Une crois­sance « anar­chique », disent les profs

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - DO­MI­NIQUE SCALI

Les profs de cé­gep dé­noncent le dé­ve­lop­pe­ment « anar­chique » des pro­grammes col­lé­giaux des­ti­nés aux étu­diants in­ter­na­tio­naux.

« C’est l’anar­chie », dit Yves de Re­pen­ti­gny, vice-pré­sident de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des en­sei­gnants, qui re­pré­sente quelque 18 000 profs de cé­gep.

« Com­bien y en a-t-il par cé­gep ? Il y en a qui dé­marrent une an­née, qui dis­pa­raissent l’autre an­née », illustre M. de Re­pen­ti­gny.

Il fait ré­fé­rence aux at­tes­ta­tions d’études col­lé­giales (AEC), qui n’in­cluent gé­né­ra­le­ment pas de cours de base comme la phi­lo­so­phie et le fran­çais, et qui sont vues comme une « vache à lait » par plu­sieurs ob­ser­va­teurs.

« C’est sou­vent par ac­ci­dent qu’on ap­prend qu’ils existent », dit le re­pré­sen­tant syn­di­cal, un peu comme dans le cas du Cé­gep de la Gas­pé­sie et des Îles (CGI) qui fait la man­chette de­puis quelques jours en rai­son de ses cours en an­glais of­ferts à Mon­tréal.

Or, ces pro­grammes sont tout aus­si en­ca­drés que les autres et né­ces­sitent une ap­pro­ba­tion du mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion, in­dique Ber­nard Trem­blay de la Fé­dé­ra­tion des cé­geps.

« JE VEUX RES­TER ICI »

Mais qui sont ces étu­diants prêts à dé­bour­ser quelque 14 000 $ par an­née pour une AEC ?

Le Jour­nal en a ren­con­tré quatre sur le cam­pus mont­réa­lais du CGI. Ils viennent de l’Inde et disent faire par­tie de la classe moyenne. Au­cun ne re­grette son choix de pro­gramme, mal­gré les im­por­tants frais de sco­la­ri­té.

Cer­tains ont avoué vivre à cinq dans un ap­par­te­ment de trois chambres afin de cou­per dans leurs dé­penses.

« Je ne veux même pas al­ler dans une autre pro­vince », dit Har­man­deep Kaur, 24 ans, qui vient de com­men­cer à suivre des cours de fran­çais.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.