Pluie de sa­laires de plus de 100 000 $

C’est le cas d’en­vi­ron 43 450 em­ployés d’or­ga­nismes pu­blics et de so­cié­tés d’État

Le Journal de Montreal - - ARGENT - JEAN-MI­CHEL GENOIS GA­GNON

L’ap­pa­reil gou­ver­ne­men­tal, les mu­ni­ci­pa­li­tés et les ins­ti­tu­tions sco­laires comptent en­vi­ron

43 450 tra­vailleurs avec un sa­laire de plus de 100 000 $, se­lon un rap­port de la Fé­dé­ra­tion ca­na­dienne des contri­buables (FCC).

« Trop sou­vent, nos gou­ver­ne­ments se cachent der­rière des portes closes lorsque vient le temps de par­ler de ré­mu­né­ra­tion », dé­plore Renaud Bros­sard, di­rec­teur Qué­bec de la FCC.

Entre août 2018 et mars 2019, son or­ga­ni­sa­tion a réa­li­sé plus de 3000 de­mandes d’ac­cès à l’in­for­ma­tion, entre autres, dans des mu­ni­ci­pa­li­tés, des mi­nis­tères, des éta­blis­se­ments sco­laires et des so­cié­tés d’État.

C’est chez Hy­dro-Qué­bec qu’on re­trou­vait du­rant cette pé­riode le plus d’em­ployés, in­cluant les cadres su­pé­rieurs, avec un sa­laire de base dans les six chiffres, soit 6796. Ce­la re­pré­sen­tait en­vi­ron un tra­vailleur sur trois chez le four­nis­seur d’élec­tri­ci­té. La moyenne des sa­laires était de 119 095 $.

Par­mi toutes les de­mandes, Hy­dro-Qué­bec avait aus­si dans ses rangs le di­ri­geant gou­ver­ne­men­tal le mieux ré­mu­né­ré. Le pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral, Éric Martel, tou­chait un sa­laire an­nuel d’en­vi­ron 559 850 $.

La deuxième po­si­tion du pal­ma­rès re­vient à la Ville de Mont­réal où 5700 sa­la­riés, soit des avo­cats, des élus, des pom­piers, des po­li­ciers et des fonc­tion­naires, re­ce­vaient par an plus de 100 000 $. Ce groupe de per­sonnes ac­ca­pa­rait 686 mil­lions $ sur la masse sa­la­riale de la mé­tro­pole.

À Qué­bec, ils étaient 343 em­ployés.

CINQ UNI­VER­SI­TÉS GÉ­NÉ­REUSES

Dans le top-10 des or­ga­ni­sa­tions les plus gé­né­reuses, cinq uni­ver­si­tés, dont les re­ve­nus dé­pendent de fonds pu­blics, se sont dé­mar­quées. L’Uni­ver­si­té Mc­Gill (1992 tra­vailleurs), l’Uni­ver­si­té de Mont­réal (1613), l’Uni­ver­si­té La­val (1581), l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke (1084) et l’Uni­ver­si­té Con­cor­dia (835).

Par­mi les mi­nis­tères du Qué­bec, c’est ce­lui de la Sé­cu­ri­té pu­blique, res­pon­sable no­tam­ment de la Sû­re­té du Qué­bec, « qui coû­tait le plus cher aux contri­buables ».

En­vi­ron 1150 em­ployés ga­gnaient plus de 100 000 $.

Sur les 2138 or­ga­nismes vi­sés, 450 au­raient re­fu­sé de se plier à la loi d’ac­cès à l’in­for­ma­tion, dont la Caisse de dé­pôt et pla­ce­ment du Qué­bec, la Ville de Lé­vis, le Conseil de ges­tion du Fonds vert et l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Mont­réal.

« Col­lec­ti­ve­ment, les em­ployés avec un sa­laire an­nuel su­pé­rieur à 100 000 $ coûtent au-de­là de 5,3 mil­liards $ par an­née aux contri­buables qué­bé­cois », avance M. Bros­sard, qui ai­me­rait que Qué­bec prenne exemple sur l’Al­ber­ta, la Sas­kat­che­wan et l’On­ta­rio qui dé­voilent dé­jà pu­bli­que­ment ces don­nées.

« Nous ne voyons pas de rai­son va­lable pour la­quelle les contri­buables qué­bé­cois de­vraient se conten­ter de moins, et nous de­man­dons au pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault de lé­gi­fé­rer afin qu’une telle liste soit pu­bliée par le gou­ver­ne­ment chaque an­née », conclut-il.

En On­ta­rio, la plus ré­cente liste pu­bliée en mars men­tionne que plus de 151 000 em­ployés du sec­teur pu­blic ont un sa­laire su­pé­rieur à 100 000 $.

PHO­TO D’AR­CHIVES, AGENCE QMI

La Ville de Mont­réal fi­gure en bonne place au pal­ma­rès. En ef­fet, 5700 de ses em­ployés ont des sa­laires su­pé­rieurs à 100 000 $. Ici, l’hô­tel de ville de Mont­réal.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.