ne­ments ont en­suite dé­bou­lé en ac­cé­lé­ré, si bien qu’il est en­core dif­fi­cile pour les pa­rents de réa­li­ser que leur Laurent est bel et bien au Su­per Bowl, en quête du Saint-Graal d’une ligue qu’il ne sui­vait même pas à ses bal­bu­tie­ments dans le cau­cus.

Pour rien au monde la fa­mille n’au­rait ra­té l’oc­ca­sion de vivre le grand cirque de la NFL sur place, à Mia­mi.

« Le Su­per Bowl, c’est pro­ba­ble­ment bien plus grand que ce que je peux ima­gi­ner. C’est im­por­tant d’être là parce que c’est l’apo­gée de toutes ses an­nées d’ef­forts. En même temps, ça me pa­raît tel­le­ment gros que ça me fait peur.

Lors du match de fi­nale de confé­rence, j’étais bien plus ner­veuse que d’ha­bi­tude. Je vou­lais tel­le­ment que Laurent se rende au Su­per Bowl. Quand ils ont ga­gné, la pres­sion est re­des­cen­due et je me suis dit que l’ob­jec­tif était at­teint. Sauf que là, plus les jour­nées passent et plus je réa­lise qu’il faut qu’il gagne. Ça va être fou et je pense que fi­na­le­ment, je vais être très ner­veuse », confie la plus grande par­ti­sane du 76 des Chiefs.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.