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Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - PIERRE MAR­TIN @PMar­tin_U­deM

Avec le fias­co des dé­mo­crates en Io­wa lun­di, un dis­cours fi­ne­ment mis en scène mar­di et son ac­quit­te­ment hier, le pré­sident américain en­tame sa cam­pagne de ré­élec­tion sur les cha­peaux de roues. Les dé­mo­crates et lui au­ront pour­tant des oc­ca­sions de « s’au­to­pe­lu­re­de­ba­na­ni­ser » d’ici à no­vembre.

De­puis une se­maine, les bonnes nou­velles et les oc­ca­sions de se mettre en va­leur se sont ac­cu­mu­lées pour Do­nald Trump, alors que ses ad­ver­saires dé­mo­crates ont trou­vé le moyen de trans­for­mer leur pre­mier ren­dez-vous des pri­maires en fias­co.

Ça com­mence bien pour le pré­sident, mais la route est longue et si les dé­mo­crates ont mon­tré qu’ils sont par­fois leur pire en­ne­mi, la même chose peut être dite de Do­nald Trump lui-même.

C’ÉTAIT BIEN PAR­TI

De­puis une se­maine, Do­nald Trump col­lec­tionne les bonnes nou­velles. Son par­ti a d’abord li­mi­té les dé­gâts de son pro­cès en re­fu­sant d’en­tendre de nou­veaux té­moins. L’ins­ti­tut Gal­lup lui a en­suite of­fert son meilleur taux d’ap­pro­ba­tion de­puis le dé­but de son man­dat.

Trump a pu pa­voi­ser en si­gnant un re­nou­vel­le­ment de l’ALENA et il a bé­né­fi­cié d’une en­tre­vue com­plai­sante de­vant les 102 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs du Su­per Bowl. En plus, les bourses semblent ré­sis­ter au nou­veau co­ro­na­vi­rus et la crois­sance de l’em­ploi se main­tient.

LE FIAS­CO ET LA TÉ­LÉ­RÉA­LI­TÉ

Les dé­mo­crates au­raient pu mar­quer des points en Io­wa, mais le ca­fouillage du comp­tage les a fait pas­ser pour des ama­teurs. De plus, les me­neurs ap­pa­rents, Ber­nie San­ders et Pete But­ti­gieg, ne sont pas les mieux pla­cés pour vaincre Trump, et le faible taux de par­ti­ci­pa­tion n’au­gure rien de bon.

Mar­di soir, le pré­sident a of­fert à ses par­ti­sans un show bien or­ches­tré de té­lé­réa­li­té où il don­nait l’ap­pa­rence d’un chef d’État, tout en ser­vant un dis­cours pu­re­ment par­ti­san truf­fé de faus­se­tés. Le comble a été at­teint lors­qu’il a re­mis une mé­daille pres­ti­gieuse au fiel­leux ani­ma­teur de ra­dio-pou­belle Rush Lim­baugh, qui em­poi­sonne la vie po­li­tique amé­ri­caine de­puis des dé­cen­nies.

TRUMP VS TRUMP

La zi­za­nie du camp dé­mo­crate était ma­ni­feste en Io­wa et le par­ti au­rait pu sor­tir de cette se­maine qua­si par­faite pour Trump bien plus amo­ché si les sé­na­teurs dé­mo­crates n’avaient pas vo­té en bloc pour condam­ner le pré­sident.

Le pa­vé dans la mare est ve­nu de Mitt Rom­ney, an­cien can­di­dat pré­si­den­tiel ré­pu­bli­cain, qui a choi­si de vo­ter pour la des­ti­tu­tion et de pri­ver le pré­sident d’un ap­pui una­nime de son par­ti.

Le pré­sident ne man­que­ra pas de pré­sen­ter cet ac­quit­te­ment comme une exo­né­ra­tion et une grande vic­toire, mais Rom­ney a ré­vé­lé que son par­ti n’est pas en­tiè­re­ment exempt de di­vi­sions. La ré­ac­tion du pré­sident à son vote se­ra vive et amè­ne­ra cer­tains de ses par­ti­sans à se ques­tion­ner sur son lea­der­ship presque en­tiè­re­ment fon­dé sur la peur qu’il ins­pire à ses op­po­sants in­ternes.

Cer­tains ré­pu­bli­cains croient que le pré­sident ti­re­ra une le­çon de cet épi­sode, mais si le pas­sé est ga­rant de l’ave­nir, il est plus pro­bable qu’il se croit in­vul­né­rable et qu’il com­mette d’autres abus de pou­voir.

Le dis­cours de mar­di a aus­si mon­tré qu’il risque fa­ci­le­ment de tom­ber dans un ex­cès de par­ti­sa­ne­rie qui re­pous­se­ra les élec­teurs du centre. Si les dé­mo­crates ne peuvent pas comp­ter sur eux-mêmes pour vaincre Trump, c’est peut-être Trump lui­même qui le fe­ra.

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